Vos contenus sont d'ordinaire beaucoup plus légers. Pourquoi vous êtes-vous emparée de ce sujet grave?

J'agis sur mes réseaux comme j'agis envers mes proches : quand un sujet me touche, m'inquiète ou me réjouis, je partage ces émotions avec ma communauté. Comme ces derniers jours j'étais très inquiète pour ma famille, j'ai voulu aussi mettre en garde mes abonnés de la même manière. Partager avec eux l'information que j'avais. Surtout s'il n'en dispose pas. J'estime même que c'est mon devoir. Surtout vis-à-vis des jeunes. Je suis suivie par une tranche de la population (15-35 ans) qui s'informe peu via les médias traditionnels.

Vous avez été l'une des premières à vous inquiéter. Pourquoi si vite ?

Quand tout a commencé, début janvier, j'étais très étonnée qui si peu de personnes n'en parle sur les réseaux, à part quelques comptes spécialisés. C'est ce qui m'a poussée à prendre la parole. J'ai tout de suite eu le sentiment que si ce virus était si contagieux en Chine, il n'y avait aucune raison de penser qu'il resterait confiné là-bas. J'ai cherché des informations auprès de sources sûres sur le sujet. Quand les premiers cas se sont déclenchés en Europe, de nombreux abonnés m'ont fait remarqué que j'avais vu juste, même si on était encore loin alors de la panique d'aujourd'hui...

Comment vous informez-vous pour éviter de propager des rumeurs?

Comme toute personne qui cherche à s'informer correctement : en regardant les news sans me borner aux médias belges.

Mes études de traduction m'ont appris à chercher des sources fiables dans d'autres langues. En lisant ce qui se passait dans d'autres pays, j'ai vite réalisé que ce virus ne serait pas stoppé par les frontières et que ce que je voyais arriver ailleurs se produirait un jour ou l'autre chez nous.

Il y a quelques semaines, ce que l'on trouvait chez nous restait encore assez limité et même plutôt rassurant. Mes études de traduction m'ont appris à chercher des sources fiables dans d'autres langues. En lisant ce qui se passait dans d'autres pays, j'ai vite réalisé que ce virus ne serait pas stoppé par les frontières et que ce que je voyais arriver ailleurs se produirait un jour ou l'autre chez nous. C'est aussi pour éviter de propager des rumeurs complotistes qu'Enzo mon compagnon et le journaliste David Barbet ont fait une vidéo YouTube très factuelle avec un chercheur du CNRS pour démonter certaines intox qui circulent sut le net. Nous pourrions en refaire une mais uniquement si cela s'avère nécessaire.

Vous continuez à poster vos contenus habituels aussi. Ça ne clashe pas trop ?

C'est vrai que c'est un sujet assez lourd qui forcément donne un ton un peu plus formel aux stories que je peux faire mais j'essaye de bien distinguer dans mes contenus les infos qui concernent le Covid-19 forcément plus pragmatiques du reste qui peut être un peu plus humoristique. Car les gens ont besoin des deux. Ils doivent aussi pouvoir me retrouver comme je suis d'ordinaire. Cela leur fait du bien un peu de légèreté. Je ne veux pas non plus ne plus parler que de ça, cela finirait par faire peur aux gens inutilement.

Vous avez pourtant posté le témoignage d'une jeune femme malade. Vous n'avez pas craint justement de voir les gens céder à la panique ?

C'est la réalité, il ne faut pas la cacher. Quand j'ai posté ce témoignage, les membres dans mon audience n'étaient pas encore inquiets, il fallait qu'ils prennent conscience de la gravité de la situation et agissent en conséquences. Il y a une semaine 30% de mes followers pensaient encore qu'en étant jeunes, ils ne risquaient rien. Je recevais aussi de plus en plus de témoignages en message privé de personnes qui me disaient être infectées à 16 ans, 25 ans... C'est pour cela que j'ai décidé de publier l'une de ces histoires.

Il y a une semaine 30% de mes followers pensaient encore qu'en étant jeunes, ils ne risquaient rien. Je recevais aussi de plus en plus de témoignages en message privé de personnes qui me disaient être infectées à 16 ans, 25 ans...

Pour éviter que les jeunes continuent à faire comme si de rien n'était. Et presque toutes les réactions que j'ai eues, c'était de la surprise et de l'étonnement. Bien sûr, on le sait et on le répète dans la majorité des cas, ce ne sera sans doute pas grave mais il existe aussi des jeunes fragiles qui peuvent souffrir de complications. Je pense sincèrement que cela a permis à pas mal d'ados de se rendre compte que non, ils ne sont pas immunisés. Pareil pour les lockdown parties : il faut que ça s'arrête ! J'ai diffusé une séquence du JT pour que le message passe. Je suis certaine que ces stories ont été impactantes et ont participé à un changement des comportements de jeunes qui me suivent.

Est-ce le début d'une collaboration plus étroite entre les médias traditionnels et les influenceurs?

Ce n'est pas mon rôle de devenir journaliste mais il est peut-être intéressant que les médias traditionnels se rendent aussi compte de l'impact que nous pouvons avoir sur une audience qui ne les suit plus régulièrement. Dans des moments pareils, c'est un peu notre rôle à tous de faire circuler les bons messages.

Dans des moments pareils, c'est un peu notre rôle à tous de faire circuler les bons messages

Vos contenus sont d'ordinaire beaucoup plus légers. Pourquoi vous êtes-vous emparée de ce sujet grave?J'agis sur mes réseaux comme j'agis envers mes proches : quand un sujet me touche, m'inquiète ou me réjouis, je partage ces émotions avec ma communauté. Comme ces derniers jours j'étais très inquiète pour ma famille, j'ai voulu aussi mettre en garde mes abonnés de la même manière. Partager avec eux l'information que j'avais. Surtout s'il n'en dispose pas. J'estime même que c'est mon devoir. Surtout vis-à-vis des jeunes. Je suis suivie par une tranche de la population (15-35 ans) qui s'informe peu via les médias traditionnels. Vous avez été l'une des premières à vous inquiéter. Pourquoi si vite ? Quand tout a commencé, début janvier, j'étais très étonnée qui si peu de personnes n'en parle sur les réseaux, à part quelques comptes spécialisés. C'est ce qui m'a poussée à prendre la parole. J'ai tout de suite eu le sentiment que si ce virus était si contagieux en Chine, il n'y avait aucune raison de penser qu'il resterait confiné là-bas. J'ai cherché des informations auprès de sources sûres sur le sujet. Quand les premiers cas se sont déclenchés en Europe, de nombreux abonnés m'ont fait remarqué que j'avais vu juste, même si on était encore loin alors de la panique d'aujourd'hui...Comment vous informez-vous pour éviter de propager des rumeurs?Comme toute personne qui cherche à s'informer correctement : en regardant les news sans me borner aux médias belges. Il y a quelques semaines, ce que l'on trouvait chez nous restait encore assez limité et même plutôt rassurant. Mes études de traduction m'ont appris à chercher des sources fiables dans d'autres langues. En lisant ce qui se passait dans d'autres pays, j'ai vite réalisé que ce virus ne serait pas stoppé par les frontières et que ce que je voyais arriver ailleurs se produirait un jour ou l'autre chez nous. C'est aussi pour éviter de propager des rumeurs complotistes qu'Enzo mon compagnon et le journaliste David Barbet ont fait une vidéo YouTube très factuelle avec un chercheur du CNRS pour démonter certaines intox qui circulent sut le net. Nous pourrions en refaire une mais uniquement si cela s'avère nécessaire.Vous continuez à poster vos contenus habituels aussi. Ça ne clashe pas trop ?C'est vrai que c'est un sujet assez lourd qui forcément donne un ton un peu plus formel aux stories que je peux faire mais j'essaye de bien distinguer dans mes contenus les infos qui concernent le Covid-19 forcément plus pragmatiques du reste qui peut être un peu plus humoristique. Car les gens ont besoin des deux. Ils doivent aussi pouvoir me retrouver comme je suis d'ordinaire. Cela leur fait du bien un peu de légèreté. Je ne veux pas non plus ne plus parler que de ça, cela finirait par faire peur aux gens inutilement.Vous avez pourtant posté le témoignage d'une jeune femme malade. Vous n'avez pas craint justement de voir les gens céder à la panique ?C'est la réalité, il ne faut pas la cacher. Quand j'ai posté ce témoignage, les membres dans mon audience n'étaient pas encore inquiets, il fallait qu'ils prennent conscience de la gravité de la situation et agissent en conséquences. Il y a une semaine 30% de mes followers pensaient encore qu'en étant jeunes, ils ne risquaient rien. Je recevais aussi de plus en plus de témoignages en message privé de personnes qui me disaient être infectées à 16 ans, 25 ans... C'est pour cela que j'ai décidé de publier l'une de ces histoires. Pour éviter que les jeunes continuent à faire comme si de rien n'était. Et presque toutes les réactions que j'ai eues, c'était de la surprise et de l'étonnement. Bien sûr, on le sait et on le répète dans la majorité des cas, ce ne sera sans doute pas grave mais il existe aussi des jeunes fragiles qui peuvent souffrir de complications. Je pense sincèrement que cela a permis à pas mal d'ados de se rendre compte que non, ils ne sont pas immunisés. Pareil pour les lockdown parties : il faut que ça s'arrête ! J'ai diffusé une séquence du JT pour que le message passe. Je suis certaine que ces stories ont été impactantes et ont participé à un changement des comportements de jeunes qui me suivent.Est-ce le début d'une collaboration plus étroite entre les médias traditionnels et les influenceurs?Ce n'est pas mon rôle de devenir journaliste mais il est peut-être intéressant que les médias traditionnels se rendent aussi compte de l'impact que nous pouvons avoir sur une audience qui ne les suit plus régulièrement. Dans des moments pareils, c'est un peu notre rôle à tous de faire circuler les bons messages.