Rassembler est le maître mot.
...

Rassembler est le maître mot. Bien sûr, il faut faire respecter le code de la route, mais la force de persuasion est tout aussi essentielle, car nous devons absolument travailler ensemble au changement. La police fait l'objet de nombreuses critiques, mais cela ne me décourage pas. Chaque jour, je vois la transformation de certains quartiers bruxellois grâce à la brigade cycliste et aux citoyens. Nous pouvons servir de lien. Parfois, lors d'une bagarre, des habitants prennent notre défense en disant: "Ce sont NOS agents." Là, on sent qu'on a contribué à la construction de quelque chose. Un quartier agréable commence par un environnement de qualité et rassurant.Si tout est permis et qu'un sentiment d'impunité règne, les malfrats en déduisent qu'ils s'en sortiront de toutes façons, peu importe le délit commis. La protection de l'usager de la route vulnérable est donc un point de départ crucial: si un lieu est sécurisé pour les cyclistes et les piétons, il deviendra certainement plus sûr à d'autres niveaux aussi. Le but est de faire bouger les choses.On peut émettre 84.000 amendes par an, mais s'il n'y a pas un réel changement d'attitude, notre impact sur la société sera insignifiant. Nous n'endiguons que temporairement le problème, mais sans le prendre à bras-le-corps. Sur le plan politique, nous avons un rôle en tant que "partenaire" pour la construction de la ville et le développement d'une meilleure mobilité. La brigade cycliste est d'ailleurs consultée lors de chaque projet de rénovation ou d'aménagement des routes. En tant que marathonien, j'apprends à repousser les limites. J'ai tendance à aller de l'avant, et c'est valable au boulot. Pour le moment, la brigade cycliste s'investit dans le problème des déchets sauvages et des vols de vélos. La vie en ville et le contact avec les citoyens ne s'arrêtent jamais. Ma femme prétend souvent qu'elle ne s'est pas mariée avec David, mais avec Bruxelles, car je suis sans cesse en train de cogiter sur les façons de rendre la capitale plus vivable. Pour y arriver, il faut être le reflet de la société. Surtout dans la capitale, qui baigne dans une mixité culturelle. Plus le corps de police est diversifié, plus riches sont les idées qui émergent pour améliorer les choses. L'apport ne peut pas venir que d'agents masculins blancs et sportifs. A ce titre, les vélos électriques vont nous permettre de garder tous les collègues à bord: nous avons besoin de toute l'équipe pour arpenter les côtes abruptes bruxelloises. Pour moi, le respect de chaque règle est indiscutable. Au grand dam de mon entourage, je roule toujours en deçà de la vitesse maximale autorisée, et quand je vais au travail en courant, je m'arrête à chaque feu rouge. J'y suis tenu par le corps, car si je commets une infraction, je perds toute crédibilité. Je maintiens aussi le dialogue si quelqu'un m'injurie dans la rue ou sur les réseaux sociaux. Hors de question de détruire soudainement ce que les policiers à vélo ont mis quinze ans à construire.Les incivilités se raréfient.On entend parfois dire que le sens civique se perd, mais je n'ai pas forcément cette impression. Il y a quinze ans, tout était permis. Aujourd'hui, les gens se sentent davantage concernés par la qualité de l'environnement routier, et les réactions de la population face aux incivilités sont plus virulentes. Les gens ne veulent plus des voitures garées sur la piste cyclable, des excès de vitesse, de l'ivresse ou de l'agressivité au volant. Le seul problème, c'est que la prévention ne suffit pas et que les citoyens ont tendance à minimiser les infractions qu'ils commettent. Il faut donc renforcer les contrôles et verbaliser. Et puis surtout ne jamais laisser tomber personne, surtout pas une communauté. Lier signifie persévérer, quelle que soit la force de l'adversité.