Si vous avez passé vos vacances en Italie, vous avez peut-être été confronté à ces nouveautés technologiques dont, personnellement, nous percevons plus la capacité de nuisance que les bénéfices éventuels. D'une part, des parasols dotés de dispositifs pour recharger les smartphones à l'énergie solaire - traduisez : un flux continu de données à gérer, sans aucune excuse pour ne pas rester joignable H24, même quand on est " out of office ". De l'autre côté, des drones sillonnant le ciel azuré et offrant aux accros des réseaux sociaux une variante " li...

Si vous avez passé vos vacances en Italie, vous avez peut-être été confronté à ces nouveautés technologiques dont, personnellement, nous percevons plus la capacité de nuisance que les bénéfices éventuels. D'une part, des parasols dotés de dispositifs pour recharger les smartphones à l'énergie solaire - traduisez : un flux continu de données à gérer, sans aucune excuse pour ne pas rester joignable H24, même quand on est " out of office ". De l'autre côté, des drones sillonnant le ciel azuré et offrant aux accros des réseaux sociaux une variante " likes garantis " à leurs selfies compulsifs, déjà en soi pénibles. Et si ces objets volants bien identifiés ont trouvé une destination utile dans le Sud de la France, où ils interviennent dans la logistique mise en place par les sauveteurs en mer, la nouvelle norme du " always on " n'épargnera sans doute pas pour autant les rivages du Midi, dès l'été prochain. C'est que l'appli Plages connectées, testée dès juillet dernier à Nice, pourrait alors s'étendre à toute la région Paca. Concrètement, cet " outil numérique innovant (...) fournira de façon ludique et en temps réel des informations essentielles ", pouvait-on lire sur le site Web de la ville lors de son lancement. Par " essentielles ", entendez " présence potentielle de méduses, localisation des toilettes, des spots Wi-Fi " et autres webcams orientées vers le rivage laissant déjà présager une activité digitale intense... en terrasses. Or, si l'asservissement à son téléphone est exaspérant dans les lieux dédiés à la détente, une majorité d'entre nous considère qu'il est tout simplement insupportable à table. Ainsi, une récente étude commanditée par le groupe Spadel démontre que, à en croire la moitié des Belges en couple, la relation avec leur partenaire serait meilleure si les repas pris ensemble excluaient les GSM. Par ailleurs, 8 interviewés sur 10 se déclarent " agacés lorsque des amis en font usage lors d'un dîner ". Pour 30 % d'entre eux, c'est le cas même s'il est négligemment posé à côté de l'assiette de leur convive - une habitude pour 25 % des utilisateurs de portable -, tandis que 20 % des sondés concèdent que cela mène carrément à des discussions houleuses entre potes. Il faut reconnaître que cette pratique a trop souvent pour corollaire de se précipiter sur l'appareil au moindre message, 59 % des francophones et 37 % des néerlandophones l'admettent. Aussi sûr que l'unique appli autorisée au bord de l'eau devrait être celle qui nous alerte quand notre taux maximal d'exposition aux UV est atteint, le seul mode acceptable à table devrait être celui qui nous permet de déjeuner en paix.