D'après David Graeber, les ordinateurs "ont confisqué notre futur" en se mettant au service d'une bureaucratie tentaculaire, qui préfère réserver ses budgets aux outils de surveillance et programmes militaires, au lieu de soutenir ce qu'il appelle "les technologies poétiques".

Si l'on partage la plupart de ses constats, critiques et surtout regrets face à l'absence de véhicules aériens domestiques, force est de reconnaître que notre salut passera tout de même par l'informatique, et à travers lui toute une série de machines numériques que le plus grande nombre doit encore apprendre à dompter. Graeber lui-même considère Internet comme un nouveau terrain de lutte où, avec l'appui de systèmes high-tech telles que les imprimantes 3D, les trublions de la création peuvent cultiver un espoir de "trouver la brèche", et refuser l'itinéraire balisé d'un establishment désespérément frileux au profit d'enthousiasmants détours vers un avenir réinventé.

Il est temps de s'intéresser aux espaces de liberté et de créativité que sont ces FabLabs et ateliers connectés, où s'agite une génération de bidouilleurs qui n'entend plus demander la permission d'innover. Les fruits de cette émulation à l'échelle planétaire vont bien au-delà de la déco et du mobilier - pour en revenir à Marty McFly, plusieurs FabLabs se sont par exemple penchés sur son mythique skateboard des airs, le hoverboard, avec un certain succès.

>>> A lire cette semaine dans le Vif Weekend spécial Déco + Design, un dossier consacré aux FabLabs