En Occident, alors, pas de révolution si ce n'est la chute d'un mur qui semble avec le recul s'être écroulé tout seul et (quasi) sans heurts. Pas de guerre sinon celle, silencieuse et que personne n'a déclenchée ni voulue, contre le virus du sida. Et pourtant, au grand étonnement de ceux qui étaient ados en ces temps-là, et qui sont les premiers à en concéder la vacuité, les années 80 sont loin d'être enterrées. Au contraire, elles n'ont jamais été si présentes. En mode, où couleurs flash, épaulettes et bijoux XL, leggings sexy, matières ...

En Occident, alors, pas de révolution si ce n'est la chute d'un mur qui semble avec le recul s'être écroulé tout seul et (quasi) sans heurts. Pas de guerre sinon celle, silencieuse et que personne n'a déclenchée ni voulue, contre le virus du sida. Et pourtant, au grand étonnement de ceux qui étaient ados en ces temps-là, et qui sont les premiers à en concéder la vacuité, les années 80 sont loin d'être enterrées. Au contraire, elles n'ont jamais été si présentes. En mode, où couleurs flash, épaulettes et bijoux XL, leggings sexy, matières Stretch et coupes déstructurées accentuant la liberté du corps arpentent à nouveau les podiums. Et, dans la rue, c'est dorénavant l'équipementier fétiche de Björn Borg, Fila, qui fait la loi auprès des teen-agers auparavant acquis à Nike ou Adidas. A tel point que la marque, galvanisée par cet adoubement, s'affranchit du sportswear pour s'imposer à son tour dans l'univers du luxe : elle a ainsi défilé à Milan, aux côtés de maisons italiennes prestigieuses, et collaboré avec l'une d'elles, Fendi, pour une capsule dans laquelle les logos des deux labels s'interpénètrent. Dans le secteur du design, c'est en se replongeant dans cette période dominée par la frime, la prospérité et l'insouciance que de nombreux créateurs trouvent l'inspiration de leurs collections d'aujourd'hui. Pour être précis, dans le clubbing - avec ce qu'il comptait de transgression, de liberté et d'hédonisme - qui connut alors ses heures de gloire. Pour certains, c'est donc une sorte de revival nostalgique de leur jeunesse qui s'exprime. Mais d'autres, nés bien plus tard, esquissent une vision sublimée de l'époque, en n'hésitant pas, d'ailleurs, à mixer les références sans réel souci chronologique ni volonté de s'arrêter à une décade en particulier. Au-delà de cette vague de réappropriations, on assiste même à une reconnaissance institutionnelle puisque les eighties et leur esprit festif sont désormais entrés au musée. C'est le cas avec l'expo Génération 80, montée par les organisateurs de J'avais 20 ans en 45 et J'aurai 20 ans en 2030 et qui se tient en ce moment à la gare des Guillemins. Ce l'est également avec Michaël Jackson : On the Wall, au Grand Palais à Paris. Ou encore avec Night Fever, au ADAM - Brussels Design Museum, où elles figurent en bonne place dans un parcours retraçant l'histoire du monde de la nuit. Une rétromania qui méritait bien de se retrouver au coeur de ce numéro du Vif Weekend consacré aux fêtes, qu'on vous souhaite aussi belles que les Noëls d'antan (mais de préférence sans chouchou dans les cheveux).