"Tu vas voir qu'on va encore avoir droit à du super discours sur les Millennials!" s'agace un anonyme dans la vingtaine, venu écouter les présentations de start-up. Son intuition est correcte: sur la scène, l'intervenant, de deux décennies son aîné, a très vite expliqué à quel point son produit répondrait aux aspirations si particulières de ces Millennials qualifiés pour l'occasion d'accros au digital et à l'économie collaborative. Interrogé à l'issue de la conférence, le jeune homme perplexe étaye: "Plus j'entends parler de génération Y, plus je lis des choses sur le sujet, moins je me reconnais. Je ne sais pas d'où ça sort. Alors oui, on a toujours un iPhone dans la main, mais mon père aussi! Et pour le reste, je ne comprends pas ce qui justifie qu'on nous range si facilement dans ces cases." Son groupe d'amis le rejoint dans ce rejet de l'étiquette, comme de nombreux autres contemporains appartenant prétendument à cette catégorie. D'après une étude de 2015 du Pew Research Center, seulement 40% des 18-35 ans considèrent qu'ils font partie de cette fameuse génération Y (1).
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