Lors de la désignation samedi soir de Miss France 2021, un concours de beauté historique très prisé dans le pays, l'élection comme première dauphine d'April Benayoum a suscité de nombreux commentaires antisémites, notamment sur Twitter. La jeune Miss Provence avait évoqué les origines israéliennes de son père.

Après l'indignation de responsables politiques et plusieurs ministres, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert lundi une enquête pour "injures à caractère raciste et provocation à la haine raciale".

"C'est un signal qui est envoyé à leurs auteurs pour leur dire que ce n'est pas anodin de proférer (...) ce genre de propos antisémites puisqu'ils seront, je l'espère, poursuivis", a commenté sur BFMTV la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, tout en dénonçant l'inertie des réseaux sociaux. "Certains des tweets sont encore en ligne: ce n'est pas acceptable", a-t-elle affirmé. "Il faut que Twitter prenne ses responsabilités".

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a elle aussi pointé Twitter du doigt. "C'était tellement énorme que Twitter aurait pu bloquer très rapidement cette association de mots "Miss Provence/ Israël", activer ses filtres et ainsi supprimer de façon directe ces contenus", a déclaré à l'AFP sa présidente Noémie Madar.

"On demande que les grandes plateformes prennent leurs responsabilités. Qu'elles cessent de penser qu'elles ont une norme juridique supérieure aux normes des pays", a-t-elle insisté.

Avec les associations SOS racisme et SOS homophobie, l'UEJF avait assigné Twitter en justice en mai, jugeant que le réseau social manquait de manière "ancienne et persistante" à ses obligations en matière de modération des contenus. Une médiation judiciaire est en cours "pour trouver des solutions avec Twitter pour faire avancer la modération", a précisé Mme Madar.

Régulièrement accusées d'héberger ou de contribuer à la diffusion de contenus haineux ou violents, les grandes plateformes de contenus ont été incitées à mettre en place des algorithmes de filtrage, des procédures de signalement et des équipes de modérateurs.

Contacté lundi par l'AFP, Twitter n'avait pas réagi dans l'immédiat.

"Propos orduriers"

Selon le parquet de Paris, la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) a été chargée de l'enquête et devra identifier les auteurs des messages incriminés.

"La difficulté dans ce type d'affaires c'est que l'anonymat rend très difficile le fait de retrouver les auteurs, l'action contre ces Twittos est difficile et il y a une impunité qui se crée", a rappelé Mme Madar.

De fait, la justice se heurte souvent à l'anonymat des internautes et les opérateurs, installés à l'étranger, donc régis par un autre système juridique, rechignent à répondre aux réquisitions judiciaires pour transmettre l'identité des auteurs de propos litigieux.

En novembre, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a rencontré des représentants des grandes plateformes pour leur exposer ces difficultés et avait assuré que leurs échanges avaient été "extrêmement fructueux".

Pour lutter plus efficacement contre la haine en ligne, un pôle spécialisé doit voir le jour au sein du parquet de Paris en début d'année prochaine et travaillera en étroite collaboration avec la plateforme de signalement de contenus illicites Pharos.

Selon le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, le récent projet visant à lutter contre les "séparatismes" devrait également permettre de mieux réprimer la haine en ligne en privant leurs auteurs de la protection de loi sur la presse de 1881.

Avec ce projet de loi, "c'est exactement ce genre de (propos) haineux que je compte stopper en autorisant leur comparution immédiate", a twitté le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. "Leurs propos orduriers tenus depuis un canapé doivent les conduire le lendemain devant le juge", a-t-il souligné. "Je n'ai pas cherché à provoquer qui que ce soit", a réagi dans le quotidien La Provence April Benayoum, étudiante à Aix-en-Provence, regrettant "qu'on en soit encore là en 2020".

Lors de la désignation samedi soir de Miss France 2021, un concours de beauté historique très prisé dans le pays, l'élection comme première dauphine d'April Benayoum a suscité de nombreux commentaires antisémites, notamment sur Twitter. La jeune Miss Provence avait évoqué les origines israéliennes de son père.Après l'indignation de responsables politiques et plusieurs ministres, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert lundi une enquête pour "injures à caractère raciste et provocation à la haine raciale". "C'est un signal qui est envoyé à leurs auteurs pour leur dire que ce n'est pas anodin de proférer (...) ce genre de propos antisémites puisqu'ils seront, je l'espère, poursuivis", a commenté sur BFMTV la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, tout en dénonçant l'inertie des réseaux sociaux. "Certains des tweets sont encore en ligne: ce n'est pas acceptable", a-t-elle affirmé. "Il faut que Twitter prenne ses responsabilités".L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a elle aussi pointé Twitter du doigt. "C'était tellement énorme que Twitter aurait pu bloquer très rapidement cette association de mots "Miss Provence/ Israël", activer ses filtres et ainsi supprimer de façon directe ces contenus", a déclaré à l'AFP sa présidente Noémie Madar."On demande que les grandes plateformes prennent leurs responsabilités. Qu'elles cessent de penser qu'elles ont une norme juridique supérieure aux normes des pays", a-t-elle insisté.Avec les associations SOS racisme et SOS homophobie, l'UEJF avait assigné Twitter en justice en mai, jugeant que le réseau social manquait de manière "ancienne et persistante" à ses obligations en matière de modération des contenus. Une médiation judiciaire est en cours "pour trouver des solutions avec Twitter pour faire avancer la modération", a précisé Mme Madar.Régulièrement accusées d'héberger ou de contribuer à la diffusion de contenus haineux ou violents, les grandes plateformes de contenus ont été incitées à mettre en place des algorithmes de filtrage, des procédures de signalement et des équipes de modérateurs.Contacté lundi par l'AFP, Twitter n'avait pas réagi dans l'immédiat.Selon le parquet de Paris, la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) a été chargée de l'enquête et devra identifier les auteurs des messages incriminés."La difficulté dans ce type d'affaires c'est que l'anonymat rend très difficile le fait de retrouver les auteurs, l'action contre ces Twittos est difficile et il y a une impunité qui se crée", a rappelé Mme Madar. De fait, la justice se heurte souvent à l'anonymat des internautes et les opérateurs, installés à l'étranger, donc régis par un autre système juridique, rechignent à répondre aux réquisitions judiciaires pour transmettre l'identité des auteurs de propos litigieux. En novembre, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a rencontré des représentants des grandes plateformes pour leur exposer ces difficultés et avait assuré que leurs échanges avaient été "extrêmement fructueux". Pour lutter plus efficacement contre la haine en ligne, un pôle spécialisé doit voir le jour au sein du parquet de Paris en début d'année prochaine et travaillera en étroite collaboration avec la plateforme de signalement de contenus illicites Pharos. Selon le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, le récent projet visant à lutter contre les "séparatismes" devrait également permettre de mieux réprimer la haine en ligne en privant leurs auteurs de la protection de loi sur la presse de 1881.Avec ce projet de loi, "c'est exactement ce genre de (propos) haineux que je compte stopper en autorisant leur comparution immédiate", a twitté le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. "Leurs propos orduriers tenus depuis un canapé doivent les conduire le lendemain devant le juge", a-t-il souligné. "Je n'ai pas cherché à provoquer qui que ce soit", a réagi dans le quotidien La Provence April Benayoum, étudiante à Aix-en-Provence, regrettant "qu'on en soit encore là en 2020".