Bien qu'elle semble particulièrement portée sur les films dits " historiques ", la Britannique est également l'exemple parfait de la jeune femme de son temps, menant de front, et tambour battant, ses activités sur grand écran, en tant que maman ou pour la maison Chanel, dont elle est ambassadrice. Elle s'insurge d'ailleurs, tant ce statut " multifonctions " est aujourd'hui une réalité pour la gent féminine, quand les journalistes ne peuvent s'empêcher de s'enquérir de la manière dont elle " gère l'équilibre entre vie professionnelle et...

Bien qu'elle semble particulièrement portée sur les films dits " historiques ", la Britannique est également l'exemple parfait de la jeune femme de son temps, menant de front, et tambour battant, ses activités sur grand écran, en tant que maman ou pour la maison Chanel, dont elle est ambassadrice. Elle s'insurge d'ailleurs, tant ce statut " multifonctions " est aujourd'hui une réalité pour la gent féminine, quand les journalistes ne peuvent s'empêcher de s'enquérir de la manière dont elle " gère l'équilibre entre vie professionnelle et privée ". " Parfois, c'est carrément la première question qu'ils me posent ! Je ne pense pas que cela arrive souvent à mes collègues masculins ", nous a-t-elle confié. Il est vrai que, si on la voit plus souvent jouer en costume d'époque qu'en jeans et baskets, les personnages qu'elle choisit d'incarner ont ceci en commun de dégager une sacrée force de caractère. Elle fut ainsi, entre autres, une Elizabeth Bennet sans concessions envers les sots dans Orgueil et Préjugés (2005), une Duchess de Devonshire très engagée (2008), une Anna Karénine pleine d'audace (2012) ou une mathématicienne de génie dans Imitation Game (2014). Et le rôle de Colette, du réalisateur Wash Westmoreland, dans nos salles dès ce 16 janvier, s'inscrit de façon évidente dans la lignée. A y regarder de près, le 37e long métrage de la comédienne va jusqu'à prendre des allures de profession de foi féministe. Y sont en effet abordés la liberté et l'affranchissement de l'auteure française par rapport à son mari, Henry Gauthier-Villars, qui s'était approprié son travail. Mais aussi sa relation amoureuse lesbienne, à une période où les rapports homosexuels étaient loin d'être acceptés... peut-être davantage encore quand ils concernaient des filles. " Une prise de pouvoir " que l'actrice estime salutaire et " extrêmement encourageante " à l'heure où la question du genre et de l'égalité, notamment dans l'industrie du cinéma - et malgré que le film ait été tourné avant les mouvements #MeToo et #TimesUp -, n'est pas près d'être résolue. C'est même cette contemporanéité du scénario qui l'a séduite. Pourtant, elle reconnaît en toute sincérité ne jamais avoir osé demander, sur un plateau, si elle était payée autant qu'un partenaire de l'autre sexe. Et de conclure que " c'est lâche et un peu ridicule. Je devrais être plus courageuse ". Nul doute que Keira la guerrière n'abandonnera pas son combat pour l'équité en 2019.