La diplômée de la prestigieuse université du MIT peut ajouter une nouvelle ligne à son CV: elle est la première astronaute américaine d'origine iranienne.

Agée de 36 ans, cette immigrante, fille de parents iraniens qui ont fui la révolution islamique de 1979, espère que son exemple pourra inspirer des jeunes comme elle.

"J'aimerais bien que tout le monde puisse être inspiré par tout le monde, mais c'est un peu plus facile d'être inspiré par quelqu'un qui vous ressemble, avec qui vous avez des choses en commun", explique à l'AFP Jasmin Moghbeli.

Née en Allemagne, elle s'installe, enfant, avec sa famille vers les Etats-Unis. Son histoire relève ensuite du rêve américain, éveillé.

A 15 ans, celle qui grandit à Baldwin dans l'Etat de New York, participe à un camp spatial, avant de poursuivre des études pour décrocher un jour la Lune (ou Mars).

"Pas traitée différemment"

Diplôme du MIT en ingénierie aéronautique en poche, elle s'enrôle dans l'armée en 2005 pour devenir pilote. Quatre ans après le 11-Septembre, ses parents s'inquiètent du regard des autres sur leur fille.

Car après les attentats du 11 septembre 2001, le président George W. Bush a placé l'Iran parmi les pays de l'"axe du mal" soutenant le terrorisme.

"Quand j'ai décidé de rentrer dans les Marines après le MIT, dans un monde post 11-Septembre, est-ce que mes parents m'ont prise pour une folle ? Oui, absolument", se souvient-elle en parlant sur la scène du Centre spatial de Houston.

Jasmin Moghbeli entourée des autres astronautes de la NASA. , reuters
Jasmin Moghbeli entourée des autres astronautes de la NASA. © reuters

Cheveux bruns plaqués en queue-de-cheval et regard perçant, elle se rappelle du "soutien inconditionnel" de sa famille une fois sa décision prise.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les relations entre l'Iran et les Etats-Unis sont encore plus tendues et l'élimination par Washington début janvier d'un général iranien en Irak a fait craindre l'escalade vers un conflit armé.

Mme Moghbeli estime toutefois que ce contexte n'a pas eu de répercussions directes sur sa vie.

"Je n'ai pas du tout senti que j'étais traitée différemment", raconte-t-elle à l'AFP.

"Les mêmes opportunités"

Désormais astronaute, elle fait partie de la nouvelle promotion baptisée "Turtles", (les tortues). D'une diversité inédite, elle est composée de treize Nord-américains ayant rejoint à Houston les rangs des astronautes aptes à effectuer des vols dans l'espace, après deux ans et demi de formation à la Nasa.

Depuis la dernière promotion d'astronautes il y a quatre ans, la Nasa veille à une parité hommes-femmes presque parfaite entre les candidats.

L'idée que chacun doit pouvoir se sentir représenté par des aspirants astronautes d'origines diverses est très présente chez les dirigeants de l'organisme spatial, comme pour l'administrateur de la Nasa Jim Bridenstine qui a déclaré vendredi qu'il s'agissait pour lui d'un sujet "de la plus grande importance".

"J'ai une fille de onze ans", a-t-il détaillé après la cérémonie, "je veux qu'elle considère avoir les mêmes opportunités que celles que je pensais avoir, moi, en grandissant. Je pense que la prochaine cohorte d'astronautes sera tout aussi diverse que celle-ci, et dans le futur, c'est ce que nous mettrons en avant."

"Quand j'étais en 6e et que je disais que j'allais devenir astronaute, est-ce que vous imaginez que tout le monde répondait +Ouais, elle va le faire+? Sûrement pas", s'amuse Jasmin Moghbeli face au public. "Il faut avoir foi en ce que vous aimez faire, et cela vous suffira pour tenir bon. Vous échouerez parfois, mais il ne faudra rien lâcher."

"Fiable, pleine d'empathie, intelligente, résiliente et acharnée, c'est pour toutes ces raisons, entre autres, que Jaws est le membre d'équipage parfait avec qui se rendre dans l'espace", dit d'elle son camarade de promotion Jonny Kim sur l'estrade du Centre spatial Johnson, où Jasmin Moghbeli lève les bras au ciel, l'air conquérant, et sourit à la foule.

La diplômée de la prestigieuse université du MIT peut ajouter une nouvelle ligne à son CV: elle est la première astronaute américaine d'origine iranienne.Agée de 36 ans, cette immigrante, fille de parents iraniens qui ont fui la révolution islamique de 1979, espère que son exemple pourra inspirer des jeunes comme elle."J'aimerais bien que tout le monde puisse être inspiré par tout le monde, mais c'est un peu plus facile d'être inspiré par quelqu'un qui vous ressemble, avec qui vous avez des choses en commun", explique à l'AFP Jasmin Moghbeli.Née en Allemagne, elle s'installe, enfant, avec sa famille vers les Etats-Unis. Son histoire relève ensuite du rêve américain, éveillé. A 15 ans, celle qui grandit à Baldwin dans l'Etat de New York, participe à un camp spatial, avant de poursuivre des études pour décrocher un jour la Lune (ou Mars). "Pas traitée différemment"Diplôme du MIT en ingénierie aéronautique en poche, elle s'enrôle dans l'armée en 2005 pour devenir pilote. Quatre ans après le 11-Septembre, ses parents s'inquiètent du regard des autres sur leur fille. Car après les attentats du 11 septembre 2001, le président George W. Bush a placé l'Iran parmi les pays de l'"axe du mal" soutenant le terrorisme. "Quand j'ai décidé de rentrer dans les Marines après le MIT, dans un monde post 11-Septembre, est-ce que mes parents m'ont prise pour une folle ? Oui, absolument", se souvient-elle en parlant sur la scène du Centre spatial de Houston. Cheveux bruns plaqués en queue-de-cheval et regard perçant, elle se rappelle du "soutien inconditionnel" de sa famille une fois sa décision prise.Depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les relations entre l'Iran et les Etats-Unis sont encore plus tendues et l'élimination par Washington début janvier d'un général iranien en Irak a fait craindre l'escalade vers un conflit armé.Mme Moghbeli estime toutefois que ce contexte n'a pas eu de répercussions directes sur sa vie. "Je n'ai pas du tout senti que j'étais traitée différemment", raconte-t-elle à l'AFP. "Les mêmes opportunités"Désormais astronaute, elle fait partie de la nouvelle promotion baptisée "Turtles", (les tortues). D'une diversité inédite, elle est composée de treize Nord-américains ayant rejoint à Houston les rangs des astronautes aptes à effectuer des vols dans l'espace, après deux ans et demi de formation à la Nasa. Depuis la dernière promotion d'astronautes il y a quatre ans, la Nasa veille à une parité hommes-femmes presque parfaite entre les candidats.L'idée que chacun doit pouvoir se sentir représenté par des aspirants astronautes d'origines diverses est très présente chez les dirigeants de l'organisme spatial, comme pour l'administrateur de la Nasa Jim Bridenstine qui a déclaré vendredi qu'il s'agissait pour lui d'un sujet "de la plus grande importance"."J'ai une fille de onze ans", a-t-il détaillé après la cérémonie, "je veux qu'elle considère avoir les mêmes opportunités que celles que je pensais avoir, moi, en grandissant. Je pense que la prochaine cohorte d'astronautes sera tout aussi diverse que celle-ci, et dans le futur, c'est ce que nous mettrons en avant.""Quand j'étais en 6e et que je disais que j'allais devenir astronaute, est-ce que vous imaginez que tout le monde répondait +Ouais, elle va le faire+? Sûrement pas", s'amuse Jasmin Moghbeli face au public. "Il faut avoir foi en ce que vous aimez faire, et cela vous suffira pour tenir bon. Vous échouerez parfois, mais il ne faudra rien lâcher.""Fiable, pleine d'empathie, intelligente, résiliente et acharnée, c'est pour toutes ces raisons, entre autres, que Jaws est le membre d'équipage parfait avec qui se rendre dans l'espace", dit d'elle son camarade de promotion Jonny Kim sur l'estrade du Centre spatial Johnson, où Jasmin Moghbeli lève les bras au ciel, l'air conquérant, et sourit à la foule.