Même si ces complications restent rares, les chercheurs recommandent aux équipes soignantes de prendre en compte ce sur-risque dans leur décision du mode d'accouchement, alors que les taux de naissance par césarienne ont fortement augmenté au cours des 20 dernières années dans le monde.

Plusieurs études ont déjà mis en évidence une plus forte proportion de complications graves (hémorragies massives, infections, embolies pulmonaires...) chez les femmes accouchant par césarienne.

Mais elles ne permettaient pas de dissocier les complications provenant de la procédure chirurgicale de celles qui pouvaient s'expliquer par la maladie ou le contexte clinique ayant mené à l'accouchement par césarienne, explique l'institut de recherche Inserm dans un communiqué publié vendredi.

Dans cette nouvelle analyse, publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), l'équipe de chercheurs de l'Inserm, de l'Université Paris Descartes, de l'Université Paris Diderot et de l'Université Paris 13 a sélectionné les cas de femmes ayant souffert de complications graves non liées à leur état de santé avant l'accouchement et les ont comparés avec des cas témoins de femmes n'ayant pas eu de complications.

Leurs conclusions montrent "un risque accru de complications graves après l'accouchement chez les femmes qui ont accouché par césarienne, que la chirurgie ait été pratiquée avant ou pendant le travail", explique l'Inserm.

Alors que les complications maternelles graves concernent en moyenne 1,5% des accouchements - d'importantes hémorragies pour la majorité -, l'étude a mis en évidence que la probabilité était presque doublée (x 1,8) pour les femmes ayant accouché par césarienne par rapport aux femmes ayant accouché par voie vaginale, et triplée pour les femmes âgées de 35 ans et plus.

Les chercheurs émettent l'hypothèse que l'augmentation du sur-risque avec l'âge est liée à la diminution de la capacité de l'utérus à se contracter après la naissance pour stopper le saignement physiologique.

"Les femmes et les médecins doivent être informés de ce risque accru pour déterminer la meilleure façon d'accoucher, surtout pour les mères plus âgées", a estimé Catherine Deneux-Tharaux, directrice de recherche à l'Inserm et responsable de l'étude.

Selon le rapport Euro-Peristat, en 2015, la France était "un des pays européens pratiquant le moins la césarienne avec néanmoins une naissance pour cinq concernée", rappelle l'Inserm. En 1995 ce taux était de 16%.

Dans les autres pays, ces taux allaient de 15% en Islande à 52 % à Chypre.

Selon l'OMS, en moyenne sur l'ensemble d'une population, "les taux de césarienne supérieurs à 10% ne sont pas associés à une réduction des taux de mortalité maternelle et néonatale".