Les journaux espagnols ne cessent de publier des détails sur la gestion opaque des fonds qui auraient été versés par l'Arabie saoudite à l'ancien chef d'Etat. Juan Carlos s'est retiré de la vie publique depuis l'an dernier après avoir abdiqué en juin 2014 en faveur de son fils Felipe VI.

La justice, en Suisse comme en Espagne, centre ses investigations sur les 100 millions de dollars que l'ancien roi, aujourd'hui âgé de 82 ans, aurait reçu secrètement sur un compte en Suisse en 2008.

La Cour suprême espagnole a annoncé en juin se charger d'une enquête pour cerner l'éventuelle responsabilité de l'ancien monarque - à la tête du royaume pendant 38 ans (1975-2014)-, mais uniquement pour des faits commis après son abdication.

Le dossier était ouvert en Espagne depuis septembre 2018 à la suite de la publication d'enregistrements attribués à l'ancienne maîtresse de Juan Carlos, la femme d'affaire allemande Corinna Larsen, dans lesquels elle affirmait que le souverain avait touché une commission lors de l'attribution à des entreprises espagnoles d'un méga-contrat ferroviaire en Arabie.

Sanchez "troublé"

Le chef du gouvernement de gauche Pedro Sanchez a haussé le ton cette semaine pour la première fois. "Il est évident que nous recevons, l'ensemble de la population espagnole, des informations inquiétantes qui nous troublent tous, moi y compris", a-t-il dit. Le socialiste se prononçait après la publication de différents éléments de l'enquête menée en Suisse par la presse espagnole.

Selon le media en ligne El Español, un avocat suisse, Dante Canonica, a déclaré au parquet de Genève avoir été chargé de "créer une structure" pour cacher les fonds versés à Juan Carlos Ier.

Et selon le quotidien El Pais, Corinna Larsen a de son côté affirmé à la justice suisse que l'ancien chef d'Etat lui avait transféré près de 65 millions d'euros aux Bahamas, "non pas pour se débarrasser de l'argent" mais "par gratitude et par amour". "L'image personnelle de Juan Carlos est très détériorée" avec ces révélations, estime Abel Hernández, journaliste suivant l'actualité du Palais royal. Son image est "pire que lorsque les scandales" avaient éclaté avant son abdication, dit-il à l'AFP, en référence à sa chute au Botswana en 2012.

Mohammed Ben Salma,prince héritier d'Arabie saoudite, reçu par le couple royal espagnol en 2018, Reuters
Mohammed Ben Salma,prince héritier d'Arabie saoudite, reçu par le couple royal espagnol en 2018 © Reuters

Les Espagnols, qui souffraient d'une crise économique très sévère, avaient alors découvert que le roi s'était cassé la hanche lors d'un safari africain de luxe, payé par un entrepreneur saoudien, dont il profitait en compagnie de Corinna.

À cela s'était ajouté un scandale de corruption qui a finalement conduit son gendre Iñaki Urdangarin en prison.

Eviter la "contagion"

Ces dernières années, les soupçons sur sa fortune opaque et ses liens avec les monarchies du Golfe, ont terni l'héritage du souverain, très populaire pendant des décennies et personnage-clé de "la Transition" démocratique après la dictature de Franco (1939-1975).

Embarrassé d'avoir été désigné comme bénéficiaire de la fondation panaméenne gérant le compte en Suisse ayant reçu l'argent saoudien, son fils, le roi Felipe VI, a annoncé en mars qu'il renonçait à l'héritage de son père et lui retirait son allocation annuelle d'environ 200.000 euros. C'était "un pare-feu pour éviter la contagion de l'institution" de la monarchie, commente Abel Hernandez. "Le Palais royal prend clairement ses distances par rapport à ces pratiques répréhensibles", a applaudi mercredi Pedro Sanchez, dans un entretien accordé au média en ligne eldiario.es.

Les socialistes - alliés pour la circonstance aux conservateurs - ont toutefois de nouveau empêché en juin qu'une commission parlementaire se penche sur Juan Carlos, comme le réclamait son partenaire de gouvernement, le parti de gauche radicale Podemos, ouvertement républicain.

Les journaux espagnols ne cessent de publier des détails sur la gestion opaque des fonds qui auraient été versés par l'Arabie saoudite à l'ancien chef d'Etat. Juan Carlos s'est retiré de la vie publique depuis l'an dernier après avoir abdiqué en juin 2014 en faveur de son fils Felipe VI.La justice, en Suisse comme en Espagne, centre ses investigations sur les 100 millions de dollars que l'ancien roi, aujourd'hui âgé de 82 ans, aurait reçu secrètement sur un compte en Suisse en 2008.La Cour suprême espagnole a annoncé en juin se charger d'une enquête pour cerner l'éventuelle responsabilité de l'ancien monarque - à la tête du royaume pendant 38 ans (1975-2014)-, mais uniquement pour des faits commis après son abdication.Le dossier était ouvert en Espagne depuis septembre 2018 à la suite de la publication d'enregistrements attribués à l'ancienne maîtresse de Juan Carlos, la femme d'affaire allemande Corinna Larsen, dans lesquels elle affirmait que le souverain avait touché une commission lors de l'attribution à des entreprises espagnoles d'un méga-contrat ferroviaire en Arabie. Sanchez "troublé"Le chef du gouvernement de gauche Pedro Sanchez a haussé le ton cette semaine pour la première fois. "Il est évident que nous recevons, l'ensemble de la population espagnole, des informations inquiétantes qui nous troublent tous, moi y compris", a-t-il dit. Le socialiste se prononçait après la publication de différents éléments de l'enquête menée en Suisse par la presse espagnole. Selon le media en ligne El Español, un avocat suisse, Dante Canonica, a déclaré au parquet de Genève avoir été chargé de "créer une structure" pour cacher les fonds versés à Juan Carlos Ier.Et selon le quotidien El Pais, Corinna Larsen a de son côté affirmé à la justice suisse que l'ancien chef d'Etat lui avait transféré près de 65 millions d'euros aux Bahamas, "non pas pour se débarrasser de l'argent" mais "par gratitude et par amour". "L'image personnelle de Juan Carlos est très détériorée" avec ces révélations, estime Abel Hernández, journaliste suivant l'actualité du Palais royal. Son image est "pire que lorsque les scandales" avaient éclaté avant son abdication, dit-il à l'AFP, en référence à sa chute au Botswana en 2012.Les Espagnols, qui souffraient d'une crise économique très sévère, avaient alors découvert que le roi s'était cassé la hanche lors d'un safari africain de luxe, payé par un entrepreneur saoudien, dont il profitait en compagnie de Corinna. À cela s'était ajouté un scandale de corruption qui a finalement conduit son gendre Iñaki Urdangarin en prison. Eviter la "contagion"Ces dernières années, les soupçons sur sa fortune opaque et ses liens avec les monarchies du Golfe, ont terni l'héritage du souverain, très populaire pendant des décennies et personnage-clé de "la Transition" démocratique après la dictature de Franco (1939-1975).Embarrassé d'avoir été désigné comme bénéficiaire de la fondation panaméenne gérant le compte en Suisse ayant reçu l'argent saoudien, son fils, le roi Felipe VI, a annoncé en mars qu'il renonçait à l'héritage de son père et lui retirait son allocation annuelle d'environ 200.000 euros. C'était "un pare-feu pour éviter la contagion de l'institution" de la monarchie, commente Abel Hernandez. "Le Palais royal prend clairement ses distances par rapport à ces pratiques répréhensibles", a applaudi mercredi Pedro Sanchez, dans un entretien accordé au média en ligne eldiario.es.Les socialistes - alliés pour la circonstance aux conservateurs - ont toutefois de nouveau empêché en juin qu'une commission parlementaire se penche sur Juan Carlos, comme le réclamait son partenaire de gouvernement, le parti de gauche radicale Podemos, ouvertement républicain.