Une guerre des mots entre le chanteur américain d'origine taïwanaise Wang Leehom, 45 ans, et son ex-épouse Lee Jinglei a fait rage ces derniers jours. Elle a entraîné une couverture débridée des médias et une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux à Taïwan, à Hong Kong et en Chine continentale. Pour le moment, la censure de Pékin laisse faire, contrairement à ce qui s'est produit lorsque la championne de tennis Peng Shuai a évoqué le mois dernier une relation sexuelle "forcée" avec un ancien haut dignitaire du régime chinois.

Les posts angoissés de Lee Jinglei à propos du naufrage de son mariage avec Wang Leehom, un des plus célèbres crooners de la pop chinoise ou "mandopop", a résonné chez de nombreuses femmes chinoises, qui se sont reconnues dans ses récits détaillés de mauvais traitements.

L'affaire a éclaté vendredi, peu après l'annonce par Wang Leehom de son divorce à ses 68 millions d'abonnés sur Weibo -- l'équivalent chinois de Twitter. Lee Jinglei a alors publié une lettre-fleuve de 5.000 mots qui a taillé en pièces la réputation d'enfant de choeur à la gueule d'ange dont jouissait jusqu'à présent Wang Leehom, en décrivant des violences psychologiques, des infidélités et des visites chez des prostituées.

Lettre-fleuve

Elle a aussi accusé son mari de l'avoir "manipulée pendant leur huit ans de mariage", au cours desquels elle a sacrifié sa carrière pour élever leurs trois enfants. "Une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de parler ouvertement est parce que je ne veux plus qu'aucune femme ne traverse ce que j'ai traversé", a expliqué Lee sur Weibo, s'attirant 12 millions de "likes".

Wang Leehom et Lee Jinglei aujourd'hui son ex-femme, Getty
Wang Leehom et Lee Jinglei aujourd'hui son ex-femme © Getty

Après avoir commencé par nier en bloc, Wang Leehom s'est excusé lundi sur Weibo, a reconnu sa responsabilité et annoncé une pause dans sa carrière musicale. De nombreuses marques ont rompu leurs contrats avec le chanteur, lequel aurait quitté la Chine. La plupart des internautes de langue chinoise ont pris fait et cause pour Lee Jinglei.

Chez les Chinois, cette affaire touche un point sensible, celui du machisme, des mariages malheureux et des discriminations sexistes, des sujets généralement surveillés de près par la censure. "Si plus de femmes osaient exposer leurs blessures au grand jour au lieu de les tolérer, il y aurait moins de misogynie dans la société", a écrit une blogueuse féministe dans un article devenu viral sur le réseau social WeChat, et intitulé: "Merci Lee Jinglei de rendre la société un peu moins misogyne".

"La parole des femmes et leur droit d'avoir une opinion en public sont d'importance vitale. (Lee Jinglei) a enfin franchi un courageux premier pas", s'est félicitée une autre militante féministe.

- "Immorale" -

Ces discussions en ligne déchaînées contrastent avec la censure imposée en Chine à propos du mouvement #MeToo et de l'affaire Peng Shuai, quand en novembre la championne de tennis avait décrit une relation sentimentale sincère mais contrariée avec l'ancien vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli. Sur son compte Weibo, Peng Shuai évoquait notamment un rapport sexuel qu'elle s'est sentie "forcée" d'accepter avec M. Zhang, marié et de 40 ans son aîné.

La joueuse n'avait ensuite plus été vue en public durant plusieurs semaines, suscitant l'inquiétude à l'étranger. Dans une interview publiée dimanche, Peng Shuai a réfuté toute agression sexuelle, évoquant des "malentendus". Mais la WTA, l'instance qui gère le circuit féminin de tennis, a réaffirmé son "inquiétude" quant à "son bien-être et sa capacité à communiquer sans censure ni coercition".

Le divorce de Wang Leehom n'a toutefois pas échappé à l'attention des autorités chinoises, qui mènent une reprise en main dans le secteur du divertissement. Depuis l'été, plusieurs célébrités sont tombées en disgrâce pour cause de conduite "immorale". "Ces exemples de déboires de célébrités démontrent une fois encore que les gens prêtent attention à chaque mot et chaque acte des figures publiques, et que cela crée à chaque fois un impact sur la société", a déploré dimanche le Comité central pour l'inspection disciplinaire du Parti communiste chinois.

Une guerre des mots entre le chanteur américain d'origine taïwanaise Wang Leehom, 45 ans, et son ex-épouse Lee Jinglei a fait rage ces derniers jours. Elle a entraîné une couverture débridée des médias et une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux à Taïwan, à Hong Kong et en Chine continentale. Pour le moment, la censure de Pékin laisse faire, contrairement à ce qui s'est produit lorsque la championne de tennis Peng Shuai a évoqué le mois dernier une relation sexuelle "forcée" avec un ancien haut dignitaire du régime chinois.Les posts angoissés de Lee Jinglei à propos du naufrage de son mariage avec Wang Leehom, un des plus célèbres crooners de la pop chinoise ou "mandopop", a résonné chez de nombreuses femmes chinoises, qui se sont reconnues dans ses récits détaillés de mauvais traitements.L'affaire a éclaté vendredi, peu après l'annonce par Wang Leehom de son divorce à ses 68 millions d'abonnés sur Weibo -- l'équivalent chinois de Twitter. Lee Jinglei a alors publié une lettre-fleuve de 5.000 mots qui a taillé en pièces la réputation d'enfant de choeur à la gueule d'ange dont jouissait jusqu'à présent Wang Leehom, en décrivant des violences psychologiques, des infidélités et des visites chez des prostituées.Elle a aussi accusé son mari de l'avoir "manipulée pendant leur huit ans de mariage", au cours desquels elle a sacrifié sa carrière pour élever leurs trois enfants. "Une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de parler ouvertement est parce que je ne veux plus qu'aucune femme ne traverse ce que j'ai traversé", a expliqué Lee sur Weibo, s'attirant 12 millions de "likes".Après avoir commencé par nier en bloc, Wang Leehom s'est excusé lundi sur Weibo, a reconnu sa responsabilité et annoncé une pause dans sa carrière musicale. De nombreuses marques ont rompu leurs contrats avec le chanteur, lequel aurait quitté la Chine. La plupart des internautes de langue chinoise ont pris fait et cause pour Lee Jinglei.Chez les Chinois, cette affaire touche un point sensible, celui du machisme, des mariages malheureux et des discriminations sexistes, des sujets généralement surveillés de près par la censure. "Si plus de femmes osaient exposer leurs blessures au grand jour au lieu de les tolérer, il y aurait moins de misogynie dans la société", a écrit une blogueuse féministe dans un article devenu viral sur le réseau social WeChat, et intitulé: "Merci Lee Jinglei de rendre la société un peu moins misogyne"."La parole des femmes et leur droit d'avoir une opinion en public sont d'importance vitale. (Lee Jinglei) a enfin franchi un courageux premier pas", s'est félicitée une autre militante féministe.Ces discussions en ligne déchaînées contrastent avec la censure imposée en Chine à propos du mouvement #MeToo et de l'affaire Peng Shuai, quand en novembre la championne de tennis avait décrit une relation sentimentale sincère mais contrariée avec l'ancien vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli. Sur son compte Weibo, Peng Shuai évoquait notamment un rapport sexuel qu'elle s'est sentie "forcée" d'accepter avec M. Zhang, marié et de 40 ans son aîné.La joueuse n'avait ensuite plus été vue en public durant plusieurs semaines, suscitant l'inquiétude à l'étranger. Dans une interview publiée dimanche, Peng Shuai a réfuté toute agression sexuelle, évoquant des "malentendus". Mais la WTA, l'instance qui gère le circuit féminin de tennis, a réaffirmé son "inquiétude" quant à "son bien-être et sa capacité à communiquer sans censure ni coercition".Le divorce de Wang Leehom n'a toutefois pas échappé à l'attention des autorités chinoises, qui mènent une reprise en main dans le secteur du divertissement. Depuis l'été, plusieurs célébrités sont tombées en disgrâce pour cause de conduite "immorale". "Ces exemples de déboires de célébrités démontrent une fois encore que les gens prêtent attention à chaque mot et chaque acte des figures publiques, et que cela crée à chaque fois un impact sur la société", a déploré dimanche le Comité central pour l'inspection disciplinaire du Parti communiste chinois.