A partir de ce vendredi, on ne pourra plus qu'inviter 4 personnes ne faisant pas partie de son foyer à la maison. De quoi décourager les grandes bacchanales, mais pas la bonne ambiance selon les autorités. Pour prouver qu'une vie sociale est tout de même possible, le virologue Yves Van Laethem a développé un mode d'emploi en prenant l'exemple d'un dîner à la maison. Celui-ci se déroule en quatre étapes qu'il a pris la peine d'expliquer dans le menu.
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A partir de ce vendredi, on ne pourra plus qu'inviter 4 personnes ne faisant pas partie de son foyer à la maison. De quoi décourager les grandes bacchanales, mais pas la bonne ambiance selon les autorités. Pour prouver qu'une vie sociale est tout de même possible, le virologue Yves Van Laethem a développé un mode d'emploi en prenant l'exemple d'un dîner à la maison. Celui-ci se déroule en quatre étapes qu'il a pris la peine d'expliquer dans le menu.On évite l'impromptu. On planifie désormais les visites. Vous précisez d'emblée la manière dont cela va se passer, soit en indiquant très clairement que vous respectez les mesures de sécurité, comme le port du masque. L'invité ne pourra dès lors pas dire qu'il ne savait pas. Et vous, vous savez exactement qui vous avez invité. La politesse élémentaire recommande aussi de décliner l'invitation si on ne sent pas bien ou si on sait que l'on est un contact à haut risque. L'hôte, comme les invités, mettra son plus beau masque. Il ne tendra pas la main ni ne claquera la bise. Dès lors que faire pour ne pas se montrer grossier ? Une option suggérée par monsieur Van Laethem est le cognage de coude. "Mes petits-enfants m'ont appris qu'on se cognait le coude ou la cheville pour se dire bonjour, et que c'était très gai aussi".Chacun enlève son propre manteau et va le déposer dans un endroit accessible. On ne s'attarde pas dans le hall, souvent trop étroit. L'important, dès que l'on passe la porte, est de garder 1.5 mètres de distance (sauf si vous n'êtes qu'à 4 et que les trois personnes sont celle de votre bulle familiale). On se rend sans traîner dans la pièce où l'on dîne. On évitera de déambuler un peu partout ou de "chipoter aux bouquins ou aux disques". On reste "le plus fixe à sa place possible". Une fois à table, ou sur un divan avec un verre ou des chips devant soi, vous pouvez enlever votre masque, pour vous sustenter. Mais attention, on ne met pas son masque n'importe où. On offre donc, par politesse, un réceptacle, comme une enveloppe. On va aussi se désinfecter les mains. "Sur la table, il y aura une bouteille de vin, une bouteille de bière ou d'eau et il y aura aussi maintenant une bouteille de gel hydroalcoolique".La personne qui va servir le fera, si possible, avec un masque. "Vous aurez désormais l'occasion d'être impoli. De rester sur votre chaise et de ne pas aider à débarrasser. C'était une marque d'impolitesse, et maintenant ça devient une marque de respect", nous indique Yves Van Laethem.On évitera aussi les plateaux communs ou tout le monde picore. Chacun son petit bol, plus de buffets et couverts que tout le monde utilise. On doit aussi avoir chacun son verre, ses propres couverts et sa serviette. On évite de crier et de chanter. "On émet des dizaines de particules de plus que quand on parle normalement", précise Yves Van Laethem. "On évite dès lors de mettre la musique trop fort pour ne pas devoir crier pour s'entendre". On veillera aussi à ventiler un maximum les pièces, même quand il fait froid, pour évacuer un maximum de miasme et de particules virales qui restent suspendues. Comment bien ventiler en Belgique, un pays pas vraiment connu pour son climat tropical ? Là aussi Yves van Laethem nous l'explique : "Il faut entrebâiller les fenêtres, si possible deux fenêtres qui se font plus ou moins face, tout en évitant un grand courant d'air. Il vaut mieux avoir un peu frais et une bonne ventilation, que bien chaud et une transmission du virus."C'est à partir de 1526 et Erasme que l'on codifie certains comportements de table. Dans son Traité de civilité puérile, l'humaniste hollandais reprend l'ensemble des manières (hygiène, tenue, maîtrise, etc.) que l'enfant doit assimiler pour s'intégrer correctement à la société. Il n'est plus question de "lécher ses doigts gras ou de les essuyer sur ses habits. Il vaut mieux se servir de la nappe ou de sa serviette". De même, "commencer un repas par boire est le fait d'ivrognes qui boivent, non parce qu'ils ont soif, mais par habitude. C'est non seulement inconvenant, mais mauvais pour la santé". Fini aussi de "Se dandiner sur sa chaise et s'asseoir tantôt sur une fesse, tantôt sur l'autre, c'est se donner l'attitude de quelqu'un qui lâche un vent ou qui s'y efforce"... Aujourd'hui, selon la baronne de Rotschild, la pire erreur consiste à se nettoyer les dents avec les doigts, ou encore poser le téléphone sur la table, parler la bouche pleine et s'accouder. Mais ce ne sont là que quelques exemples d'une longue liste. Car comme le précise Yves Van Laethem : "Garder une vie sociale est important, mais il faut le faire avec précaution, avec respect."