Tous ceux qui l'ont côtoyé sont unanimes : voilà un patron pas comme les autres. "Il est tellement charismatique, généreux, mais aussi émotif, qu'on le vanne souvent avec ça, sourit son ami Tanguy Dumortier, l'animateur vedette du Jardin Extraordinaire, sur la RTBF : "Mais Philippe, comment fais-tu pour gérer une entreprise de 500 salariés ?"" Philippe Taminiaux voulait être biologiste ou vétérinaire. Mais ce Namurois pur jus est finalement devenu entrepreneur, après avoir étudié le marketing et la communication. A son actif? La chaîne de magasins d'électroménagers Euro Center, qui compte 25 points de vente en Wallonie, et surtout le cuisiniste èggo, devenu en dix ans l'une des enseignes phares du secteur avec 50 magasins, 16 000 modèles vendus par an et des projets de développement jusqu'en Espagne. L'homme emploie pour cela 500 personnes et les couve, dit...

Tous ceux qui l'ont côtoyé sont unanimes : voilà un patron pas comme les autres. "Il est tellement charismatique, généreux, mais aussi émotif, qu'on le vanne souvent avec ça, sourit son ami Tanguy Dumortier, l'animateur vedette du Jardin Extraordinaire, sur la RTBF : "Mais Philippe, comment fais-tu pour gérer une entreprise de 500 salariés ?"" Philippe Taminiaux voulait être biologiste ou vétérinaire. Mais ce Namurois pur jus est finalement devenu entrepreneur, après avoir étudié le marketing et la communication. A son actif? La chaîne de magasins d'électroménagers Euro Center, qui compte 25 points de vente en Wallonie, et surtout le cuisiniste èggo, devenu en dix ans l'une des enseignes phares du secteur avec 50 magasins, 16 000 modèles vendus par an et des projets de développement jusqu'en Espagne. L'homme emploie pour cela 500 personnes et les couve, dit-on dans son entourage, "comme si c'étaient ses propres enfants". Mais sa passion pour la nature lui est néanmoins chevillée au corps. En 1994, le businessman fonde le festival Nature Namur, qui devient la référence européenne en matière de films documentaires amateurs. En octobre dernier, la vingt-troisième édition en a projeté 200 et a accueilli plus de 35 000 visiteurs. Si son créateur en a cédé la présidence à Tanguy Dumortier voici trois ans, il y est toujours en première ligne, membre permanent du jury et très impliqué dans la sélection et la présentation des films et photos candidats. "Si nous sommes la tête, il en est le coeur", métaphorise celui qui l'a un jour emmené tourner un film, au Tchad, pendant un mois, dans des conditions dantesques, en l'arrachant à ses bureaux et à sa connexion Internet. "Il n'y a pas mieux que lui pour se mettre à la place du public, se glisser dans la peau du spectateur ou du client. C'est cet instinct qui fait sa force"... Et le succès commercial de ses boutiques.Il y a longtemps que l'amour des grands espaces l'a conduit en Afrique, où ce fut le coup de foudre. En particulier pour le Sénégal, où il emmène depuis vingt ans son personnel en séminaire de formation - "pour qu'ils rencontrent des gens qui n'ont rien mais gardent le sourire en toutes circonstances", évoque-t-il en affichant le sien, toujours désarmant. "Il y a deux types de collaborateurs chez nous, poursuit-il. Ceux qui sont allés là-bas et ceux qui vont y aller. Notre slogan "Nous vous donnerons l'envie de revenir" est né à cet endroit." Ses employés ont à ce point été touchés qu'ils ont initié une fondation pour venir en aide aux villageois, en bâtissant des écoles et des hôpitaux, et les sensibiliser à la gestion des déchets. Sur la Petite Côte au sud de Dakar, il suffit d'évoquer "M. Philippe" lorsqu'on traverse un village pour réchauffer l'atmosphère. Voire l'enflammer. Il faut dire qu'il rend bien aux autochtones leur amitié. Homme de pub et de marketing, Philippe Taminiaux agit souvent à l'instinct, on l'a dit. Voici deux ans, avec sa compagne Karine Fonsny, il a donc racheté sur un coup de tête un hôtel en faillite dans ce coin d'Afrique de l'Ouest qu'il affectionne tant. En quatorze mois, ils ont transformé, en famille, les Manguiers de Guéréo en un petit paradis, où pratiquement tout a été confié à des locaux et est tourné vers l'observation de la nature, des animaux et des oiseaux. Tandis que son fils Frédéric reprend les rênes de l'entreprise paternelle, sa fille Charlotte, née burundaise, l'épaule dans la gestion du lodge. Mais à 67 ans, lui a déjà de nouveaux horizons en ligne de mire : "Tourner des films, c'est quand même ce qui m'amuse le plus", avoue-t-il. Clin d'oeil à son propre jardin, le Sous-Bois, à Wépion, qu'il aménage depuis vingt ans pour y accueillir les amoureux de la nature et des expos en plein air, son dernier film, fruit de quatre mois de tournage à travers tout le Sénégal, sera bientôt diffusé dans le Jardin Extraordinaire, sur la RTBF.