Jusqu'à présent, la Belgique n'a eu en effet que des rois. Avant 1991, en vertu de la loi salique, les filles des souverains belges étaient exclues du trône en raison du principe de primogéniture masculine. Ainsi, en 1951 c'est Baudouin qui monte sur le trône après l'abdication de Léopold III, et non sa soeur aînée, Joséphine-Charlotte. En 1991, la loi salique est enfin abolie.

La fille aînée de Philippe et Mathilde ne sera pas la seule princesse européenne à monter un jour sur un trône : Victoria de Suède, Catharina-Amalia des Pays-Bas, Ingrid Alexandra de Norvège, et Leonor d'Espagne seront également un jour appelées à régner.

"Une vraie petite femme"

Le 25 octobre 2001, deux semaines avant terme, le prince Philippe, très ému, annonce la naissance de sa fille, Elisabeth Thérèse Marie Hélène. "Elle est toute mignonne, blonde avec un visage tout rond. Une vraie petite femme...", déclare-t-il aux journalistes, encore vêtu d'une tenue verte d'hôpital. Plus tard, la reine Mathilde donnera encore naissance à deux garçons et une fille : Gabriel, Emmanuel, et Eléonore.

La princesse héritière doit son prénom à son arrière- arrière-grand-mère Elisabeth, troisième reine des Belges, et très populaire. Duchesse en Bavière et nièce de l'illustre impératrice d'Autriche Elisabeth, dite Sissi, Elisabeth avait épousé Albert, que l'on appelait le Roi-Chevalier. Surnommée la reine-infirmière, l'aïeule d'Elisabeth a marqué les esprits en soignant les soldats blessés durant la Grande Guerre.

., Belga
. © Belga

Une éducation stricte

Dès son plus jeune âge, la princesse Elisabeth doit se soumettre aux obligations que lui confère son statut. "Contrairement à ce que lui-même a connu dans sa jeunesse, le roi essaie de faire vivre à sa fille des situations qui la préparent à ce qu'elle vivra plus tard", explique un proche du Palais au quotidien Le Soir.

A cinq ans, la fillette assiste à son premier Te Deum. Par la suite, elle accompagne ses parents aux concerts du Concours reine Elisabeth, du nom de son illustre aïeule. En 2007, elle participe à la présentation de la maquette de la station princesse Elisabeth, une base scientifique belge, construite en Antarctique.

Parfaite bilingue

En septembre 2011, à même pas 10 ans, Elisabeth prononce son premier discours officiel en néerlandais à l'occasion de l'inauguration du département de soins pédiatriques à l'hôpital universitaire de Gand, qui porte son nom. Depuis ses trois ans, la princesse fréquente en effet le collège néerlandophone de Sint-Jan-Berchmans. Parfaite bilingue, Elisabeth sera la première souveraine belge à maîtriser aussi bien la langue de Vondel que la langue de Molière. Bonne élève, elle parle également anglais et allemand.

Le 21 juillet 2013, Philippe prête serment et devient le septième roi des Belges. Dès lors, sa fille aînée Elisabeth occupe le premier rang dans l'ordre de succession au trône. Elle hérite également du titre de duchesse de Brabant, dévolu aux princes héritiers du trône de Belgique.

Un an plus tard, le 17 octobre 2014, la princesse fait forte impression en prononçant un hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale dans les trois langues nationales. "Aujourd'hui encore la guerre brise des vies. Des pères, des mères, des enfants souffrent ou sont séparés. Mais dans leur malheur, ils nous donnent aussi une leçon de courage et de dignité. A nous les jeunes de lever haut notre flambeau et de former comme aujourd'hui un front de lumière", déclare-t-elle.

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En 2018, le Palais annonce qu'Elisabeth, quitte Sint-Jan-Berchmans pour le prestigieux Atlantic College, situé au sud du Pays de Galles en vue d'obtenir un baccalauréat international. Prisé par les familles royales, il accueille en ce moment l'infante Leonor, future reine d'Espagne, et la princesse Alexia, la seconde fille du roi Willem des Pays-Bas. Durant ces études, Elisabeth poursuit ses activités d'héritière du trône.

En juin 2019, elle accompagne ainsi sa mère la reine Mathilde en visite officielle au Kenya. A l'issue d'une rencontre avec une communauté Massaï, la princesse, alors âgée de 17 ans, répond pour la première fois aux questions des journalistes. "C'est ma première visite dans un pays d'Afrique de l'Est et j'ai ressenti beaucoup de choses. Ca a été une expérience intense et unique pour moi", déclare-t-elle.

Trois mois plus tard, elle fête ses 18 ans en grande pompe et reçoit le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold. Désormais majeure et donc en âge de monter sur le trône, elle s'engage à donner le meilleur d'elle-même. "Je partage vos préoccupations pour l'avenir et en particulier pour le climat et la réponse solidaire que nous devons y apporter. J'ai foi en l'avenir. Je suis portée par les mêmes espoirs et la même volonté de faire la différence. 18 ans, c'est un cap que je passe avec optimisme. Je sais que j'ai encore tellement à apprendre. C'est à cela que je veux m'atteler dans les années à venir : essayer de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et contribuer à l'améliorer en donnant le meilleur de moi-même. Le pays pourra compter sur mon engagement", promet-elle.

Élisabeth et son père, Belga
Élisabeth et son père © Belga

Aucun traitement de faveur

Obligée de revenir en Belgique en mars 2020 en raison de la pandémie de covid, Elisabeth s'inscrit à l'Ecole royale militaire, où elle suit d'une formation d'un an en sciences sociales et militaires, comme le veut la tradition dans la famille royale belge. "J'ai rencontré des gens fantastiques et j'ai fait de nombreuses expériences", confiera la future commandante des forces armées à la presse à l'issue d'un camp entraînement à Arlon. A l'ERM, la princesse n'aurait bénéficié d'aucun traitement de faveur. "Elle a été traitée exactement comme les autres collègues de sa promotion, c'était d'ailleurs le souhait explicite du Palais et le sien", déclare le colonel Thierry Pirenne au Soir.

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Le 4 octobre 2021, l'héritière du trône retourne au Royaume-Uni pour rejoindre le Lincoln College à Oxford où elle suit un cursus de trois ans d'études en "Histoire et Politique". Parmi les anciens étudiants, on retrouve l'auteur de romans policiers John le Carré, l'actrice britannique Emily Mortimer ou encore l'actuel ministre des Finances britannique Rishi Sunak.

Ce cursus à l'étranger permet à la princesse de vivre une vie à l'abri de la presse belge, et présente l'avantage de lui éviter d'avoir à choisir entre une université flamande ou francophone, catholique ou non. "La Belgique est ainsi faite qu'il est impensable que la princesse héritière s'inscrive à l'UCLouvain, l'ULB, la KULeuven, la VUB ou dans tout autre établissement d'enseignement belge", expliquait Francis Balace, professeur en histoire à l'Université de Liège et spécialiste de la monarchie au Vif à l'occasion des 18 ans de la princesse.

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Un rempart contre les séparatistes ?

La princesse bénéficiera donc d'une éducation solide pour affronter son destin de reine. Déjà très populaire, autant parmi les francophones et les néerlandophones, elle risque de déranger certains séparatistes. "Elle est populaire dans les deux parties du pays. Après sa scolarité à Oxford, elle va sans doute travailler et il serait judicieux qu'en tant que Duchesse de Brabant, elle ait un vrai rôle visible. La Princesse Elisabeth va ennuyer les séparatistes dans leurs plans de scission", confirme d'ailleurs Patrick Weber, historien et spécialiste de la famille royale, dans les colonnes de la Dernière Heure.

Jusqu'à présent, la Belgique n'a eu en effet que des rois. Avant 1991, en vertu de la loi salique, les filles des souverains belges étaient exclues du trône en raison du principe de primogéniture masculine. Ainsi, en 1951 c'est Baudouin qui monte sur le trône après l'abdication de Léopold III, et non sa soeur aînée, Joséphine-Charlotte. En 1991, la loi salique est enfin abolie.La fille aînée de Philippe et Mathilde ne sera pas la seule princesse européenne à monter un jour sur un trône : Victoria de Suède, Catharina-Amalia des Pays-Bas, Ingrid Alexandra de Norvège, et Leonor d'Espagne seront également un jour appelées à régner."Une vraie petite femme"Le 25 octobre 2001, deux semaines avant terme, le prince Philippe, très ému, annonce la naissance de sa fille, Elisabeth Thérèse Marie Hélène. "Elle est toute mignonne, blonde avec un visage tout rond. Une vraie petite femme...", déclare-t-il aux journalistes, encore vêtu d'une tenue verte d'hôpital. Plus tard, la reine Mathilde donnera encore naissance à deux garçons et une fille : Gabriel, Emmanuel, et Eléonore.La princesse héritière doit son prénom à son arrière- arrière-grand-mère Elisabeth, troisième reine des Belges, et très populaire. Duchesse en Bavière et nièce de l'illustre impératrice d'Autriche Elisabeth, dite Sissi, Elisabeth avait épousé Albert, que l'on appelait le Roi-Chevalier. Surnommée la reine-infirmière, l'aïeule d'Elisabeth a marqué les esprits en soignant les soldats blessés durant la Grande Guerre. Une éducation stricteDès son plus jeune âge, la princesse Elisabeth doit se soumettre aux obligations que lui confère son statut. "Contrairement à ce que lui-même a connu dans sa jeunesse, le roi essaie de faire vivre à sa fille des situations qui la préparent à ce qu'elle vivra plus tard", explique un proche du Palais au quotidien Le Soir.A cinq ans, la fillette assiste à son premier Te Deum. Par la suite, elle accompagne ses parents aux concerts du Concours reine Elisabeth, du nom de son illustre aïeule. En 2007, elle participe à la présentation de la maquette de la station princesse Elisabeth, une base scientifique belge, construite en Antarctique.Parfaite bilingueEn septembre 2011, à même pas 10 ans, Elisabeth prononce son premier discours officiel en néerlandais à l'occasion de l'inauguration du département de soins pédiatriques à l'hôpital universitaire de Gand, qui porte son nom. Depuis ses trois ans, la princesse fréquente en effet le collège néerlandophone de Sint-Jan-Berchmans. Parfaite bilingue, Elisabeth sera la première souveraine belge à maîtriser aussi bien la langue de Vondel que la langue de Molière. Bonne élève, elle parle également anglais et allemand.Le 21 juillet 2013, Philippe prête serment et devient le septième roi des Belges. Dès lors, sa fille aînée Elisabeth occupe le premier rang dans l'ordre de succession au trône. Elle hérite également du titre de duchesse de Brabant, dévolu aux princes héritiers du trône de Belgique.Un an plus tard, le 17 octobre 2014, la princesse fait forte impression en prononçant un hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale dans les trois langues nationales. "Aujourd'hui encore la guerre brise des vies. Des pères, des mères, des enfants souffrent ou sont séparés. Mais dans leur malheur, ils nous donnent aussi une leçon de courage et de dignité. A nous les jeunes de lever haut notre flambeau et de former comme aujourd'hui un front de lumière", déclare-t-elle.En 2018, le Palais annonce qu'Elisabeth, quitte Sint-Jan-Berchmans pour le prestigieux Atlantic College, situé au sud du Pays de Galles en vue d'obtenir un baccalauréat international. Prisé par les familles royales, il accueille en ce moment l'infante Leonor, future reine d'Espagne, et la princesse Alexia, la seconde fille du roi Willem des Pays-Bas. Durant ces études, Elisabeth poursuit ses activités d'héritière du trône.En juin 2019, elle accompagne ainsi sa mère la reine Mathilde en visite officielle au Kenya. A l'issue d'une rencontre avec une communauté Massaï, la princesse, alors âgée de 17 ans, répond pour la première fois aux questions des journalistes. "C'est ma première visite dans un pays d'Afrique de l'Est et j'ai ressenti beaucoup de choses. Ca a été une expérience intense et unique pour moi", déclare-t-elle.Trois mois plus tard, elle fête ses 18 ans en grande pompe et reçoit le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold. Désormais majeure et donc en âge de monter sur le trône, elle s'engage à donner le meilleur d'elle-même. "Je partage vos préoccupations pour l'avenir et en particulier pour le climat et la réponse solidaire que nous devons y apporter. J'ai foi en l'avenir. Je suis portée par les mêmes espoirs et la même volonté de faire la différence. 18 ans, c'est un cap que je passe avec optimisme. Je sais que j'ai encore tellement à apprendre. C'est à cela que je veux m'atteler dans les années à venir : essayer de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et contribuer à l'améliorer en donnant le meilleur de moi-même. Le pays pourra compter sur mon engagement", promet-elle.Aucun traitement de faveur Obligée de revenir en Belgique en mars 2020 en raison de la pandémie de covid, Elisabeth s'inscrit à l'Ecole royale militaire, où elle suit d'une formation d'un an en sciences sociales et militaires, comme le veut la tradition dans la famille royale belge. "J'ai rencontré des gens fantastiques et j'ai fait de nombreuses expériences", confiera la future commandante des forces armées à la presse à l'issue d'un camp entraînement à Arlon. A l'ERM, la princesse n'aurait bénéficié d'aucun traitement de faveur. "Elle a été traitée exactement comme les autres collègues de sa promotion, c'était d'ailleurs le souhait explicite du Palais et le sien", déclare le colonel Thierry Pirenne au Soir.Le 4 octobre 2021, l'héritière du trône retourne au Royaume-Uni pour rejoindre le Lincoln College à Oxford où elle suit un cursus de trois ans d'études en "Histoire et Politique". Parmi les anciens étudiants, on retrouve l'auteur de romans policiers John le Carré, l'actrice britannique Emily Mortimer ou encore l'actuel ministre des Finances britannique Rishi Sunak. Ce cursus à l'étranger permet à la princesse de vivre une vie à l'abri de la presse belge, et présente l'avantage de lui éviter d'avoir à choisir entre une université flamande ou francophone, catholique ou non. "La Belgique est ainsi faite qu'il est impensable que la princesse héritière s'inscrive à l'UCLouvain, l'ULB, la KULeuven, la VUB ou dans tout autre établissement d'enseignement belge", expliquait Francis Balace, professeur en histoire à l'Université de Liège et spécialiste de la monarchie au Vif à l'occasion des 18 ans de la princesse.Un rempart contre les séparatistes ?La princesse bénéficiera donc d'une éducation solide pour affronter son destin de reine. Déjà très populaire, autant parmi les francophones et les néerlandophones, elle risque de déranger certains séparatistes. "Elle est populaire dans les deux parties du pays. Après sa scolarité à Oxford, elle va sans doute travailler et il serait judicieux qu'en tant que Duchesse de Brabant, elle ait un vrai rôle visible. La Princesse Elisabeth va ennuyer les séparatistes dans leurs plans de scission", confirme d'ailleurs Patrick Weber, historien et spécialiste de la famille royale, dans les colonnes de la Dernière Heure.