Née en 1934, dans le Midwest, Sheila Hicks pensait faire carrière dans la peinture. C'était sans compter une rencontre en forme de révélation. A la suite d'un cursus brillant à l'université Yale auprès du maître Josef Albers, un voyage lui ouvre les yeux sur la richesse des textiles du Pérou précolombien. Une véritable révolution en découle p...

Née en 1934, dans le Midwest, Sheila Hicks pensait faire carrière dans la peinture. C'était sans compter une rencontre en forme de révélation. A la suite d'un cursus brillant à l'université Yale auprès du maître Josef Albers, un voyage lui ouvre les yeux sur la richesse des textiles du Pérou précolombien. Une véritable révolution en découle pour l'intéressée qui se forme alors aux techniques des tisserands indigènes - du centre et du sud de l'Amérique - tirant à jamais un trait sur l'art pictural. Depuis 1961, date de sa première exposition personnelle, elle n'a cessé de dérouler le fil d'associations artistiques entre des fibres issues de matières végétales, animales et industrielles. Le tout pour un travail mural, des sculptures, installations et performances - conçues au coeur de la capitale française, où elle habite depuis 1967 - à partir de matériaux naturels - lin, laine, coton... - et technologiques sophistiqués, dans des tons éclatants - " la couleur décide " est l'un de ses leitmotivs - ou des teintes monochromes. Mais pourquoi le textile s'est-il imposé à cette plasticienne avec autant d'évidence ? Parce que " du vêtement au support de la noble peinture, en passant par le mobilier et la décoration, il est l'un des matériaux que la vie, au gré d'expériences fort diverses, met constamment sur notre chemin ", répond le Centre Pompidou. Pour faire prendre la mesure de la puissance et du caractère recyclable des harmonies de Sheila Hicks, l'institution parisienne déploie Lignes de vie, une exposition permettant d'embrasser le travail inspirant de cette pionnière de l'art textile.