Son déplacement à la conférence sur le climat de l'ONU, qui commence dimanche en Ecosse était très attendu, tant la reine, comme toute la famille royale, s'est personnellement engagée sur les sujets environnementaux.

Mais à la suite d'un avis médical "lui conseillant de se reposer", "Sa Majesté a décidé à regret de ne pas se rendre à Glasgow", a annoncé mardi le palais de Buckingham.

Pour l'événement, aux enjeux majeurs pour la planète, c'est "décevant", concède Penny Junor, spécialiste de la famille royale interrogée par l'AFP. "Mais c'est une décision très raisonnable pour la reine" vu ce qu'impliquerait le déplacement: un "long voyage", suivi d'une "réception en soirée particulièrement fatigante", couplé "au risque de s'exposer au Covid-19".

Autant de dangers pour la souveraine, mise au repos le 20 octobre au lendemain d'une réception au château de Windsor où elle était apparue devisant avec le Premier ministre Boris Johnson et l'homme d'affaires américain Bill Gates.

Elle a passé la nuit suivante à l'hôpital, sa première hospitalisation depuis 2013. Le palais de Buckingham s'est contenté d'évoquer des "examens préliminaires". La reine a depuis officiellement repris des tâches "légères". Elle a reçu deux ambassadeurs par visioconférence.

Pour Richard Fitzwilliams, spécialiste de la famille royale, la reine a dû renoncer "à contrecoeur" à la COP26. "Elle sait qu'un événement a un cachet spécial si elle y assiste", souligne-t-il. Mais "clairement, à 95 ans, il y a des limites".

Tournant

Monarque depuis près de 70 ans, la reine, qui doit célébrer l'année prochaine son jubilé de platine, affichait encore récemment une très bonne forme en public.

Après ses traditionnelles vacances d'été à Balmoral, en Ecosse, elle a participé quasi quotidiennement à des engagements officiels, renouant avec son rythme pré-pandémie: 295 engagements en 2019. Sans compter le travail moins visible d'examens des documents gouvernementaux et ses entretiens quasi-hebdomadaires avec le Premier ministre.

Elizabeth II a été vue récemment en train de marcher avec une canne, une première depuis 2004. Selon The Sun, la monarque a aussi arrêté ces derniers jours de promener ses chiens corgis.

"C'est un peu un tournant", estime Penny Junor.

"Elle a travaillé au rythme de quelqu'un de 20 ans plus jeune, et je pense que le public doit ajuster ses attentes et reconnaître qu'elle a 95 ans"

.

Un sentiment partagé par des Britanniques interrogés par l'AFP. La reine devrait "passer de plus en plus au second plan et prendre enfin la retraite heureuse qu'elle mérite", estime ainsi Suzanne Foutain, 68 ans.

Pour elle, Elizabeth II avait "besoin de continuer à travailler après la perte de son mari" Philip, décédé à 99 ans en avril, et en a trop fait. "Elle a besoin de ralentir", renchérit Michelle Hall, "un peu inquiète".

Reine des visios

Pour Penny Junor, la souveraine fera à l'avenir "moins d'apparitions en personne". Et "quand elle apparaîtra, ca sera en tant que spectatrice, plutôt que pour rencontrer des dizaines de personnes lors de réceptions".

AFP
© AFP

C'est son fils Charles, héritier de la couronne, qui délivrera le discours d'ouverture de la COP26. Le prince de 72 ans, moins aimé des Britanniques, la représente déjà à l'étranger depuis qu'elle ne s'y rend plus. La reine pourra aussi compter sur son petit-fils le prince William, troisième dans l'ordre de succession et bien plus populaire que son père.

Richard Fitzwilliams s'attend aussi à voir Elizabeth II participer à plus d'événements par visioconférence: "C'est formidable la façon dont elle parvient à communiquer virtuellement", estime-t-il, citant ses adresses à la nation en temps de pandémie.

De quoi rassurer Linda Smart, Londonienne de 73 ans. "Elle est plus forte que tout. Elle a encore quelques années devant elle, c'est certain".

Un mois d'octobre difficile pour la reine Elizabeth

Après un début de mois chargé, la reine Elizabeth, 95 ans, n'a plus été vue du grand public depuis le 19 octobre, mise au repos par ses médecins et contrainte d'annuler la plupart de ses engagements, dont sa présence à la COP26.

Voici un récapitulatif de ce mois éprouvant pour celle qui est le plus vieux monarque régnant, à la santé jusque-là remarquable.

- Entre les 6 et 19 octobre : elle donne plusieurs audiences au château de Windsor, se rend au Palais de Buckingham pour le lancement du relais du Bâton des Jeux du Commonwealth (le 7), assiste à une célébration à l'abbaye de Westminster (le 12) où elle s'aide d'une canne pour marcher, pour la première fois depuis 2004.

- Le 14 octobre : elle se déplace à Cardiff pour un discours à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle session du Parlement du Pays de Galles, avant une journée passée aux courses d'Ascot le 16.

- Le 19 octobre, elle est tout sourire à une réception organisée au château de Windsor, avec notamment le fondateur de Microsoft Bill Gates, l'envoyé spécial américain pour le climat John Kerry, le Premier ministre britannique Boris Johnson et les princes Charles et William.

- Le 20 octobre, elle annule à la dernière minute et "à regret" un voyage de deux jours prévu en Irlande du Nord, au motif que ses médecins lui ont demandé de se reposer.

- Le 21 octobre, le Palais de Buckingham, contraint et forcé par une révélation du quotidien The Sun, reconnaît qu'elle a passé la nuit précédente à l'hôpital pour des "examens préliminaires" sur lesquels aucun détail n'est donné.

La reine est de retour à Windsor pour le déjeuner, a "bon moral" selon le Palais qui ajoute qu'elle a repris à son bureau des "activités légères".

- Le 24 octobre, elle manque la messe à Windsor.

- Le 26 octobre, c'est sa première réapparition virtuelle, par lien vidéo, pour recevoir les lettres de créance des ambassadeurs de Corée du Sud Gunn Kim et de Suisse, Markus Leitner. Des photos la montrent souriante dans une robe jaune à l'encolure flottante, l'une à son bureau regardant les ambassadeurs dans son écran, l'autre telle que les ambassadeurs l'ont vue, à travers un autre écran.

Quelques heures plus tard, elle annule encore "à regret", pour se reposer, son déplacement très attendu à Glasgow pour la conférence des Nations unies sur le climat (CPO26). Elle devait notamment y participer à une réception le 1er novembre. Le Palais de Buckingham précise que la reine enregistrera son allocution par vidéo.

- Le 27 octobre : elle fait son point hebdomadaire avec le Premier ministre Boris Johnson au téléphone.

- Le 28 octobre, elle remet par visioconférence la médaille d'or de la poésie au poète anglais David Constantine. Une vidéo de 24 secondes diffusée par le Palais la montre souriante, discutant à distance avec le poète.

Son déplacement à la conférence sur le climat de l'ONU, qui commence dimanche en Ecosse était très attendu, tant la reine, comme toute la famille royale, s'est personnellement engagée sur les sujets environnementaux.Mais à la suite d'un avis médical "lui conseillant de se reposer", "Sa Majesté a décidé à regret de ne pas se rendre à Glasgow", a annoncé mardi le palais de Buckingham.Pour l'événement, aux enjeux majeurs pour la planète, c'est "décevant", concède Penny Junor, spécialiste de la famille royale interrogée par l'AFP. "Mais c'est une décision très raisonnable pour la reine" vu ce qu'impliquerait le déplacement: un "long voyage", suivi d'une "réception en soirée particulièrement fatigante", couplé "au risque de s'exposer au Covid-19". Autant de dangers pour la souveraine, mise au repos le 20 octobre au lendemain d'une réception au château de Windsor où elle était apparue devisant avec le Premier ministre Boris Johnson et l'homme d'affaires américain Bill Gates.Elle a passé la nuit suivante à l'hôpital, sa première hospitalisation depuis 2013. Le palais de Buckingham s'est contenté d'évoquer des "examens préliminaires". La reine a depuis officiellement repris des tâches "légères". Elle a reçu deux ambassadeurs par visioconférence.Pour Richard Fitzwilliams, spécialiste de la famille royale, la reine a dû renoncer "à contrecoeur" à la COP26. "Elle sait qu'un événement a un cachet spécial si elle y assiste", souligne-t-il. Mais "clairement, à 95 ans, il y a des limites".Monarque depuis près de 70 ans, la reine, qui doit célébrer l'année prochaine son jubilé de platine, affichait encore récemment une très bonne forme en public.Après ses traditionnelles vacances d'été à Balmoral, en Ecosse, elle a participé quasi quotidiennement à des engagements officiels, renouant avec son rythme pré-pandémie: 295 engagements en 2019. Sans compter le travail moins visible d'examens des documents gouvernementaux et ses entretiens quasi-hebdomadaires avec le Premier ministre. Elizabeth II a été vue récemment en train de marcher avec une canne, une première depuis 2004. Selon The Sun, la monarque a aussi arrêté ces derniers jours de promener ses chiens corgis. "C'est un peu un tournant", estime Penny Junor. .Un sentiment partagé par des Britanniques interrogés par l'AFP. La reine devrait "passer de plus en plus au second plan et prendre enfin la retraite heureuse qu'elle mérite", estime ainsi Suzanne Foutain, 68 ans.Pour elle, Elizabeth II avait "besoin de continuer à travailler après la perte de son mari" Philip, décédé à 99 ans en avril, et en a trop fait. "Elle a besoin de ralentir", renchérit Michelle Hall, "un peu inquiète".Pour Penny Junor, la souveraine fera à l'avenir "moins d'apparitions en personne". Et "quand elle apparaîtra, ca sera en tant que spectatrice, plutôt que pour rencontrer des dizaines de personnes lors de réceptions". C'est son fils Charles, héritier de la couronne, qui délivrera le discours d'ouverture de la COP26. Le prince de 72 ans, moins aimé des Britanniques, la représente déjà à l'étranger depuis qu'elle ne s'y rend plus. La reine pourra aussi compter sur son petit-fils le prince William, troisième dans l'ordre de succession et bien plus populaire que son père. Richard Fitzwilliams s'attend aussi à voir Elizabeth II participer à plus d'événements par visioconférence: "C'est formidable la façon dont elle parvient à communiquer virtuellement", estime-t-il, citant ses adresses à la nation en temps de pandémie.De quoi rassurer Linda Smart, Londonienne de 73 ans. "Elle est plus forte que tout. Elle a encore quelques années devant elle, c'est certain".