Il a la peau noire, une coiffure afro et des boucles d'oreille clinquantes. Tous les ans, "Zwarte Piet" est au centre d'un débat animé. S'il est toujours vu par certains comme un personnage essentiel du folklore néerlandais, il évoque selon ses opposants le passé colonial des Pays-Bas et véhicule des stéréotypes racistes.

Qui est "Zwarte Piet"?

"Zwarte Piet" est un personnage jovial qui fait rire, distribue des bonbons et emballe les cadeaux, ce qui le rend grandement apprécié par les plus jeunes.

Il est omniprésent à l'occasion de défilés festifs dans les rues des villes néerlandaises lors de l'arrivée de Saint-Nicolas.

Selon la tradition racontée aux enfants, le Grand Saint, vieil homme à la barbe blanche, mitre rouge et costume rouge et blanc, arrive chaque année par bateau depuis l'Espagne pour fêter son anniversaire, le 5 décembre.

Ce soir-là, chez une immense partie des familles néerlandaises, les enfants déballent des cadeaux et chantent des chansons.

Selon la légende, Saint-Nicolas sur son cheval et "Zwarte Piet" distribuent ces présents aux enfants en les faisant passer par la cheminée des maisons.

D'où vient-t-il?

La fête de Saint-Nicolas est une tradition remontant au XVIe siècle, avec une première apparition du "Zwarte Piet" dans les années 1850. Dans un ouvrage illustré intitulé "Saint-Nicolas et son serviteur", de Jan Schenkman, le personnage apparaît pour la première fois aux côtés du vieil homme, dans un rôle d'assistant.

Dans ses pages, il porte des habits similaires à ceux d'un serviteur de la population des Maures d'Afrique du Nord.

Son équivalent francophone, le père Fouettard, est historiquement associé au personnage qui punit les enfants désobéissants.

Pourquoi divise-t-il?

Pour ses opposants, "Pierre noir", avec sa coiffure afro, sa peau noire, ses boucles d'oreille dorées et son costume médiéval criard, évoque l'époque où les Néerlandais exploitaient des esclaves, particulièrement au Suriname.

Le personnage de "Zwarte Piet" cause chaque année aux Pays-Bas des manifestations animées et un débat virulent, notamment sur les réseaux sociaux.

Cette année, les manifestations du mouvement "Black Lives Matter" après la mort de George Floyd, Américain noir asphyxié sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis fin mai, ont accentué le débat.

Toutefois, les restrictions mises en place à cause du nouveau coronavirus n'autorisent pas les manifestations à grande échelle.

Qui sont ses opposants?

La campagne pour l'abolition de l'acolyte à la peau noire de Saint-Nicolas est menée par le groupe "Kick Out Zwarte Piet" ("Jetez Zwarte Piet dehors", en français).

Des artistes aux origines africaines ou surinamaises dénoncent régulièrement le caractère présumé raciste du personnage, qui fait également débat à l'étranger.

La vedette de téléréalité américaine Kim Kardashian a notamment dénoncé l'an dernier sur les réseaux sociaux la tradition néerlandaise, la qualifiant d'"inquiétante".

Vers la fin de "Zwarte Piet"?

Après un débat particulièrement houleux, l'édition 2014 avait vu le début du changement pour "Zwarte Piet". Le Grand Saint avait été notamment accompagné pour la première fois de "Pierre fromage", au visage peint en jaune.

Depuis, de nombreuses écoles, les instances et les chaînes de télévisions publiques ont décidé de ne plus grimer "Zwarte Piet" de noir, voire même de l'afficher sans aucun maquillage.

Le débat a par ailleurs attiré l'attention de l'ONU, avec un comité qui s'est penché sur l'éradication du racisme en 2015 déclarant que le personnage était considéré comme un "vestige de l'esclavage" par de nombreuses personnes.

Et en 2016, la médiatrice néerlandaise aux droits de l'enfant a affirmé que "Zwarte Piet" violait la convention sur ces droits et pouvait mener au harcèlement, à l'exclusion et à la discrimination.

Des actions en justice intentées aux Pays-Bas afin de le bannir de la tradition ont jusqu'ici toujours été rejetées.

Il a la peau noire, une coiffure afro et des boucles d'oreille clinquantes. Tous les ans, "Zwarte Piet" est au centre d'un débat animé. S'il est toujours vu par certains comme un personnage essentiel du folklore néerlandais, il évoque selon ses opposants le passé colonial des Pays-Bas et véhicule des stéréotypes racistes."Zwarte Piet" est un personnage jovial qui fait rire, distribue des bonbons et emballe les cadeaux, ce qui le rend grandement apprécié par les plus jeunes.Il est omniprésent à l'occasion de défilés festifs dans les rues des villes néerlandaises lors de l'arrivée de Saint-Nicolas.Selon la tradition racontée aux enfants, le Grand Saint, vieil homme à la barbe blanche, mitre rouge et costume rouge et blanc, arrive chaque année par bateau depuis l'Espagne pour fêter son anniversaire, le 5 décembre.Ce soir-là, chez une immense partie des familles néerlandaises, les enfants déballent des cadeaux et chantent des chansons.Selon la légende, Saint-Nicolas sur son cheval et "Zwarte Piet" distribuent ces présents aux enfants en les faisant passer par la cheminée des maisons.La fête de Saint-Nicolas est une tradition remontant au XVIe siècle, avec une première apparition du "Zwarte Piet" dans les années 1850. Dans un ouvrage illustré intitulé "Saint-Nicolas et son serviteur", de Jan Schenkman, le personnage apparaît pour la première fois aux côtés du vieil homme, dans un rôle d'assistant.Dans ses pages, il porte des habits similaires à ceux d'un serviteur de la population des Maures d'Afrique du Nord. Son équivalent francophone, le père Fouettard, est historiquement associé au personnage qui punit les enfants désobéissants. Pour ses opposants, "Pierre noir", avec sa coiffure afro, sa peau noire, ses boucles d'oreille dorées et son costume médiéval criard, évoque l'époque où les Néerlandais exploitaient des esclaves, particulièrement au Suriname.Le personnage de "Zwarte Piet" cause chaque année aux Pays-Bas des manifestations animées et un débat virulent, notamment sur les réseaux sociaux.Cette année, les manifestations du mouvement "Black Lives Matter" après la mort de George Floyd, Américain noir asphyxié sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis fin mai, ont accentué le débat.Toutefois, les restrictions mises en place à cause du nouveau coronavirus n'autorisent pas les manifestations à grande échelle.La campagne pour l'abolition de l'acolyte à la peau noire de Saint-Nicolas est menée par le groupe "Kick Out Zwarte Piet" ("Jetez Zwarte Piet dehors", en français).Des artistes aux origines africaines ou surinamaises dénoncent régulièrement le caractère présumé raciste du personnage, qui fait également débat à l'étranger.La vedette de téléréalité américaine Kim Kardashian a notamment dénoncé l'an dernier sur les réseaux sociaux la tradition néerlandaise, la qualifiant d'"inquiétante".Après un débat particulièrement houleux, l'édition 2014 avait vu le début du changement pour "Zwarte Piet". Le Grand Saint avait été notamment accompagné pour la première fois de "Pierre fromage", au visage peint en jaune.Depuis, de nombreuses écoles, les instances et les chaînes de télévisions publiques ont décidé de ne plus grimer "Zwarte Piet" de noir, voire même de l'afficher sans aucun maquillage.Le débat a par ailleurs attiré l'attention de l'ONU, avec un comité qui s'est penché sur l'éradication du racisme en 2015 déclarant que le personnage était considéré comme un "vestige de l'esclavage" par de nombreuses personnes.Et en 2016, la médiatrice néerlandaise aux droits de l'enfant a affirmé que "Zwarte Piet" violait la convention sur ces droits et pouvait mener au harcèlement, à l'exclusion et à la discrimination.Des actions en justice intentées aux Pays-Bas afin de le bannir de la tradition ont jusqu'ici toujours été rejetées.