BD gay: Petite sélection de bandes-dessinées sur l’homosexualité

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Aurélie Wehrlin Journaliste

17 mai, Journée internationale contre l’homophobie. L’occasion pour une petite sélection de bandes dessinées sur l’homosexualité, au rayon nouveautés mais aussi incontournables.

Toutes les fois où je me suis dit… je suis gay !d’Eleanor Crewes, éditions Steinkis, 2021

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L’auteure remonte le fil de son histoire personnelle, en historienne de sa propre vie, jusqu’à son enfance ou déjà elle se sentait différente, pour mettre en lumière les indices de sa véritable identité intérieure, qui ne semble pas celle que la société lui a attribuée. Elle revient ainsi sur différents épisodes de la fin de son enfance et de son adolescence, son identification à un personnage de Buffy contre les vampires et ses tentatives à répétition pour révéler son homosexualité. Elle retrace son chemin vers le coming out – mais aussi vers l’âge adulte – moins révélation que signe d’un épanouissement réussi.

Hugo est gay, dans la peau d’un jeu homo, d’Hugues Barthes, La Boîte à bulles, 2021.

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De quelles ressources dispose-t-on pour s’épanouir librement quand on est un jeune homosexuel de 14 ans à la fin du 20e siècle, pour assumer son homosexualité. Par le subterfuge du voyageur du futur – un ado gay de 14 ans évoluant en 2021 – l’auteur met en lumière les avancées qui ont eu lieu sur les problématiques liées à l’homosexualité, mais aussi montré quels aspects restent problématiques pour un jeune gay, à travers le temps, l’apprentissage de sa sexualité et l’assumation de celle-ci.

Dans la nuit noire, de David Small, éditions Delcourt, 2021

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Après le bouleversant Sutures, où il revenait déjà sur une histoire familiale et le mépris d’une mère pour son propre fils, David Small poursuit son récit de jeunesse à travers le personnage de Russel Pruit, 13 ans dans l’Amérique des fifties, qui décide de suivre son père alcoolique en Californie. Il débarque dans une ville sinistre et doit lutter au quotidien contre une bande de garçons qui le persécutent ne voyant en lui qu’un pédé. Sur fond d’homosexualité et de quête d’identité sexuelle, ce roman graphique présenté comme « le portrait brutal d’une adolescence masculine qui a mal tourné », parle de la solitude adolescente, du vide que l’on peut ressentir durant ces années, mais aussi de l’empathie pour l’autre. Et des choix qu’on fait, ou pas, et que l’on regrette, ou non.

Les incontournables

Fun Home d’Alison Bechdel, traduit en français chez Denoel Graphic, 2006

L’essentiel des Gouines à suivre, 2 tomes (1987-1998) (1998-2008), d’Alison Bechdel, traduit en français aux éditions Même pas mal, 2016.

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La célèbre auteure de bd, à l’origine du test éponyme, a gagné la renommée internationale et auprès du grand public grâce à son album graphique Fun home, consacré à l’existence de son père. Elle y revient sur sa propre enfance, sa famille et la mystérieuse singularité de son paternel, dont elle ignore la nature, mais dont elle pressent qu’il n’est pas à sa place. L’homosexualité de ce dernier dissimulée dans une vie de famille qui sonne faux. A lire aussi,

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Les Gouines à Suivre, publié en français en 2016, sorte de carnet mondain de la communauté lesbienne new-yorkaise sur deux décennies.

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Journal tome 1 2, 3, 4 de Fabrice Néaud

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Publié chez Ego comme X entre 1996 et 2002, les journaux autobiographiques de Fabrice Néaud décrivent avec force de détails, son quotidien de jeune gay sur la première moitié des années 90, alors qu’il a plus ou moins 25 ans. Sur quatre tomes, le jeune auteur relate sans compromis, sans fausse pudeur, sans faux-semblants et sans tabous, sa vie au jour le jour, en tant qu’homosexuel, artiste au chômage, évoluant dans une ville française de province. Une oeuvre importante pour le genre autobiographique en bande dessinée. Et qui rend de manière très crue et directe ce quotidien en marge.

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