Je pense être tombée dans la marmite de l'événementiel toute petite. D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours adoré imaginer des chasses au trésor pour mes copains, et à l'université, j'étais celle qu'on venait trouver quand on voulait organiser une surprise pour une amie ou un amoureux. Mettre de la magie dans la vie des gens, voir leurs yeux pétiller, ça me galvanise. C'est terriblement gratifiant.
...

Je pense être tombée dans la marmite de l'événementiel toute petite. D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours adoré imaginer des chasses au trésor pour mes copains, et à l'université, j'étais celle qu'on venait trouver quand on voulait organiser une surprise pour une amie ou un amoureux. Mettre de la magie dans la vie des gens, voir leurs yeux pétiller, ça me galvanise. C'est terriblement gratifiant. On ne peut pas changer le passé, et je ne regrette rien... Plus jeune, l'organisation d'événements m'attirait mais j'étais persuadée que je devais faire des "études sérieuses" et planifier une "vraie carrière". Je me suis donc inscrite en droit à Namur. Je suis immédiatement devenue déléguée d'événements du cercle de la faculté. La preuve sans doute que j'étais faite pour ça. Aujourd'hui, j'avoue avoir tout oublié de ces études et devoir faire appel à des copines avocates pour rédiger mes conditions générales de vente...Les réseaux sociaux amènent une forme d'uniformisation des cérémonies. C'est une des dérives de ces platesformes: avec le partage des images de mariage, tous les couples souhaitent la même chose. En tant que professionnels, notre rôle est de proposer des alternatives pour ne pas faire du copier-coller à chaque cérémonie. On ne peut pas réinventer la roue à chaque fois, mais il est important de ne pas toujours faire la même chose. Pour les couples qui font appel à nous bien sûr, mais aussi pour préserver notre créativité.La pandémie a eu un impact incroyable sur le secteur. Sur 35 mariages planifiés la première année, je n'ai pu en réaliser que six. Ceux qui travaillent dans l'événementiel et qui ont réussi à s'en tirer sont ceux qui avaient les reins suffisamment solides, mais aussi et surtout qui ont su se réinventer. Personnellement, j'ai commencé à proposer des arrangements floraux, par exemple. Quand on bosse dans le domaine, on doit pouvoir rebondir, et trouver des solutions. Quand il se met à pleuvoir lors d'un événement, hors de question de dire "tant pis". Il faut avoir la capacité de sortir des sentiers battus. On est dans une situation très compliquée et il n'y a pas de solution miracle. Ce n'est pas surprenant que le Covid Safe Ticket divise. D'un côté, c'est compréhensible qu'à un moment, pour relancer les rassemblements à grande échelle, on doit être vacciné, ou se faire tester. Mais de l'autre, c'est clair qu'en termes de libertés individuelles, ce principe de pass pose question. Ce que je pense, c'est que le gouvernement est comme nous, il marche sur des oeufs et tente d'avancer en fonction de chiffres qui sont en constante évolution. J'ai plus que jamais besoin d'aller puiser dans mes réserves de magie. Il y a peu, j'ai perdu ma maman. Les discours des mères de mariées sont désormais des moments délicats durant lesquels je me demande si je ne vais pas m'effondrer. Envisager ce premier Noël sans elle est très compliqué. Mais elle adorait tout célébrer en grande pompe - les chiens ne font pas les chats - et je me suis promis de reprendre le flambeau. L'organisation d'événements est tout sauf un métier superficiel. On s'invite dans l'intimité des gens, on les accompagne dans des moments charnières de leur vie. Je sais que dix ans après leur mariage, les couples se souviendront de leur première danse, mais aussi de ce moment d'émotion puissant auquel j'aurai contribué. C'est une idée qui me nourrit. Je suis une indécrottable romantique et je suis persuadée que ça rend la vie plus belle.