En U.L.M. au-dessus des chutes Victoria (Zambie)

Mighty Zambezi © BatokaSky

Ce sont les chutes les plus mythiques de toute l'Afrique et peut-être du monde, avec celles du Niagara et de l'Iguaçu. Imaginez une faille de près de 2 kilomètres de longueur sur plus de 100 mètres de hauteur, marquant la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie, à la limite de l'Afrique australe. C'est dans ce trou du diable que s'engouffre le fleuve Zambèze, sous un nuage permanent d'eau en suspension visible à des kilomètres à la ronde et un fracas d'enfer qui empêche toute conversation. Les chutes Victoria portent bien leur surnom local de "fumée qui gronde". Quel meilleur point de vue pour en apprécier le gigantisme que celui des airs ? A quelques kilomètres du gouffre, côté zambien, on peut s'initier au vol en U.L.M. jusqu'à l'aplomb des chutes. En duo derrière le pilote, les jambes dans le vide et le coeur bien accroché, on suit pendant quelques kilomètres les méandres du fleuve où s'ébattent hippos, crocos et éléphants avant d'atteindre la cascade géante. Amateurs de sensations fortes, croyez-nous, c'est l'expérience ultime ! On tourne pendant un bon quart d'heure au-dessus des chutes pour en saisir toute la puissance avant de rebrousser chemin pour s'attarder le long du fleuve et des îlots qui accueillent une faune abondante. Invisible depuis la terre mais pas depuis l'azur, surtout quand le pilote s'amuse à les survoler en rase-mottes. Une façon de clôturer en beauté un safari dans la région, y compris au Botswana voisin.

Vols de 15 ou de 30 minutes proposés par Batoka Sky au départ de Livingstone (Zambie), 180 ou 360 euros/personne.

www.seasonsinafrica.com

En ballon dans le ciel de Bagan (Birmanie)

© PHILIPPE BERKENBAUM

En Birmanie, la plaine aux 2 000 pagodes s'étend sur une quarantaine de kilomètres carrés au bord du fleuve Irrawaddy, qui irrigue tout le pays. Nul ne sait combien de temples et de stupas furent construits à Bagan il y a mille ans, quand l'antique cité des rois jouissait du statut de capitale du royaume. Celles qui restent constellent le paysage à perte de vue, pointant fièrement leurs flèches vers un ciel dont la couleur passe par toutes les teintes au fil de la journée. A l'aube ou au crépuscule, lorsque dominent le rouge et l'or qui donnent aux pagodes émergeant de la brume une allure presque spectrale, on peut prendre de la hauteur pour mieux appréhender l'éternité de ce sanctuaire unique au monde. Deux compagnies proposent, six mois par an, entre octobre et avril, un survol de Bagan en montgolfière au lever et au coucher du soleil. On glisse paisiblement pendant près d'une heure sur des siècles d'histoire et de culture bouddhiste en s'offrant un regard sur l'une des merveilles de l'Asie, en passe d'être protégée par l'Unesco depuis que le pays s'est converti à la démocratie. Côté sensations, la sérénité domine l'adrénaline, d'autant que dans cette plaine historique cernée de montagnes, les vents restent modérés la plus grande partie de l'année. Douceur garantie au décollage comme à l'atterrissage.

Environ 320 euros/personne avec www.orientalballooning.com ou balloonsoverbagan.com

En hélico sur les glaciers de Nouvelle-Zélande

© Smarttourism NZ

Si vous envisagez un voyage en Nouvelle-Zélande (on vous en parle longuement d'ici deux semaines dans votre Vif Weekend), c'est là qu'il faut tenter l'aventure. Avec trois spots majeurs en ligne de mire : les glaciers, les volcans et les fjords, voire une combinaison des trois. Côté glaciers, deux se révèlent plus grandioses que les autres, notamment parce qu'ils sont ceux dont le front s'approche le plus près du niveau de la mer - moins de 150 mètres - sur la planète. Ils s'appellent Fox et Franz Josef, et ils charrient leurs millions de mètres cubes de glace sur des kilomètres. Selon votre budget, l'hélico vous emmène en survoler un, les deux, voire le mont Cook - point culminant de l'île - en prime. Mais le must consiste à se poser sur le glacier pour une rando de 2 h 30 entre les crevasses avec crampons, piolets et cordée de rigueur. D'autres glaciers sont accessibles à l'intérieur de l'île, notamment sur le mont Aspiring dans la chaîne des Alpes du Sud - bien connue des fans du Seigneur des Anneaux. Côté volcans, on choisira le mont Tarawera, qui a causé l'éruption la plus meurtrière de l'histoire du pays à la fin du XIXe siècle, ou le spectaculaire cratère du White Island, dans la célèbre Bay of Plenty à l'ouest de l'île du Nord. Pile sur la ceinture de feu du Pacifique, celui-là crache encore régulièrement sa fumée...

Plusieurs offres via Antipodes Voyages. www.antipodes.travel

Vol scénique de 20 minutes à partir de 250 euros/personne, "helihike" à partir de 360 euros.

Voir aussi www.aspiringhelicopters.co.nz

En chute libre à l'aplomb de Courchevel (France)

© Air Mauss

Pas besoin de traverser le globe pour les frissons : nos Alpes à nous ont aussi du répondant. Forte de son altiport déneigé toute l'année, la station savoyarde de Courchevel se targue d'offrir la plus large palette de possibilités pour un baptême de l'air au-dessus des sommets enneigés - de la balade en avion au survol en montgolfière, en passant par l'initiation au parapente. Pour faire le plein d'adrénaline, on optera pour le saut en parachute en duo avec 45 secondes de chute libre avant l'ouverture de la toile, pour planer ensuite pendant près de 5 minutes jusqu'à l'atterrissage au coeur du stade de slalom de la station huppée. On peut sauter d'un avion, c'est la formule classique. Mais on peut aussi tenter l'expérience depuis un hélicoptère en vol stationnaire à 5 100 mètres d'altitude. Un must. "On grimpe pendant 15-20 minutes, puis on s'harnache au moniteur pendant que l'hélico se place dans l'axe de largage, explique Bernard Maussire, fondateur de la petite compagnie Air Mauss, spécialisée dans cette discipline. Puis c'est le grand saut, sur environ 2 000 mètres. On atteint très vite 200 km/h avant l'ouverture, environ 1 500 mètres au-dessus de la zone d'atterrissage." A l'arrivée, la banane est garantie. Pourvu que la météo soit de la partie.

De décembre à mi-avril, à partir de 15 ans. 400 euros pour le saut d'un avion, 1 200 euros depuis l'hélico.

www.air-mauss.com

En hydravion dans la baie de Vancouver (Canada)

© PHILIPPE BERKENBAUM

Dans les régions reculées du Canada (dont on vous détaille également les splendeurs d'ici deux semaines), l'hydravion est aussi commun que l'autocar chez nous. En Colombie britannique, immense province posée sur la côte pacifique du pays et constellée comme toutes les autres de lacs et de rivières, les monomoteurs à hélice reposant sur deux flotteurs relient les villages et les fermes isolées aux grandes villes comme Vancouver. Pour apprécier les sensations très particulières d'un amerrissage, des vols panoramiques permettent de découvrir la ville, sa baie et ses superbes montagnes environnantes au départ du port. Et pour pimenter l'aventure, n'hésitez pas à rallier Victoria, la capitale de la province située sur Vancouver Island, la célèbre "île aux ours" séparée de la côte par un chenal ponctué d'îlots souvent noyés dans la brume. Certains accueillent les somptueuses secondes résidences de riches autochtones. Spectacle à la hauteur. Et le retour peut s'effectuer en ferry si vous y passez la journée. Avec de grandes chances d'apercevoir des baleines ou des orques...

La compagnie Harbour Air Seaplanes propose des excursions en hydravion au départ de Vancouver. Vol panoramique à partir de 60 euros, excursion à Victoria à partir de 185 euros.

www.harbourair.com/tours/vancouver