"Je voyage toujours avec une petite boîte d'aquarelles et de gouache pour enfant. Parce que je n'ai pas envie de prendre beaucoup de matériel avec moi ni d'étaler mes passions devant les autres ou les mettre en retard, surtout dans ce genre de voyage où tout était assez minuté. C'est l'Egypte, où j'ai déjà été plusieurs fois. Ce pays me prend très fort - on y est immergé très vite, on y sent ses racines, on a l'impression qu'on va voir Moïse surgir, au bord du Nil. Tout y est pictural. Et il y a 150 façons de peindre le même paysage, parce que la lumière change, il y a de la brume, du soleil, on passe des violets au rose. J'étais sur un bateau qui n'avançait pas, c'était merveilleux, cela me permettait de dessiner à la plume un peu rapide, qui glisse bien. Quand j'arrivais au bout, le paysage avait changé, je m'apercevais que j'avais dessiné des gens qui me faisaient signe, un petit village, un arbre. Je n'ai rien inventé, j'ai senti, c'est presque de la peinture automatique. C'est personnel, intime, je ne fais pas cela pour le montrer, j'ai une armoire entière de carnets de voyage. C'est une merveilleuse façon de partir à la découverte: on n'oublie rien quand on peint...

"Je voyage toujours avec une petite boîte d'aquarelles et de gouache pour enfant. Parce que je n'ai pas envie de prendre beaucoup de matériel avec moi ni d'étaler mes passions devant les autres ou les mettre en retard, surtout dans ce genre de voyage où tout était assez minuté. C'est l'Egypte, où j'ai déjà été plusieurs fois. Ce pays me prend très fort - on y est immergé très vite, on y sent ses racines, on a l'impression qu'on va voir Moïse surgir, au bord du Nil. Tout y est pictural. Et il y a 150 façons de peindre le même paysage, parce que la lumière change, il y a de la brume, du soleil, on passe des violets au rose. J'étais sur un bateau qui n'avançait pas, c'était merveilleux, cela me permettait de dessiner à la plume un peu rapide, qui glisse bien. Quand j'arrivais au bout, le paysage avait changé, je m'apercevais que j'avais dessiné des gens qui me faisaient signe, un petit village, un arbre. Je n'ai rien inventé, j'ai senti, c'est presque de la peinture automatique. C'est personnel, intime, je ne fais pas cela pour le montrer, j'ai une armoire entière de carnets de voyage. C'est une merveilleuse façon de partir à la découverte: on n'oublie rien quand on peint." "Quelques jours à la mer. Les cheveux de mon fils, agités par le vent. Ses petits gestes prudents et libres, attentifs et joyeux. Malgré l'apparente insouciance, je le sens d'une concentration qui le happe tout entier: mélanger les grains de sable à l'eau salée, y plonger les doigts, les pieds, sélectionner les petites pierres qui finiront propulsées maladroitement. Quelque part. Sans doute à une distance qui le satisfait, avec l'effet qu'il attendait. L'observer, lui, si absorbé, et me sentir, moi, si heureuse de le voir expérimenter toutes ces sensations en silence - juste le bruit des mouettes et des vagues - me font oublier le temps, me font m'oublier moi, me font fusionner à l'instant magique, cet instant où tout est vie, où tout est là, fragile et précieux. C'est doux. C'était à la Côte d'Opale, en septembre 2020." "C'est un collage fait de tissus et de doublures qui résume ma découverte du kimono. Je voyageais au Japon, à moitié pour le plaisir, à moitié pour le travail. Je voulais y faire des recherches sur le kimono, c'était la première fois que j'y allais, c'était en 2018. J'avais l'impression d'être sur un petit nuage parce que j'étais enceinte, que c'était le printemps, qu'il y avait le décalage horaire et ce choc de culture, ce raffinement, la beauté de la nature et de l'architecture. A Kyoto, j'ai assisté à une cérémonie avec des geishas - dans ce collage j'ai surtout voulu réinterpréter les couleurs de leur vêtement, je garde aussi le souvenir du mouvement. Après ce voyage, tout a changé, c'est un peu l'avant et l'après de mon travail, je suis devenue maman et j'ai commencé à créer une collection pour enfants, à partir de kimonos que je découds à la main, et de ces oeuvres d'art, je fais de petites vestes uniques. Je l'ai appelée Aiko, ce qui signifie "enfant de l'amour"." "Il s'agit d'une carte postale, tirée d'une série de dessins que j'ai réalisés en 2014, à partir d'images du mont Saint Helens, un volcan dans l'Etat de Washington, aux Etats-Unis. Ce cratère m'a fascinée, on sent instinctivement que quelque chose ne tourne pas rond dans les montagnes. Suite à ces croquis, j'ai eu envie de faire le voyage là-bas. C'est comme une sorte de souvenir de vacances à l'envers, je me suis retrouvée soudain au milieu d'un de mes propres dessins. C'était assez étrange de regarder un paysage d'une manière si différente, mais étonnamment reconnaissable, comme si j'avais déjà été là auparavant." "C'est la vue de ma chambre quand je suis à Marseille, chez des amis que je retrouve là-bas depuis plus de trente ans. Mes dernières vacances remontent à il y a longtemps, c'était en 2018. J'aime Marseille car c'est une grande ville mais au soleil. J'aime la Provence et cette manière de vivre. J'aime cet endroit perdu, loin de tout, près d'un lieu qui s'appelle Le bout du monde, au bord d'une calanque. C'est le matin, très tôt, vers 4 ou 5 heures. Je me dis que je vais me permettre de ne pas travailler tout de suite. Je prends ce qui me tombe sous la main, un papier, un crayon, des feutres, des aquarelles. Et je dessine et je peins. Souvent, on ne voit presque rien, deux ou trois touches de couleurs... Capturer l'instant, capturer les couleurs, capturer la lumière, c'est ce qui me plaît. Et je ne le fais que quand je suis au calme. Ce sont des souvenirs pour moi, des souvenirs de moments agréables. Quand j'ai pu m'évader." "Nos vacances de 2014 en Suède ont été l'un de nos premiers voyages lointains avec nos enfants. Nous avons notamment visité le parc national de Norra Kvill, une forêt qui n'a pas été touchée depuis 150 ans. Il est jonché d'arbres tombés, de gros rochers et de tapis de mousse à perte de vue. Les promenades dans cette forêt de conte de fées sont vraiment à l'échelle d'un enfant. Nos garçons n'avaient que 8 et 6 ans à l'époque et 5 kilomètres de montée et de descente leur suffisaient.... Au début du voyage, j'ai acheté un vieux livre suédois dans un magasin local avec l'intention d'y documenter notre voyage. Je n'ai réussi qu'en partie, mais j'y ai réalisé des dessins. Elle reste l'une des plus belles forêts que j'aie jamais vues..." "C'est le souvenir d'une journée dans la calanque de Marseilleveyre, à Marseille. Il faisait chaud et il y avait beaucoup de monde; des gens avaient trouvé place sur les rochers pour bronzer et plonger directement dans l'eau. Le petit cabanon faisant office de buvette était fermé, mais heureusement nous avions apporté de quoi boire et manger! Nous étions venus en bus et puis nous avions marché. J'appréciais le fait d'être dans la nature et pourtant si près de la ville. Je ne le savais pas encore mais j'allais bientôt décider de déménager pour m'installer là, dans cette ville, et cette image en est une des raisons."