Lorsqu'en 1257, Boleslas v le Pudique, prince de Cracovie, signe l'acte de fondation de la ville, des rues et des places sont tracées en intégrant avec bonheur les bâtiments déjà existants. Le prince voyait grand, notamment lorsqu'il imagina le Rynek, la place du Marché : plus de 200 mètres de largeur, la plus imposante d'Europe à l'époque. Une agora qui, lorsqu'on la découvre, dégage beaucoup d'harmonie, malgré la disposition décentrée de certains bâtiments préexistants, comme l'église Sainte-Marie. Symbole de la ville, cette dernière recèle un magnifique et gigantesque retable gothique signé Veit Stoss. En grimpant les 239 marches de pierre et de bois de la tour, on profite d'un panorama imprenable.
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Lorsqu'en 1257, Boleslas v le Pudique, prince de Cracovie, signe l'acte de fondation de la ville, des rues et des places sont tracées en intégrant avec bonheur les bâtiments déjà existants. Le prince voyait grand, notamment lorsqu'il imagina le Rynek, la place du Marché : plus de 200 mètres de largeur, la plus imposante d'Europe à l'époque. Une agora qui, lorsqu'on la découvre, dégage beaucoup d'harmonie, malgré la disposition décentrée de certains bâtiments préexistants, comme l'église Sainte-Marie. Symbole de la ville, cette dernière recèle un magnifique et gigantesque retable gothique signé Veit Stoss. En grimpant les 239 marches de pierre et de bois de la tour, on profite d'un panorama imprenable. Au coeur de la place, le prince fit construire une double rangée de boutiques en pierre qui formait à l'époque une sorte de ruelle. S'y échangeaient avant tout les draps des Flandres et d'Angleterre. Par la suite, ce marché fut couvert d'un toit et placé dans un grand bâtiment en brique de plus de 100 mètres de longueur. Une halle aux draps (Sukiennice), la plus ancienne conservée sur le continent, qui garde encore de nos jours sa fonction de marché couvert. Un paramètre a été mal calculé : construite sur des marécages, Cracovie avait régulièrement les pieds dans la boue. Il fut donc décidé de surélever la ville, et les anciens rez-de-chaussée sont ainsi devenus des caves. Voilà pourquoi on trouve ici le plus grand nombre de sous-sols gothiques d'Europe. Aujourd'hui aménagés en cabarets, restaurants, galeries d'art ou scènes de théâtre, ils contribuent à l'ambiance toujours animée de cette importante cité étudiante. Retour sur Rynek un rien avant midi, car lorsque l'heure sonne au clocher de Sainte-Marie, une douce mélodie s'échappe de l'une des tours. Personne ne sait précisément quand elle fut créée et son auteur n'est pas connu. Il y a 800 ans, c'était un air de réveil, le signal pour ouvrir ou fermer les portes, mais surtout l'alerte en cas de danger pour la cité. A l'origine, une véritable fanfare jouait le matin et le soir sur la place, tandis que des trompettistes répondaient du haut des murs et des tours. Soudain, la musique s'arrête. L'histoire - ou la légende - raconte que lors de l'attaque des Tartares en 1241, une flèche aurait transpercé la gorge du guetteur donnant l'alarme, stoppant net la sonnerie. Depuis 1922, la mélodie (appelée " hejnal ") jouée chaque midi est retransmise à la radio nationale. La plus ancienne émission musicale radiodiffusée dans le monde ! On goûte quelques-unes des délicieuses spécialités polonaises du Wierzynek, l'un des plus anciens mais aussi l'un des meilleurs restaurants de la ville. Rynek Glowny. www.wierzynek.pl Le musée Narodowe compte parmi les incontournables de la cité. Il abrite d'immenses collections d'art du xixe à nos jours et notamment du courant Art nouveau " Jeune Pologne ". Cracovie se visite à pied (ou en véhicule électrique), quasi tout le centre étant piétonnier. On quitte Stare Miasto (la vieille ville) en traversant le Planty, gigantesque ceinture de jardins et de parcs créée après la démolition des remparts, pour rejoindre Kazimierz, le quartier juif. A l'origine, une ville jouxtant Cracovie et abritant, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la plus importante communauté juive d'Europe. A une demi-heure de route d'Auschwitz et de Birkenau, les synagogues et les cimetières amènent à la réflexion et au souvenir. Longtemps laissé à l'abandon et à la ruine, ce quartier où vécurent Roman Polanski et Helena Rubinstein se reconstruit et revit. Une atmosphère unique que l'on retrouve particulièrement autour de la place Nowy, où foisonnent bars, galeries, ateliers d'artistes, et où ont été tournées de nombreuses scènes de La liste de Schindler. Concert de musique klezmer, aux sonorités slaves et balkaniques, au Klezmer Music Venue, qui est ouvert tous les jours, sauf le lundi et le mercredi. 14, rue S?awkowska. Réservations : cracowconcerts.com/fr/musique-klezmer En plein coeur de Kazimierz, Ester propose une cuisine typiquement ashkénaze. Spielberg venait régulièrement y manger durant ses tournages. 20, ul. Szeroka. www.restauracjaester.pl Blotti dans un coude de la Vistule, le château de Wawel jouxte la cathédrale du même nom et surplombe toute la vieille ville. Construit au xvie siècle en s'inspirant de la Renaissance italienne et avec le concours d'artistes venus de la Botte, il n'est resté en usage que quelques décennies, jusqu'à ce que la capitale soit transférée à Varsovie. Durant l'occupation autrichienne, le château devient caserne et son mobilier est dispersé aux quatre vents. Celui que l'on découvre aujourd'hui n'est donc pas d'origine mais il est caractéristique de l'époque, et fut patiemment acheté et rassemblé lors de la restauration de l'édifice au début du xxe siècle. Par contre, on peut y admirer 157 des 356 tapisseries de Bruxelles issues de la collection des rois Sigismond. Soit le plus grand ensemble jamais constitué. Après de nombreuses péripéties et un séjour au Canada durant la guerre, elles ont été retournées à la Pologne en 1961. Juste à côté de la porte Saint-Florian, le musée Czartoryski fut, au xixe siècle, déménagé à Paris avant de revenir en Pologne. Outre les objets de l'Antiquité égyptienne et grecque, ne pas manquer de voir La dame à l'hermine, oeuvre émouvante de Léonard de Vinci, de même que bien d'autres merveilles (Rembrandt, Bruegel le Jeune...) 19, ul. Sw. Jana. Art est une nouvelle adresse prometteuse, à deux pas du château, qui délivre des plats traditionnels merveilleusement revisités. 15, ul. Kanonicza. Le visage le plus insolite de Cracovie, c'est sous terre qu'on le trouve, dans la mine de sel. Une seconde ville, lentement creusée durant des siècles dans le sel gemme, qu'une mer préhistorique a déposé en s'asséchant. Mais surtout une ressource qui a fait la richesse de la Pologne. On estime qu'à la fin du xive siècle, les bénéfices engrangés par ces mines représentaient 30 % des revenus de l'Etat. De l'argent qui explique la beauté des monuments, églises et bâtiments privés de la vieille ville. Des générations de mineurs ont dégagé 300 km de galeries et de salles, parfois aussi vastes que celles des plus grandes grottes, que le public peut visiter à raison de 3 km de galeries et vingt salles, situées entre 64 et 135 mètres. Le décor est stupéfiant : des chapelles sculptées dans le sel, des lacs souterrains, des pièces couvertes d'immenses charpentes et d'escaliers en bois. Des forêts entières ont été nécessaires pour étayer cette autre facette de Cracovie, véritablement unique au monde. www.minedeselwieliczka.fr Pourquoi ne pas passer une nuit à l'abbaye de Tyniec, le premier monastère polonais de l'histoire, rouvert en 1939 sous l'impulsion d'un moine belge ? Une quarantaine de bénédictins y vivent et travaillent. www.tyniec.benedyktyni.plUne visite du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau permet de comprendre et de ressentir une partie du drame qui se joua ici, l'une des pires pages de l'histoire humaine. D'Auschwitz I, quasi intact, où les objets personnels (lunettes, valises, chaussures...) regroupés par milliers donnent une idée du nombre de vies qui s'y sont achevées, à Birkenau et ses baraquements, camp d'extermination où rien n'a été modifié depuis la fuite des nazis, un pèlerinage essentiel. Alternative moins dure à la visite précédente : dans le centre de Cracovie, l'usine d'Oskar Schindler retrace un autre pan de ce terrible épisode d'histoire. Celui du sauvetage de plus de 1 200 vies par un industriel allemand, raconté dans le célèbre film de Spielberg. 41, ul. Lipowa. Retour à quelques kilomètres du centre de Cracovie, vers un tout autre monde encore : Nowa Huta. En 1949, les autorités communistes prennent la décision de créer un grand complexe métallurgique et de bâtir une ville nouvelle à quelques kilomètres de Cracovie. Nowa Huta (qui signifie " aciérie nouvelle ") devait être une carte de visite du modèle socialiste triomphant pour le monde entier. Et paradoxalement, elle devint un bastion anticommuniste. Certaines compagnies proposent de parcourir ce quartier insolite en vieille Trabant, occasion de découvrir les alignements d'immeubles staliniens mais aussi les grands parcs et boulevards qui devaient former une ville idéale. Clou du spectacle : la visite d'un appartement toujours décoré d'un mobilier des années 70 purement fonctionnel, tel qu'on devait en trouver des millions avant la chute du rideau de fer. www.crazyguides.com Un dîner 100 % polonais pour terminer le séjour chez Morskie Oko, dans une cave voûtée joliment aménagée, au son de la musique traditionnelle. 8, plac Szczepanski. www.morskieoko.krakow.pl