Soleil radieux, familles jouant au ballon sur le sable fin, couples qui flânent en mangeant une glace: en ce pont de l'Ascension et malgré un thermomètre à 17°, il règne comme un air de vacances estivales dans la station balnéaire de Binz, sur l'île de Rügen.

Comme si le virus et les semaines de confinement depuis la mi-mars n'avaient été qu'un mauvais rêve. D'ailleurs les promeneurs ne prennent guère leurs distances et, mis à part le personnel des restaurants ou les vendeurs de glace, personne ou presque ne porte de masque.

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Depuis le début de la semaine, la région du Mecklembourg-Poméranie occidentale, la moins touchée par la pandémie dans le pays, a de nouveau ouvert ses hôtels, d'abord pour ses autochtones. A partir de lundi, les touristes de toute l'Allemagne pourront en profiter.

Regina, une habitante de la ville, est soulagée de revoir du monde sur la promenade bordée de maisons blanches, face à la Baltique: "c'est agréable, on s'est senti très seul ces derniers temps à Binz", confie cette retraitée de 69 ans. "Je me sens bien, comme libérée d'être de nouveau ici!", s'exclame tout sourire Julia Holz, 34 ans venue avec son mari et leurs deux enfants pour rendre visite à la famille et profiter de la plage.

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Sentiment de sécurité

Si la moitié des Allemands aiment passer leurs vacances d'été en Europe, avec une prédilection pour l'Espagne, plus du tiers optaient déjà pour leur pays avant le nouveau coronavirus, selon les statistiques officielles. Outre Rügen et les côtes de la Baltique, la Bavière, avec ses montagnes et ses châteaux romantiques, était très courue.

Mais le phénomène s'est nettement accentué cette année, selon le voyagiste munichois FTI Group. "Les réservations des vacanciers allemands dans leur pays sont largement en tête", indique son directeur Ralph Schiller, notant une "nette tendance" à la hausse pour des séjours d'au moins une semaine comparé à l'an dernier.

Cela s'explique d'abord par les incertitudes sur un retour à la liberté de voyager.

Il y a aussi de nombreuses autres inconnues, indique à l'AFP Norbert Kunz, président de la Fédération allemande du tourisme: "quelles sont les mesures de sécurité sur place? Que se passe-t-il si une nouvelle vague d'infection de coronavirus se déclenche dans le pays de destination ou à la maison, et si elle entraîne de nouvelles restrictions sur les voyages?"

Comparé à la France ou l'Italie, l'Allemagne a plutôt bien résisté à la crise sanitaire et ses hôpitaux n'ont jamais été débordés. Ici on a un "sentiment de sécurité", résume la retraitée de Binz, qui exclut de partir à l'étranger cette année.

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Le Travel Charme Kurhaus Hotel à Binz, AFP
Le Travel Charme Kurhaus Hotel à Binz © AFP

Prime à l'Allemagne

Même si le pays s'apprête à lever ses mises en garde sur les voyages touristiques pour certains pays européens à partir de la mi-juin, rendant ainsi possibles des vacances au bord de la chaude Méditerranée, les responsables politiques ne cessent de souligner les risques. "Il ne faut pas se faire d'illusion, il n'y aura pas de retour rapide au "business as usual"", a prévenu le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas.

Après avoir ramené quelque 240.000 compatriotes à la maison ces dernières semaines, le gouvernement a averti qu'il n'y aurait pas un nouveau et coûteux rapatriement de cette ampleur en cas de deuxième vague du virus.

Markus Söder, le chef du gouvernement de Bavière, a même proposé un système de primes, via par exemple une déduction sur les impôts, pour favoriser les vacances en Allemagne, en particulier pour les familles les moins fortunées.

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Reste "le problème de capacités d'accueil des vacanciers", souligne Aage Dünhaupt, porte-parole du voyagiste TUI, évoquant des réglementations différentes en fonction des régions. En Mecklembourg-Poméranie occidentale, les hôteliers ne sont autorisés à utiliser que 60% de leur capacité, alors que dans d'autres régions, il n'y a pas de limite. "On espère que cette restriction sera levée bientôt, peut-être dès la semaine prochaine", déclare Oliver Gut, directeur régional d'une chaîne d'hôtels de charmes à Binz.

Par ailleurs, "la situation demeure très tendue" au niveau financier, explique M. Kunz de la fédération du tourisme, chiffrant à 35 milliards d'euros entre mars et mai le manque à gagner de recettes du secteur et plaidant pour un soutien de l'Etat avec des aides immédiates et des investissements.

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Soleil radieux, familles jouant au ballon sur le sable fin, couples qui flânent en mangeant une glace: en ce pont de l'Ascension et malgré un thermomètre à 17°, il règne comme un air de vacances estivales dans la station balnéaire de Binz, sur l'île de Rügen.Comme si le virus et les semaines de confinement depuis la mi-mars n'avaient été qu'un mauvais rêve. D'ailleurs les promeneurs ne prennent guère leurs distances et, mis à part le personnel des restaurants ou les vendeurs de glace, personne ou presque ne porte de masque.Depuis le début de la semaine, la région du Mecklembourg-Poméranie occidentale, la moins touchée par la pandémie dans le pays, a de nouveau ouvert ses hôtels, d'abord pour ses autochtones. A partir de lundi, les touristes de toute l'Allemagne pourront en profiter.Regina, une habitante de la ville, est soulagée de revoir du monde sur la promenade bordée de maisons blanches, face à la Baltique: "c'est agréable, on s'est senti très seul ces derniers temps à Binz", confie cette retraitée de 69 ans. "Je me sens bien, comme libérée d'être de nouveau ici!", s'exclame tout sourire Julia Holz, 34 ans venue avec son mari et leurs deux enfants pour rendre visite à la famille et profiter de la plage.Sentiment de sécuritéSi la moitié des Allemands aiment passer leurs vacances d'été en Europe, avec une prédilection pour l'Espagne, plus du tiers optaient déjà pour leur pays avant le nouveau coronavirus, selon les statistiques officielles. Outre Rügen et les côtes de la Baltique, la Bavière, avec ses montagnes et ses châteaux romantiques, était très courue.Mais le phénomène s'est nettement accentué cette année, selon le voyagiste munichois FTI Group. "Les réservations des vacanciers allemands dans leur pays sont largement en tête", indique son directeur Ralph Schiller, notant une "nette tendance" à la hausse pour des séjours d'au moins une semaine comparé à l'an dernier.Cela s'explique d'abord par les incertitudes sur un retour à la liberté de voyager.Il y a aussi de nombreuses autres inconnues, indique à l'AFP Norbert Kunz, président de la Fédération allemande du tourisme: "quelles sont les mesures de sécurité sur place? Que se passe-t-il si une nouvelle vague d'infection de coronavirus se déclenche dans le pays de destination ou à la maison, et si elle entraîne de nouvelles restrictions sur les voyages?"Comparé à la France ou l'Italie, l'Allemagne a plutôt bien résisté à la crise sanitaire et ses hôpitaux n'ont jamais été débordés. Ici on a un "sentiment de sécurité", résume la retraitée de Binz, qui exclut de partir à l'étranger cette année.Prime à l'AllemagneMême si le pays s'apprête à lever ses mises en garde sur les voyages touristiques pour certains pays européens à partir de la mi-juin, rendant ainsi possibles des vacances au bord de la chaude Méditerranée, les responsables politiques ne cessent de souligner les risques. "Il ne faut pas se faire d'illusion, il n'y aura pas de retour rapide au "business as usual"", a prévenu le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas.Après avoir ramené quelque 240.000 compatriotes à la maison ces dernières semaines, le gouvernement a averti qu'il n'y aurait pas un nouveau et coûteux rapatriement de cette ampleur en cas de deuxième vague du virus.Markus Söder, le chef du gouvernement de Bavière, a même proposé un système de primes, via par exemple une déduction sur les impôts, pour favoriser les vacances en Allemagne, en particulier pour les familles les moins fortunées.Reste "le problème de capacités d'accueil des vacanciers", souligne Aage Dünhaupt, porte-parole du voyagiste TUI, évoquant des réglementations différentes en fonction des régions. En Mecklembourg-Poméranie occidentale, les hôteliers ne sont autorisés à utiliser que 60% de leur capacité, alors que dans d'autres régions, il n'y a pas de limite. "On espère que cette restriction sera levée bientôt, peut-être dès la semaine prochaine", déclare Oliver Gut, directeur régional d'une chaîne d'hôtels de charmes à Binz.Par ailleurs, "la situation demeure très tendue" au niveau financier, explique M. Kunz de la fédération du tourisme, chiffrant à 35 milliards d'euros entre mars et mai le manque à gagner de recettes du secteur et plaidant pour un soutien de l'Etat avec des aides immédiates et des investissements.