Pour vous, chers lecteurs, je ne recule devant aucun sacrifice, comme peuvent en témoigner trois poules, deux chèvres, une vierge et une divinité mineure du mésolithique. Cette semaine, laissez-moi vous dire que je me suis surpassée puisque j'ai carrément remonté le temps. En compagnie de l'héritier (Raphaël, 7 ans), je suis allée au Préhistomuseum de Flémalle où nous attendait une grande question : " Etes-vous plus fort qu'un homme préhistorique ? " Clairement, dans notre cas, la réponse est non.

© FLORENCE MENDEZ

C'était malgré tout une journée magique. Nous avons commencé par tailler des silex, en bons homo sapiens que nous sommes. Ou en tout cas que nous étions, parce que vu la tournure que prennent les choses, on sera bientôt de retour dans la flotte. Quoi qu'il en soit, nous avons tenté de fabriquer des outils, en faisant voler en éclats un silex, à l'aide d'un énorme galet bien plus solide. Nous avons ensuite essayé de lui donner une forme de pointe et, puisque nous avons lamentablement échoué, nous avons emprunté le perçoir en pierre fait par notre guide pour trouer morceaux de bois et coquillages afin de nous constituer une magnifique pendeloque, autrement dit un collier. Est venu alors le moment de faire du feu, le feu dont on doit bien sûr la découverte à Jean-Jacques Cro-Magnon et son ami Pipo. Hum. A l'aide d'un silex, toujours, d'une pierre contenant du fer et d'un champignon réduit en poudre (l'amadou), nous avons produit des braises, que nous avons emballées dans du foin sur lequel nous avons soufflé, soufflé, soufflé, jusqu'à ce que... nous arrêtions de souffler, épuisés, sans être parvenus à produire la moindre flamme, contrairement au groupe d'à côté.

© FLORENCE MENDEZ

Il ne nous restait donc plus qu'à manger crue la viande que nous allions rapporter de la chasse... car oui, nous sommes partis à la chasse. L'on nous a confié un arc et de vraies flèches (c'est également possible de le faire avec une sagaie), et nous nous sommes rendus dans les bois où un parcours était tracé. De grosses statues représentant divers animaux (renard, cheval, cerf, bison...) nous servaient de cible, ce qui rendait l'exercice encore plus réaliste. A l'issue de notre partie de chasse, nous avons décrété que finalement, les baies, c'était pas si mal, au moins ça se laisse cueillir sans rouspéter. Je vous invite (façon de parler, faudra payer vos places vous-mêmes) à visiter cette exposition. Elle se prolonge jusque fin juin prochain, vous pouvez même attendre le retour des beaux jours. Embarquez vos mouflets dans l'aventure, surtout s'ils sont infernaux... Ne soyez pas si pessimistes, voyons, une flèche perdue, ça n'arrive pas qu'aux autres.

Cro-Magnon Prehistoric Challenge, www.prehisto.museum