Envie de l'air pur des montagnes et de son beau manteau blanc ? Rien n'indique qu'il sera possible de skier cette année dans des conditions normales. Cela n'a pas empêché de nombreux Belges de réserver leurs vacances au ski. "Les vacances au ski sont celles qui se portent le mieux, car on peut s'y rendre en voitures et revenir facilement. Elles représentent maintenant environ 40 % de l'ensemble des vacances d'hiver réservées pour la saison 2020/2021", assure la porte-parole de TUI Sarah Saucin. "Un Belge sur deux choisit la France, l'Autriche vient en seconde position puis la Suisse".
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Envie de l'air pur des montagnes et de son beau manteau blanc ? Rien n'indique qu'il sera possible de skier cette année dans des conditions normales. Cela n'a pas empêché de nombreux Belges de réserver leurs vacances au ski. "Les vacances au ski sont celles qui se portent le mieux, car on peut s'y rendre en voitures et revenir facilement. Elles représentent maintenant environ 40 % de l'ensemble des vacances d'hiver réservées pour la saison 2020/2021", assure la porte-parole de TUI Sarah Saucin. "Un Belge sur deux choisit la France, l'Autriche vient en seconde position puis la Suisse".De quoi réjouir les stations de ski. La montagne avait déjà tiré son épingle du jeu cet été avec 62 % de taux d'occupation des hébergements cet été (de fin juin à fin août) et même un pic à la fin août avec 72 % et même 80 % de réservations pour la dernière quinzaine, tous massifs confondus", précise Joël Retailleau, directeur général de l'ANMSM dans La Meuse.A l'heure d'écrire ces lignes, la situation reste néanmoins toujours incertaine bien que certaines stations ont déjà annoncé leur protocole sanitaire pour rassurer et attirer les clients. Ainsi il sera possible de choisir des dates plus mobiles pour les arrivées et départs. En évitant le chasser-croiser du samedi, ils espèrent ainsi éviter les embouteillages sur les routes. La station des Ménuires, l'une des plus grosses de France, propose des séjours du dimanche au dimanche, mais aussi à la carte.Les stations de ski ont aussi mis en place toute une série de mesures offrant des garanties aux clients en cas d'annulation. Par exemple l'annulation sans frais des forfaits jusqu'à J-1 de l'utilisation en fonction de la situation sanitaire au moment de votre séjour. Et comme le rappelle Test Achats "en cas de passage en zone rouge, et donc d'annulation contrainte, vous avez légalement la possibilité de le faire sans frais pour cause de cas de force majeur. Mais l'invocation de la cause majeure peut faire l'objet de négociation."Les différentes stations de ski ont anticipé les éventuelles mesures de sécurité. La fréquentation des domaines ne devrait pas forcément être limitée, mais le port du masque sera obligatoire dans les lieux clos, tels que les remontées mécaniques, les commerces, ou dans les navettes mais aussi les restaurants d'altitude. La majorité des stations comptent également adapter les remontées mécaniques, pour proposer une distanciation sociale. Seul bémol, cela risque de causer de longues files d'attente en cas de forte affluence.On s'attend au même genre de mesure en Suisse et la France planche en ce moment sur un plan général qui devrait être annoncé dans le courant du mois d'octobre.Si tâter de la poudreuse ne semble pas, encore, compromis, il semble de plus en plus certain que l'on doit oublier l'après-ski. La plupart s'agglutinent à l'intérieur et on y croise des gens qui viennent partout d'Europe, voire de plus loin. Ainsi l'Autriche l'a déjà interdit les après-ski. Dans les restaurants, il n'est permis de manger et de boire qu'à table. En outre, les cafés et restaurants de certaines régions doivent fermer leurs portes dès 22 heures. "Les écoles de ski peuvent avoir un maximum de 10 élèves par groupe", a encore précisé la ministre du Tourisme, Elisabeth Köstinger.L'Autriche a pris ces mesures après les vives critiques de ce printemps. Au Tyrol, des centaines, voire des milliers de skieurs ont été infectés par le virus corona, en particulier dans un certain nombre de bars d'après-ski. Par exemple, à Ischgl, l'Ibiza des Alpes, un barman a infecté un grand groupe de skieurs. Les skieurs ont ensuite ramené le virus chez eux. Aussi en Belgique. Près de cinq mille skieurs de différents pays ont encore une plainte collective contre le "comportement irresponsable" du gouvernement autrichien.On notera également que dans le canton suisse des Grisons, un premier domaine skiable a déjà décidé de ne pas ouvrir l'hiver prochain. La zone de Fideriser Heuberge n'est rentable qu'avec un taux d'occupation très élevé. La direction craint également pour la sécurité du personnel et des invités.M. Van Ranst souligne que les personnes de retour des stations de ski ont contribué à la première vague. Et que les retours de l'été ont été pire encore. "Dix à vingt fois plus de compatriotes sont revenus des régions où nous savions que le virus circulait. Aujourd'hui encore, les gens se rendent en Espagne de leur plein gré, souvent sans être mis en quarantaine à leur retour" s'indigne Van Ranst. Il estime que les conseils aux voyageurs qui s'appliquent désormais aux zones rouges à l'étranger sont trop peu contraignants. Il n'est plus interdit de se rendre dans ces zones, mais "fortement déconseillé". Pour lui ce n'est pas suffisant. "Comment les gens interprètent cela ? Il n'y aura pas beaucoup de monde et il y aura beaucoup d'espace sur la plage. Notre politique à l'égard des personnes qui reviennent de l'étranger est trop laxiste. On ne prend même pas leur température. Je pense que cet été une nouvelle infection sur trois était le fait à des personnes qui revenait au pays." Si partir dans certaines régions relevait d'un égoïsme crasse, il n'est même pas dit que vous serrez le bienvenu dans d'autres. "En effet pour beaucoup de pays, les Belges ne sont pas les bienvenus. Ainsi en Allemagne, certains Belges ont vu leur réservation purement et simplement annulée par téléphone" dit Het Laatste Nieuws. Steven Van Gucht, déconseille aussi les longs voyages en bus ou vous risquez d'infecter tout le monde si l'un des passagers a contracté le virus".Pour, le biostaticien Geert Molenberghs le plus simple est de rester en Belgique. "Si nous faisons preuve d'une discipline de fer - ce dont je doute - nous pourrions nous retrouver à un faible niveau de contamination au début de 2021, et nous pourrions être en mesure de voyager. Tous ceux qui veulent se détendre dans les prochains mois feraient bien de soutenir l'économie belge. Prévoyez un voyage dans votre propre pays, où les contacts étroits en dehors de votre bulle sont strictement limités". Évidemment, en suivant ce conseil, il y a peu de chances de descendre tout schuss dans la poudreuse.