Après Paris et Cannes, l'homme d'affaires franco-belge Eric Cleton a ouvert le Juliana bruxellois. Derrière la façade classée, il a imaginé 43 chambres et suites, un restaurant et un spa donnant à voir son goût pour l'art.
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Après Paris et Cannes, l'homme d'affaires franco-belge Eric Cleton a ouvert le Juliana bruxellois. Derrière la façade classée, il a imaginé 43 chambres et suites, un restaurant et un spa donnant à voir son goût pour l'art. "J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir transformer en hôtel cet immeuble spectaculaire de la place des Martyrs. Sa façade est classée mais j'ai pu faire ce que je voulais à l'intérieur, où il n'y avait plus rien que des pigeons: une piscine en sous-sol, un escalier décoré de mosaïques pour accéder aux étages... Je n'avais pas de plan, pas de croquis, pas d'architecte, je suis parti d'une feuille blanche et j'y ai mis mon âme, mes voyages, mes découvertes, mes coups de coeur, des oeuvres issues de ma collection qui y ont bizarrement trouvé leur place, des antiquités et objets d'art parfois choisis avec l'aide du curateur d'art contemporain Eugenio Manzoni.Pendant deux ans, l'hôtel s'est construit au jour le jour. J'ai cassé, refait, déplacé, enlevé une chambre pour installer une salle de bains, une autre pour placer une cuisine... Un bel hôtel est un compromis entre beaucoup de paramètres: le service, la décoration, l'emplacement... S'il manque quelque chose, la clientèle vous fuit. Si tout cela fonctionne, c'est que j'ai été chanceux car j'aurais pu faire un loupé complet! Après Paris et Cannes, j'ai choisi Bruxelles parce que j'y vis! Français d'origine, je suis très fier d'avoir obtenu la nationalité belge car j'ai toujours aimé ce pays et ses villes, j'y suis venu très souvent - et cela n'a rien à voir avec l'impôt sur la fortune, j'ai demandé la nationalité après sa suppression! Quand on m'a proposé le bâtiment assorti d'un permis hôtelier et que j'ai découvert la place des Martyrs et son histoire, je n'ai pas hésité, c'est une opportunité unique dans une vie de pouvoir réaliser un tel projet. On m'a dit qu'elle était mal fréquentée, que c'était un coupe-gorge la nuit mais j'ai eu raison d'y croire: la situation s'est grandement améliorée dans le centre-ville ces dernières années. Il y a une vraie volonté des autorités de faire découvrir Bruxelles aux Belges et aux étrangers, je suis très heureux du soutien dont ce projet bénéficie de la part de la Ville. L'hôtellerie de luxe à Bruxelles est un marché compliqué mais je pense qu'il y a de la place pour un établissement à taille humaine de moins de 50 chambres, un peu raffiné, exclusif, un boutique-hôtel de luxe qui devrait au fil du temps trouver son public et fidéliser une clientèle soucieuse de partager son âme. Issue notamment du monde des arts et de la culture ou de passage à Bruxelles pour les grands sommets européens et internationaux. C'est un challenge, j'ai pris un risque mais il est calculé: je suis propriétaire de ce bâtiment situé en plein centre-ville et je vois bien qu'il plaît dans le regard des gens. Je suis peut-être à contre-courant mais je pense que le temps me donnera raison. D'ailleurs, il n'y a que les poissons morts qui suivent le courant!"