Le bureau et le domicile du procureur de la République à Nice, Jean-Michel Prêtre, ont été perquisitionnés dans le cadre d'une enquête sur la succession de l'hôtel Negresco, palace niçois sous administration judiciaire depuis 2013, a indiqué jeudi Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Interrogé par l'AFP, M. Prêtre n'a pas démenti l'information, renvoyant vers le parquet national financier, qui s'est de son côté contenté de déclarer que "des actes (avaient) été menés dans le cadre d'une information judiciaire ouverte contre X".

Les enquêteurs cherchent à savoir si M. Prêtre aurait pu, en saisissant le tribunal de commerce en 2017, avoir outrepassé ses pouvoirs voire favorisé un candidat repreneur, selon Le Parisien.

L'hôtel, un cinq étoiles de 124 chambres et suites abritées dans un bâtiment Belle Epoque emblématique de la Promenade des Anglais, est géré par une administratrice judiciaire, Me Nathalie Thomas, depuis 2013 et le placement sous tutelle de la propriétaire Jeanne Augier.

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C'est le procureur de Nice lui-même qui avait encouragé la sauvegarde de l'établissement quand la justice a commencé à soupçonner des manoeuvres autour de Mme Augier pour capter l'hôtel. Un administrateur, Pierre Couette, trentenaire et spécialiste d'histoire de l'art, est mis en examen dans ce dossier pour abus de faiblesse.

Quatre ans plus tard, estimant que ce n'était pas le rôle d'une administratrice judiciaire de gérer éternellement un hôtel de ce gabarit, le procureur avait saisi le tribunal de commerce pour décider de la suite. Une intervention vécue comme une pré-vente déguisée par la direction et les salariés.

"Mon boulot c'est l'intérêt général, et que le Negresco continue à Nice, qu'il puisse se développer et devienne enfin peut-être un jour un vrai palace, car il n'en a que l'appellation commune mais pas le titre", s'était alors défendu le procureur.

Revenu à une situation confortablement bénéficiaire alors qu'il tournait à perte il y a sept ans, selon la direction, le Negresco est le dernier palace familial de l'Hexagone resté français. En raison de sa renommée, il pourrait valoir entre 300 millions et 400 millions d'euros, selon une estimation de 2016, sans compter le mobilier et les oeuvres d'art.