Altiplano - L'âme du peuple inca

Sur l'altiplano, un gigantesque plateau qui flirte avec les 4.000 mètres d'altitude, les villages sont rares, laissant leur place à quelques fermes et de maigres cultures. C'est la seconde plus haute région habitée de la planète et c'est ici que, jadis, battait le coeur de l'empire inca. Ses paysages magnifiques, saturés de couleurs changeantes, sont soumis à un climat rude, frais et sec. Une faune spécifique y a trouvé ses marques, comme la vigogne, le lama ou l'alpaga.
...

Sur l'altiplano, un gigantesque plateau qui flirte avec les 4.000 mètres d'altitude, les villages sont rares, laissant leur place à quelques fermes et de maigres cultures. C'est la seconde plus haute région habitée de la planète et c'est ici que, jadis, battait le coeur de l'empire inca. Ses paysages magnifiques, saturés de couleurs changeantes, sont soumis à un climat rude, frais et sec. Une faune spécifique y a trouvé ses marques, comme la vigogne, le lama ou l'alpaga. Dimanche matin: les femmes âgées s'installent à l'entrée de la vieille église de Chinchero pour suivre l'office en quechua. D'autres paroissiens, suivis des varayocs - chefs de communauté -, arrivent ensuite les bras chargés de fleurs avant de pénétrer ce sanctuaire dont les murs intérieurs sont couverts de "murales" peintes sur l'argile. D'où son surnom de petite chapelle Sixtine des Andes. Vision insolite au détour d'une vallée des Andes perchée à 3.300 mètres d'altitude: imbriqués les uns dans les autres, des milliers de petits bassins recueillent les eaux chaudes qui s'écoulent d'un rio chargé de sel. Les plus anciens sont carrément antérieurs à l'époque inca et approvisionnaient jadis tout le Pérou. Plusieurs centaines de familles en vivent toujours et récoltent à la main les précieux cristaux, légèrement rosés. Figurant sur la liste des 25 meilleurs musées du monde, le Museo Larco, à Lima, est pourtant rarement cité parmi les haltes incontournables des circuits touristiques. Le bâtiment mérite à lui seul le détour. A l'intérieur, se déploie la plus grande collection privée d'objets précolombiens, patiemment rassemblés par un magnat du sucre devenu archéologue. Fait rare: le lieu offre aussi l'accès à ses réserves. Une entrée en matière idéale avant de s'en aller visiter les sites archéologiques péruviens. Elle est l'une de ces cités perdues des Andes à l'architecture énigmatique. Comment des hommes ont-ils réussi à assembler - sans ciment - ces pierres cyclopéennes? Pourquoi construire une ville si isolée? On la pensait militaire, elle était plus probablement religieuse et servait aussi d'observatoire astronomique. Elle échappa au pillage des conquistadores et fut ensuite abandonnée, oubliée et peu à peu engloutie par la forêt... bien avant de devenir le site le plus visité du pays.Au premier abord, certains y voient un amphithéâtre antique. Découvert dans les années 30, ce site méconnu n'a pourtant dévoilé ses secrets qu'avec parcimonie. On sait aujourd'hui qu'il avait un rôle agronomique. Etalées sur dix niveaux, les terrasses épousent les courbes du terrain et, en fonction de leur exposition et de leur altitude, bénéficient chacune d'un microclimat. Autrement dit, il s'agissait d'un ingénieux laboratoire permettant de tester les variétés pour développer les meilleures récoltes possibles. La cathédrale de Cuzco est une parfaite illustration du syncrétisme entre croyances incas et chrétiennes. Pour les locaux qui apportent en offrande des feuilles de coca comme naguère, le Christ est assimilé au soleil et Marie à la Pachamama, la Terre Mère. Cent ans furent nécessaires pour la construire sur les ruines du palais du Huitième Inca. L'intérieur, de toute beauté, a été façonné par des artisans venus d'Europe. Mais les 380 tableaux qui habillent les murs, eux, furent peints par les maîtres de l'Ecole de Cuzco.