Le plan a été très critiqué par la plus connue des plateformes de logement communautaire, Airbnb, qui reconnaît l'existence d'un problème de logement à Madrid mais estime que les nouvelles normes ne sont pas la solution.

Au-delà de trois mois de location par an, les propriétaires devront désormais obtenir "une licence" pour l'usage touristique du logement, accordée seulement s'il dispose d'une entrée indépendante du reste de l'immeuble, comme pour un hôtel.

Cette condition est généralement impossible à remplir dans les quartiers concernés et devrait donc placer près de 10.000 appartements touristiques en situation irrégulière.

La mairie de gauche espère ainsi "préserver l'usage résidentiel du centre-ville en freinant la conversion de logements en habitations touristiques temporaires", selon son communiqué de presse.

Il s'agit d'imposer "les mêmes conditions que doit déjà remplir tout type d'hébergement, comme les hôtels ou les pensions", a insisté Jose Manuel Calvo, conseiller municipal en charge du développement urbain durable.

La maire de Madrid, l'ancienne juge Manuela Carmena, compte également endiguer l'explosion des loyers, qui pousse nombre de Madrilènes à quitter l'hypercentre.

Selon les deux principaux portails immobiliers du pays, les loyers ont continué à augmenter à Madrid en 2018 - de 14,9% selon Fotocasa, 5,2% selon Idealista - après des années de très forte hausse.

La plateforme de gauche Ahora Madrid et les socialistes ont voté pour cette mesure, adoptée en conseil municipal. En revanche les conservateurs du Parti populaire (PP) et libéraux de Ciudadanos ont voté contre, à deux mois des élections municipales.

Dans une lettre ouverte adressée mardi à la mairie, le directeur général de Airbnb Marketing Services, Arnaldo Muñoz, a estimé que la nouvelle régulation "éliminerait la possibilité pour des milliers de familles à Madrid de bénéficier du tourisme, mettant en danger près de 800 millions d'euros d'impact économique et des milliers d'emplois".

Airbnb affirme que "les logements entiers loués pour plus de 90 jours en 2018 représentent seulement 0,4% du total" des logements de la capitale. La solution est à chercher du côté des "153.100 logements vides représentant 10% du nombre total de logements à Madrid", assure la plateforme, reprenant des chiffres de 2013 de l'Institut national de la statistique.