Devenue accro à Google Street View, elle s'est mise à faire des captures d'écran savamment étudiées de lieux et de scènes qui font appel à l'imagination. Aujourd'hui, son Instagram @streetview.portraits compte plus de 120 000 abonnés et elle planche sur un livre après avoir exposé à New York.
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Devenue accro à Google Street View, elle s'est mise à faire des captures d'écran savamment étudiées de lieux et de scènes qui font appel à l'imagination. Aujourd'hui, son Instagram @streetview.portraits compte plus de 120 000 abonnés et elle planche sur un livre après avoir exposé à New York. " Quand je suis à l'extérieur, j'ai toujours peur d'avoir une crise d'angoisse, explique la jeune femme, qui vit à Londres. Un simple rendez-vous au restaurant ou dans un endroit fort fréquenté suffit à me faire paniquer. C'est la raison pour laquelle le programme de Google a eu un effet si libérateur sur moi : je pouvais me balader de pays en pays, partir à l'inconnu, sans me soucier d'avions bondés, de longues distances, de frontières. J'ai vite compris que ça m'aidait à me sentir mieux. "Ce qu'elle préfère, c'est parcourir les pays proches de l'équateur, pour leur lumière, ainsi que les endroits qui évoquent un sentiment d'isolation et de désolation. " Peut-être qu'inconsciemment, je cherche des images qui expriment mes propres craintes, raconte-t-elle. En évitant les grandes villes, j'ai découvert la splendeur du désert, un vide immense et sans issue qui, en vrai, m'aurait complètement traumatisée. " Plus de quarante mille captures d'écrans plus tard, sa maladie n'est plus une prison, affirme l'artiste. " Cela a élargi mes horizons et m'a montré les similitudes entre les pays, un peu à l'instar des astronautes qui, depuis l'espace, prennent conscience de la Terre dans sa globalité. Bien sûr, je ne peux pas goûter aux spécialités locales ou discuter avec les habitants, mais je nourris mon imagination, et avec elle, on peut aller partout. ".