Ces exemples-là sont les grands classiques. Depuis quelques années, le voyage actif ou d'aventure est l'un des secteurs du tourisme qui connaît le plus fort développement et ne cesse de s'étoffer de nouvelles activités. Et d'agences spécialisées pour les proposer.
...

Ces exemples-là sont les grands classiques. Depuis quelques années, le voyage actif ou d'aventure est l'un des secteurs du tourisme qui connaît le plus fort développement et ne cesse de s'étoffer de nouvelles activités. Et d'agences spécialisées pour les proposer. En créant, en 2012, le réseau Géophyle Travel qui fédère les voyagistes et tour- opérateurs spécialisés dans ce domaine, le businessman Jean-François Dhinaux estimait que le voyage actif représentait alors 10 % du marché global du tourisme émetteur français. Soit son créneau le plus porteur, multiplié par quatre en vingt ans quand le marché global, lui, doublait seulement. La même année, une étude de l'université américaine George Washington chiffrait à 345 milliards de dollars la valeur globale de ce marché et mesurait sa croissance annuelle à 65 % depuis 2009. Mais de quoi parle-t-on exactement ? L'image d'Épinal des grands aventuriers qui traversent le pôle à pied ou l'Asie à vélo a vécu. La fédération américaine Adventure Travel Trade Association (ATTA) classe un voyage dans la catégorie aventure s'il implique au moins deux des trois éléments suivants : une connexion avec la nature, la rencontre avec les populations locales ou la pratique d'une activité physique. "Les voyageurs veulent être toujours plus actifs et vivre des expériences uniques", souligne le patron de Resonance Consultancy, un consultant spécialisé. Plus la difficulté d'accès est grande et plus les peuplades rencontrées ont conservé leurs coutumes et traditions, plus le séjour est considéré comme rare et trépidant. ACTIVITÉS MULTIPLES On n'est cependant plus dans le registre du backpacking ou du périple réservé aux routards avec godillots, gourde, sac à dos et budget étriqué. Ce type de voyage passe désormais le plus souvent par un organisme pro et affiche un coût plus élevé lié à l'organisation, à l'encadrement et au prêt de matériel, même si les participants utilisent les transports en commun et logent sous tente ou chez l'habitant. Qu'il s'effectue individuellement ou en (petit) groupe, le séjour s'appuie sur l'intervention, voire la présence d'un guide local - qui sert aussi d'interprète auprès des autochtones. Si le trek et la randonnée ont considérablement gagné en popularité ces dernières années, le trip à vélo, en bateau ou à cheval les a rejoints au Panthéon des valeurs sûres. Mais la formule devenue la plus prisée consiste à multiplier, au cours d'un même séjour, des activités qui n'ont que peu de rapport entre elles. Deux jours de randonnée équestre ou en VTT par-ci, un bivouac dans la jungle ou le désert par-là, un vol en montgolfière ou en parapente, une descente en rafting ou un périple en pirogue, un raid en motoneige, en quad ou en traîneau à chiens... Le tout entrecoupé d'excursions au sein de communautés issues des minorités locales, dont on partage le quotidien, la cuisine et les activités - chasse, pêche, agriculture, artisanat... Sous oublier la dimension culturelle. Les petites agences spécialisées dans ce créneau se sont multipliées, tout en bénéficiant d'une bonne visibilité grâce à Internet et aux réseaux sociaux. Certaines sont même établies dans les pays hôtes et ne communiquent avec leurs clients que par e-mail et téléphone. Elles séduisent les néophytes avec des produits clé en main, dont la dimension "aventureuse" est soigneusement balisée et qui surfent sur la vague très tendance de l'écotourisme ou du tourisme vert. En laissant, tout de même, une place (relative) à la dimension du risque : c'est elle qui pimente assez le voyage pour séduire les vacanciers en quête de nouvelles expériences et d'émotions. Fortes. PAR PHILIPPE BERKENBAUM