Décider de passer quelques jours à Ostende, c'est aussi accepter les éléments, le vent, la pluie et le soleil, qui dessinent les contours mouvants de la cité de bord de mer. Cette atmosphère donne à la découverte, un aspect revigorant qui sied bien à l'exercice. L'esprit est vivifié prêt à découvrir la ville.

Loin de nous l'ambition de vivre l'exception, mais de se laisser glisser, au son des chants de Noël, dans les rues de la ville portuaire pour mieux en saisir le caractère.

Statue équestre du roi Léopold II, face à la Mer du Nord © AW

Évidemment - et qui s'en plaindrait - pour la période des fêtes, Ostende ne déroge pas à la tradition et se pare de ses atours de Noël, pour mettre de la chaleur dans ses rues et dans les coeurs: village de Noël avec chalets et maison du Père Noël pour une visite en bonne et due forme, éclairage spectaculaire de la principale artère commerçante de la ville, et manège. Un petit village hivernal a aussi été installé dans le parc Léopold, avec sa cinquantaine de chalets qui fument et fleurent bon les plats roboratifs de saison, les boutiques de cadeaux et d'artisanat ainsi qu'une patinoire pour se mettre le rouge aux joues en faisant un peu d'exercice, avant d'aller goûter à un bon vin chaud de rigueur. À partir du 21 décembre, vous pourrez même vous perdre dans le labyrinthe créé sur la plage de Mariakerke, soit 500 sapins illuminés pour une partie de plaisir les pieds dans le sable, pour petits et grands.

Et si vous êtes accro au shopping, pas de panique : les boutiques du centre-ville sont ouvertes tous les dimanches de décembre. Ce type d'exercice constitue en outre le parfait prétexte à une pause gourmande dans l'un des nombreux tea-rooms de la ville.

. © AW

Mais ce qui reste encore le plus agréable pour découvrir une ville, est de se laisser porter par ses propres pas et de déambuler au fil des rues. De se laisser surprendre pas les façades dont la juxtaposition stylistique fait deviner une histoire riche et pleine de rebondissements. D'ailleurs la flânerie est à l'honneur depuis 2016 dans la cité avec le circuit street art the Crystal Ship, plus grande intervention du genre en Europe, offrant à la vue du promeneur plus de 70 oeuvres monumentales à travers la ville.

Marina Capdelvilla © Crystal Ship Ostende
Miss Van © Crystal Ship Ostende

De tomber sur l'ancien bâtiment de la Poste, De Grote Post, bâtiment monumental réaffecté en salle de spectacle, abritant aussi un restaurant, et dont le décor vous plonge dans une époque où le courrier était une manière de rayonner, et les services publics chargés de sa diffusion, un élément majeur dans une ville, dans la politique, et l'architecture des services publics un geste fort.

De Grote Post, Hendrik Serruyslaan 18 A, 8400 Ostende, www.degrotepost.be/plan_je_bezoek/CultuurCafe © AW

Si vous voulez toucher du doigt le passé glorieux de la marine belge, direction le Mercator, trois-mâts de toute beauté, amarré à Ostende depuis 1964 entièrement restauré, qui n'était autre que le navire école pour marins en devenir.

Mercatordok, 8400 Ostende © AW

On s'amuse à circuler entre le pont et dans les étages de ce bijou naval, qui au fil de la visite offre un aperçu des expéditions exceptionnelles menées à travers le globe, mais aussi, et peut-être est-ce encore plus saisissant, du quotidien des marins embarqués, des conditions de vie, selon les grades et les avaries de tout ce petit univers désormais révolu. Une visite divertissante et enrichissante, sportive et extrêmement séduisante pour les petits, les grands et les esthètes.

La salle d'opération du Mercator © AW

Le patrimoine belge est décidemment choyé ici, notamment à travers les 14.000 m2 du MuZee, qui présente un panorama de l'art belge, de 1830 à nos jours. Les oeuvres d'Ensor et Spilliaert, deux enfants de la ville, y trouvent évidemment une place de choix, et on s'amuse à voir cette ville comme le théâtre de leur vision, et celui des films d'Anthony, comme un court-circuit temporel. Hasard et tristesse du calendrier, l'artiste anversois de stature internationale Panamarenko, décédé il y a quelques jours, aurait fêté ses 80 ans en 2020. Raison pour laquelle le MuZee lui consacre une exposition, dialogues de ses oeuvres avec celles d'autres grands artistes, comme Joseph Beuys, Marcel Broodthaers, Jef Geys, Hugo Heyrman ou encore Bruce Nauman. On citera aussi la présence de toiles de Pierre Alechinsky du groupe Cobra, ou encore - et gros coup de coeur - la vidéo hypnotique d'Anouk De Clercq sur les architectures imaginées, et les photographies de vendeurs à la sauvette de l'artiste bruxellois Younes Baba Ali, visibles jusqu'au 5 janvier.

Si vous vous sentez plus à l'aise avec l'histoire et la culture locale, filez au Musée de la Ville qui vous fera plonger dans les secrets de celle qui est à la fois ville-port et station balnéaire, grâce à une série d'objets, d'affiches, de documents et d'animations multimédia. La première reine des Belges, Louise-Marie, célèbre habitante, joue également son rôle dans cette scénographie, créée dans cette maison de ville qui abrite ce musée.

Et si vous en voulez encore ou que vous êtes amateurs de sensations fortes, vous avez tout loisir de commencer l'année en participant au traditionnel bain du Nouvel An organisé à Ostende, une manière on ne peut plus vivifiante de commencer l'année !

Edition 2019 du fameux Bain du Nouvel an, à Ostende © Belga Images

Impossible évidemment de livrer toutes les adresses recommandables de la ville. En voici toutefois quelques-unes, testées au fil de nos pérégrinations :

La plus franche et surprenant sans doute, Kombuis (en français cambuse), soit l'endroit où étaient stockés les vivres sur un navire. Une déco sans chichis, voire pas de déco du tout, si ce n'est pour les fêtes des guirlandes de moules, quelques assiettes au mur, mais des assiettes qui débordent à table, de moules cuisinées selon la tradition, dans un bouillon de légumes, dont le céleri. L'accueil lui aussi est franc et sans chichis.

Kombuis, Van Iseghemlaan 24, 8400 Oostende

Madame Kroket

Une petite adresse sans prétention, un comptoir et une salle sans charme, mais un accueil chaleureux et des croquettes délicieuses. À l'origine, madame Kroket n'avait pour seule ambition que de fournir les restaurants de ces préparations. Mais face à l'enthousiasme, ce comptoir est né, et on s'en réjouit. Au menu, des croquettes dont, au crabe, à la langouste, au fromage, au saumon, et bien sûr à la crevette. Et pour un prix avoisinant les 3 euros / pièce, donc plutôt abordable pour un tel plaisir gustatif.

Croquettes au crabe et aux crevettes de Madame Kroket © AW

Madame Kroket, Niewstraat 25, de 9h à 19h.

Jillies Beer & Burger

Si vous voulez manger un burger nez à nez avec la Mer du Nord, et que vous êtes végétarien ou vegan, cette adresse est celle qu'il vous faut. La (mini) chaîne flamande - elle possède des adresses à Bruges et Gand -, propose un large choix pour ceux qui ne mangent pas/plus de viande, ni quoi que ce fut produit par nos amis les bêtes. La liste des bières proposées est aussi bien fournie, et à chaque burger est associée, si on le souhaite, la bière parfaite. Le cadre est chouette, les enfants ont même une pièce rien que pour eux, pour chahuter en toute liberté, sorte de panic room ludique. Petit bémol sur la qualité du service le jour de notre passage, que l'on mettra sur le compte de la malchance. Bonne nouvelle pour nos lecteurs aux cheveux roux : ils peuvent goûter gratuitement à la dernière création brassicole du patron, roux lui-même, baptisée la Rostekop. Les autres pourront y découvrir la Papegaei, bière parfaitement équilibrée, brassée à une demi-heure de là, à Dixmude, par la brasserie Verstraete. Un délice.

Jillies Beer & Burger, 60 Promenade Albert I à Ostende

*Pour dormir*

Si vous décidez de passer quelques jours dédiés à votre bien-être, l'hôtel Andromeda semble une adresse propice. Piscine, sauna, jacuzzi, salle de relaxation, mais aussi ambiance piano bar, petit déjeuner xxl dans une salle depuis laquelle vous pourrez assister au lever du soleil et à l'apparition de ce paysage littoral aux teintes si singulières, sont au programme. Le tout, servi par une équipe digne des 4 étoiles affichées en façade.

Hôtel Andromeda, Kursaal-Westhelling 5, 8400 Oostende

Si vous recherchez un hôtel "de charme", les lits à baldaquin et l'ambiance plus intime de De Hofkamers répondra plus à vos attentes.

De Hofkamers, IJzerstraat 5, Centre d'Ostende, 8400 Ostende

Cette immersion de quelques heures dans cette ville aux facettes multiples a piqué votre curiosité? Vous pouvez toujours prolonger la découverte de la ville à travers la lecture d'Ostende et compagnie, de Arno à Zweig, (éditions Racines, sorti en octobre 2019), une évocation des personnages qui ont de près ou de loin, façonnés la fameuse cité portuaire, ou qu'elle a façonnés.

Ostende et Compagnie, d'Arno à Zweig, éditions Racines, 19,99 euros © DR

Décider de passer quelques jours à Ostende, c'est aussi accepter les éléments, le vent, la pluie et le soleil, qui dessinent les contours mouvants de la cité de bord de mer. Cette atmosphère donne à la découverte, un aspect revigorant qui sied bien à l'exercice. L'esprit est vivifié prêt à découvrir la ville. Loin de nous l'ambition de vivre l'exception, mais de se laisser glisser, au son des chants de Noël, dans les rues de la ville portuaire pour mieux en saisir le caractère. Évidemment - et qui s'en plaindrait - pour la période des fêtes, Ostende ne déroge pas à la tradition et se pare de ses atours de Noël, pour mettre de la chaleur dans ses rues et dans les coeurs: village de Noël avec chalets et maison du Père Noël pour une visite en bonne et due forme, éclairage spectaculaire de la principale artère commerçante de la ville, et manège. Un petit village hivernal a aussi été installé dans le parc Léopold, avec sa cinquantaine de chalets qui fument et fleurent bon les plats roboratifs de saison, les boutiques de cadeaux et d'artisanat ainsi qu'une patinoire pour se mettre le rouge aux joues en faisant un peu d'exercice, avant d'aller goûter à un bon vin chaud de rigueur. À partir du 21 décembre, vous pourrez même vous perdre dans le labyrinthe créé sur la plage de Mariakerke, soit 500 sapins illuminés pour une partie de plaisir les pieds dans le sable, pour petits et grands.Et si vous êtes accro au shopping, pas de panique : les boutiques du centre-ville sont ouvertes tous les dimanches de décembre. Ce type d'exercice constitue en outre le parfait prétexte à une pause gourmande dans l'un des nombreux tea-rooms de la ville. Mais ce qui reste encore le plus agréable pour découvrir une ville, est de se laisser porter par ses propres pas et de déambuler au fil des rues. De se laisser surprendre pas les façades dont la juxtaposition stylistique fait deviner une histoire riche et pleine de rebondissements. D'ailleurs la flânerie est à l'honneur depuis 2016 dans la cité avec le circuit street art the Crystal Ship, plus grande intervention du genre en Europe, offrant à la vue du promeneur plus de 70 oeuvres monumentales à travers la ville.De tomber sur l'ancien bâtiment de la Poste, De Grote Post, bâtiment monumental réaffecté en salle de spectacle, abritant aussi un restaurant, et dont le décor vous plonge dans une époque où le courrier était une manière de rayonner, et les services publics chargés de sa diffusion, un élément majeur dans une ville, dans la politique, et l'architecture des services publics un geste fort. Si vous voulez toucher du doigt le passé glorieux de la marine belge, direction le Mercator, trois-mâts de toute beauté, amarré à Ostende depuis 1964 entièrement restauré, qui n'était autre que le navire école pour marins en devenir. On s'amuse à circuler entre le pont et dans les étages de ce bijou naval, qui au fil de la visite offre un aperçu des expéditions exceptionnelles menées à travers le globe, mais aussi, et peut-être est-ce encore plus saisissant, du quotidien des marins embarqués, des conditions de vie, selon les grades et les avaries de tout ce petit univers désormais révolu. Une visite divertissante et enrichissante, sportive et extrêmement séduisante pour les petits, les grands et les esthètes. Le patrimoine belge est décidemment choyé ici, notamment à travers les 14.000 m2 du MuZee, qui présente un panorama de l'art belge, de 1830 à nos jours. Les oeuvres d'Ensor et Spilliaert, deux enfants de la ville, y trouvent évidemment une place de choix, et on s'amuse à voir cette ville comme le théâtre de leur vision, et celui des films d'Anthony, comme un court-circuit temporel. Hasard et tristesse du calendrier, l'artiste anversois de stature internationale Panamarenko, décédé il y a quelques jours, aurait fêté ses 80 ans en 2020. Raison pour laquelle le MuZee lui consacre une exposition, dialogues de ses oeuvres avec celles d'autres grands artistes, comme Joseph Beuys, Marcel Broodthaers, Jef Geys, Hugo Heyrman ou encore Bruce Nauman. On citera aussi la présence de toiles de Pierre Alechinsky du groupe Cobra, ou encore - et gros coup de coeur - la vidéo hypnotique d'Anouk De Clercq sur les architectures imaginées, et les photographies de vendeurs à la sauvette de l'artiste bruxellois Younes Baba Ali, visibles jusqu'au 5 janvier. Si vous vous sentez plus à l'aise avec l'histoire et la culture locale, filez au Musée de la Ville qui vous fera plonger dans les secrets de celle qui est à la fois ville-port et station balnéaire, grâce à une série d'objets, d'affiches, de documents et d'animations multimédia. La première reine des Belges, Louise-Marie, célèbre habitante, joue également son rôle dans cette scénographie, créée dans cette maison de ville qui abrite ce musée. Et si vous en voulez encore ou que vous êtes amateurs de sensations fortes, vous avez tout loisir de commencer l'année en participant au traditionnel bain du Nouvel An organisé à Ostende, une manière on ne peut plus vivifiante de commencer l'année !