C'est le plus petit des pays andins, mais aussi l'un des plus riches au niveau de la biodiversité. Une terre de jungles, de mangroves, de ruines incas, de villages perdus le long des côtes, mais aussi de montagnes volcaniques qui s'en vont très haut vers le ciel. Notre escapade débute justement à travers celles-ci, en compagnie d'un guide - c'est plus que conseillé - qui connaît les cimes comme sa poche. Direction le Cotopaxi, déjà aperçu par le hublot de l'avion. Niché au sein d'un parc national de 40.000 hectares, il s'élève à 5.897 mètres et arbore une fine couche de neige à travers les nuages. Nous nous en approchons d'abord en voiture, avant de déposer le véhicule dans un parking pour mieux s'aventurer, à pieds, parmi des sentiers où l'on croise notamment des cerfs, des lapins sauvages ou des ours. Une excursion aussi longue que déroutante, durant laquelle nous ferons une pause dans un refuge, avant de repartir tutoyer les sommets. La partie glacière est la plus étonnante, et l'on y repère les restes de cendres de la dernière éruption, remontant à 2015 à peine.
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C'est le plus petit des pays andins, mais aussi l'un des plus riches au niveau de la biodiversité. Une terre de jungles, de mangroves, de ruines incas, de villages perdus le long des côtes, mais aussi de montagnes volcaniques qui s'en vont très haut vers le ciel. Notre escapade débute justement à travers celles-ci, en compagnie d'un guide - c'est plus que conseillé - qui connaît les cimes comme sa poche. Direction le Cotopaxi, déjà aperçu par le hublot de l'avion. Niché au sein d'un parc national de 40.000 hectares, il s'élève à 5.897 mètres et arbore une fine couche de neige à travers les nuages. Nous nous en approchons d'abord en voiture, avant de déposer le véhicule dans un parking pour mieux s'aventurer, à pieds, parmi des sentiers où l'on croise notamment des cerfs, des lapins sauvages ou des ours. Une excursion aussi longue que déroutante, durant laquelle nous ferons une pause dans un refuge, avant de repartir tutoyer les sommets. La partie glacière est la plus étonnante, et l'on y repère les restes de cendres de la dernière éruption, remontant à 2015 à peine. Plus loin, près de la capitale Quito, trône le Rucu Pichincha, que nous rallions via un téléphérique menant vers un panorama somptueux sur la Cordillère des Andes. La crête rocailleuse de la célèbre chaîne de montagnes se situe alors à plus de deux heures de marche. Hélas, ce jour-là, il se met à pleuvoir, tandis qu'un épais brouillard couvre l'horizon. Peu enclins à défier les chemins vertigineux, nous rebroussons chemin. Le Cayambe, lui, sera davantage bienveillant. Nous revoici parmi les terres de glace, prêts à user nos bottines. Bien que le passage pour arriver au refuge, accessible en voiture, soit un peu cabossé, un superbe spectacle nous attend au tournant. En moins de deux heures de marche, après avoir repris notre souffle plusieurs fois, le pied du glacier nous laisse entrevoir ses couleurs pâles sous de timides rayons de soleil. Nous nous asseyons sur un rocher afin d'admirer le jeu de lumières. De retour au village, l'odeur des bizcochos, les biscuits typiques de la région, nous attire instantanément. Repos bien mérité, donc, autour d'un bon chocolat chaud et de ces petites biscottes croquantes accompagnées d'un morceau de fromage. Autre jour, autre escapade. Dans la province de Napo, l'Antisana est composé de trois sommets. Moins fréquenté par les touristes, il fait le bonheur des randonneurs plus expérimentés, même si son ascension exige de se frotter à des conditions climatiques parfois compliquées. Situé à l'orée de la forêt, il subit régulièrement des vents violents. Nous passons une nuit sous tente, pour tenter d'arriver en haut avant le lever du jour. Un orage retarde notre marche mais, en fin de matinée, une incroyable récompense s'offre à nos yeux: des condors, ces oiseaux majestueux qui figurent sur le drapeau équatorien. Beaucoup plus au sud, nous atteignons le magnifique volcan de Chimborazo, à 6.263 mètres d'altitude. Le pic le plus élevé du pays... mais aussi l'un des plus dangereux. Des pierres tombales sont d'ailleurs disposées le long du chemin, en hommage à celles et ceux qui n'ont pas eu la chance d'atteindre son sommet. Le soleil, là-bas, mène un combat permanent avec les nuages. Mais quand le ciel se dégage, la hauteur du volcan, ainsi que sa proximité avec la ligne équatoriale, en font un magnifique poste d'observation pour admirer les étoiles. Toujours en mode "rando", nous décidons d'aller découvrir un autre visage de l'Equateur: les eaux turquoise de ses côtes et de ses lacs haut perchés. Nous restons dans la Sierra, la partie andine du pays. Les splendides lagunes ornant la Cordillère ont, pour la plupart, été dessinées par des volcans aujourd'hui éteints ou endormis. D'autres, comme celle de Papallacta, sont nées des fleuves qui s'y déversent. Point de départ du jour: la ville d'Otavalo, à 90 km au nord de Quito, célèbre pour son marché artisanal. Sacs, écharpes et décorations colorées ornent les rues. La lagune de Cuicocha se trouve un peu plus haut. Nous suivons les sentiers pour plonger notre regard dans un joli tableau: des petits îlots composés de lave refroidie baignant au milieu du lac. Nous partons ensuite pour le volcan de Quilotoa, dont la beauté se mérite. Lorsque nos pieds atteignent les 3 914 mètres d'altitude, ils arrivent dans un village surplombant un cratère rempli d'eau. Un sentier permet d'atteindre un balcon dominant ce paysage grandiose. Nous décidons de rejoindre les abords du lac, où nous nous autorisons une longue pause face au silence des flots. La remontée n'est pas évidente, car la terre est sablonneuse. Certains visiteurs choisissent d'ailleurs une méthode moins difficile, en acceptant de monter sur des mules. Vers le nord-est, la ville de Papallacta se trouve aux portes de la forêt amazonienne. Connue pour ses thermes aux vertus médicinales, elle propose de sympathiques chemins de rando le long de sa lagune. Le calme y règne, à peine perturbé par les petits bruits des lapins sauvages courant dans les herbes hautes. Lorsque la nuit commence à tomber, nous décidons de nous poser au bord des sources chaudes, histoire de relaxer nos muscles avant la suite de notre périple... Du côté de Baños, un peu plus au sud, les touristes se pressent pour saluer la Vierge de l'Eau Sainte. Mais aussi pour se lancer sur l'impressionnante Route des Cascades, qui n'attire pas seulement les promeneurs, mais aussi les fans de rafting, de quad ou de saut à l'élastique. Parmi la soixantaine de chutes d'eau, l'une d'elles nous titille: le Pailòn del Diablo. Un sentier nous guide vers une étroite galerie, à traverser à quatre pattes, avant de nous mener à un refuge sous la chute d'eau, où seul le chant du courant se fait entendre... Nous nous aventurons un peu plus vers la forêt amazonienne, bordée par le ruissellement des rivières et le gazouillis des oiseaux exotiques. Une barque nous attend afin de rallier un éco-lodge. Au fur et à mesure de notre avancée, la nature se fait dense. Très peu d'endroits ont accès à l'électricité, et les villages doivent s'en accommoder. Nos hôtes nous emmènent en pleine jungle, où nous marchons pendant plusieurs heures avant d'atteindre une île au nom inquiétant: Anaconda. Des deux côtés de la rive, la végétation est aussi touffue que luxuriante, mais elle a un côté apaisant. Ici ou là, quelques singes nous saluent, en sautant d'arbre en arbre. Une escapade enrichissante qui s'achève au coeur d'un hameau quechua. Les habitants nous apprennent à utiliser la sarbacane, qui leur sert à chasser. Ensuite, ils nous préparent de la "chicha", une boisson un peu épaisse à base de manioc. Chaleureux à souhait. Changement de décor et d'ambiance. Cap vers la côte ouest qui, tournée vers le Pacifique, est le lieu de rendez-vous des surfeurs et des touristes appréciant un petit-déjeuner ou un cocktail au bord de la plage. Attention, la faune et la flore restent très protégées: pas question de fumer ou de pique-niquer n'importe où. C'est vrai dans le Parc National de Machalilla, qui s'étend autour du village de pêcheurs de Puerto Lopez. Touché par un gros séisme en 2016, il a conservé ses contours somptueux et demeure l'habitat de plus de 200 espèces animales, dont des serpents, des iguanes ou des ours. Pour une visite complète, il faut se rendre en bateau jusqu'à l'île de la Plata, à quelques kilomètres des côtes. En chemin, une surprise de taille attend les chanceux: des baleines à bosse, qui nagent généralement dans ces eaux durant leur période de reproduction, de juin à septembre. Nous passons de longues minutes avec ces créatures immenses, dont certaines s'approchent même de notre embarcation. Impressionnant! Une fois sur l'île de Plata, nous renfilons nos chaussures de marche pour une promenade à la découverte des fous à pieds rouges... ou bleus, des frégates ou des pélicans, qui cohabitent avec gaieté sur ce bout de terre perdu au milieu des eaux. Au retour, c'est un tout autre univers que nous découvrons en mode "snorkeling": celui des poissons du Pacifique. L'ivresse des profondeurs après celle des hauteurs...