Avec la levée de l'état d'alerte, les Espagnols avaient pu quitter leur région pour retrouver des proches qu'ils n'avaient plus vus depuis le 14 mars. Mais, désormais, les ressortissants de l'Union européenne et des autres pays membres de l'espace Schengen et même les Britanniques peuvent entrer librement en Espagne, sans devoir observer une quarantaine de 14 jours.

Le Portugal attendra de son côté le 1er juillet pour ouvrir sa frontière terrestre avec l'Espagne.

"Arriver le plus tôt possible"

Au poste frontière du Perthus, entre la région française d'Occitanie et la Catalogne espagnole, la police française effectuait mardi matin des contrôles sporadiques sans ralentir un trafic fluide. "Ce matin j'étais le premier client dans le magasin (espagnol) où je vais d'habitude, mais à 07H00 il y avait déjà une dizaine de clients derrière moi ", a déclaré Daniel Angel-Nielleville, retraité français venu des environs de Perpignan faire des courses alimentaires, mais aussi faire le plein et acheter des cigarettes.

A la garde d'Atocha à Madrid, Laura Garcia, 23 ans, masque sur le visage, ne cachait pas son excitation à l'idée de prendre le premier train. "Je vais à Barcelone où vit mon copain. Ca fait longtemps que je ne l'ai pas vu, évidemment, ça fait trois mois, ça fait cent jours. J'ai acheté le premier billet, à la première heure, pour arriver le plus tôt possible", a expliqué cette physiothérapeute à l'AFP. Autour d'elle sur les quais, les embrassades étaient fréquentes, signe de retrouvailles longtemps attendues, même si l'anxiété demeure. "J'ai un peu peur de voyager. Je reste prudente", a confié Alba Bartolomé, 22 ans, avant de prendre un train pour rejoindre des amies à Murcie, dans le sud-est.

"Nouvelle normalité"

L'Espagne entre ainsi dans ce qu'elle appelle "la nouvelle normalité" avec de nouvelles règles pour éviter un regain de contagion.

  • Tous doivent continuer à porter un masque dans les endroits fermés, et à l'air libre quand il n'est pas possible de maintenir une distance de sécurité de 1,5 m.
  • L'accès aux salles de spectacles, aux piscines, aux plages, aux hôtels et aux restaurants reste limité à un pourcentage de la capacité d'accueil qui varie selon les régions.
  • Quelque 600 agents du ministère de la Santé ont été déployés dans les aéroports pour contrôler les voyageurs internationaux, leur demander leur lieu de résidence et prendre leur température. Les cas suspects seront examinés par un médecin.

"Nous restons vulnérables. Nous devons rester sur nos gardes et suivre strictement les mesures d'hygiène", a rappelé samedi le Premier ministre Pedro Sanchez.Au 1er juillet, l'Espagne ouvrira ses frontières à toutes les nationalités, notamment pour tenter de sauver ce qui reste de la saison touristique. Le tourisme est le premier pilier de l'économie espagnole avec 12% de son PIB.

Le retour des touristes franças à Roses

A la terrasse de son bar à tapas jouxtant l'immense plage de Roses, Pilar Romanach n'a jamais été aussi contente de servir des sangrias: "c'est le signe que les touristes étrangers sont de retour" en Espagne, dit-elle dimanche à la réouverture des frontières.

Sur le sable doré de cette petite ville catalane, à moins de 30 km de la frontière avec la France, c'est le moment de prendre ses aises pour étrenner l'été: la plage est tellement longue qu'aucun contrôle d'affluence ne sera mis en place, des dizaines de mètres séparant chaque serviette. Et déjà, des étrangers attablés à la terrasse du vieux bar "Ribereta" goûtent ce que le gouvernement a appelé la "nouvelle normalité" en Espagne, deuxième destination touristique mondiale après la France. Pas de masque en terrasse, mais à l'intérieur la consigne reste de le porter, ainsi qu'à l'air libre quand il n'est pas possible de maintenir une distance de sécurité de 1,5 m.

L'état d'alerte déclaré à la mi-mars vient d'être levé dans un des pays les plus frappés par la pandémie, qui y a fait plus de 28.300 morts. Après un confinement sévère de 14 semaines, le pays respire enfin, derrière ses masques.

bienvenus.

"Pili" se découvre soudain "très émue de saluer de nouveau en français". "On vit du tourisme français ici. La pandémie n'avait même pas laissé le temps à certains commerces d'ouvrir et beaucoup disent qu'ils ne vont même pas ouvrir cet été", dit-elle, alors que de nombreux hôtels resteront fermés jusqu'au 3 juillet. Munis de gants bleus et de son masque noir, Pilar appelle cependant les clients "à prendre beaucoup de précautions, parce que tout ça n'est pas fini"...

., AFP
. © AFP

"Soleil, plage et tapas"

Française à l'accent d'Avignon, Sylvia Faust, a passé la frontière dès samedi soir avec sa fille de 17 ans, bien avant minuit: "ils nous ont contrôlés et laissé entrer. On a dormi dans un appartement touristique. On avait envie d'être en Espagne pour le soleil, la plage, les tapas, et j'ai déjà mon maillot de bain sous mes vêtements", s'amuse cette gestionnaire de 43 ans, en short et sandalettes.

Roses compte quelque 20.000 habitants, dont de nombreux étrangers, actifs ou retraités. Un chiffre qui peut être multiplié par plus de quatre l'été, quand "une marée de touristes" envahit les villes les plus prisées de la Costa brava.

Dans la crique de Canyelles où elle vient de se baigner et où elle n'a "jamais vu autant de petits poissons dans les rochers", Marie-Hélène Laffont, ancienne secrétaire de 72 ans résidant à Roses toute l'année, dit avoir vécu une histoire de confinement particulièrement "chanceuse, heureuse, ensoleillée". L'état d'alerte l'avait surprise en Grèce avec son mari espagnol. "On a été rapatriés avec un convoi exceptionnel de 35 camping-cars sur un ferry le 1er mai, puis on a passé le reste du confinement ici". "Sur les 36 appartements de notre immeuble, seuls cinq ou six sont occupés. La plupart des Français viendront le week-end prochain", pense-t-elle.

., AFP
. © AFP

Pour les Espagnols eux mêmes, qui peuvent enfin se déplacer dans tout le pays, ce premier dimanche d'été marque aussi l'heure de retrouvailles en famille ou le début de vacances "au pays".

"On ne m'a pas fait le test de dépistage du coronavirus que jeudi: négatif!", sourit Neus Jove, 43 ans, membre du personnel sanitaire qui a affronté la pandémie. "Alors aujourd'hui, j'ai pu prendre mes parents dans mes bras pour la première fois depuis le 12 mars", dit-elle, sur la digue de Roses où elle suit des yeux son fils qui plonge d'un ponton dans la Méditerranée.

Avec la levée de l'état d'alerte, les Espagnols avaient pu quitter leur région pour retrouver des proches qu'ils n'avaient plus vus depuis le 14 mars. Mais, désormais, les ressortissants de l'Union européenne et des autres pays membres de l'espace Schengen et même les Britanniques peuvent entrer librement en Espagne, sans devoir observer une quarantaine de 14 jours. Le Portugal attendra de son côté le 1er juillet pour ouvrir sa frontière terrestre avec l'Espagne."Arriver le plus tôt possible"Au poste frontière du Perthus, entre la région française d'Occitanie et la Catalogne espagnole, la police française effectuait mardi matin des contrôles sporadiques sans ralentir un trafic fluide. "Ce matin j'étais le premier client dans le magasin (espagnol) où je vais d'habitude, mais à 07H00 il y avait déjà une dizaine de clients derrière moi ", a déclaré Daniel Angel-Nielleville, retraité français venu des environs de Perpignan faire des courses alimentaires, mais aussi faire le plein et acheter des cigarettes.A la garde d'Atocha à Madrid, Laura Garcia, 23 ans, masque sur le visage, ne cachait pas son excitation à l'idée de prendre le premier train. "Je vais à Barcelone où vit mon copain. Ca fait longtemps que je ne l'ai pas vu, évidemment, ça fait trois mois, ça fait cent jours. J'ai acheté le premier billet, à la première heure, pour arriver le plus tôt possible", a expliqué cette physiothérapeute à l'AFP. Autour d'elle sur les quais, les embrassades étaient fréquentes, signe de retrouvailles longtemps attendues, même si l'anxiété demeure. "J'ai un peu peur de voyager. Je reste prudente", a confié Alba Bartolomé, 22 ans, avant de prendre un train pour rejoindre des amies à Murcie, dans le sud-est."Nouvelle normalité"L'Espagne entre ainsi dans ce qu'elle appelle "la nouvelle normalité" avec de nouvelles règles pour éviter un regain de contagion."Nous restons vulnérables. Nous devons rester sur nos gardes et suivre strictement les mesures d'hygiène", a rappelé samedi le Premier ministre Pedro Sanchez.Au 1er juillet, l'Espagne ouvrira ses frontières à toutes les nationalités, notamment pour tenter de sauver ce qui reste de la saison touristique. Le tourisme est le premier pilier de l'économie espagnole avec 12% de son PIB.Le retour des touristes franças à RosesA la terrasse de son bar à tapas jouxtant l'immense plage de Roses, Pilar Romanach n'a jamais été aussi contente de servir des sangrias: "c'est le signe que les touristes étrangers sont de retour" en Espagne, dit-elle dimanche à la réouverture des frontières.Sur le sable doré de cette petite ville catalane, à moins de 30 km de la frontière avec la France, c'est le moment de prendre ses aises pour étrenner l'été: la plage est tellement longue qu'aucun contrôle d'affluence ne sera mis en place, des dizaines de mètres séparant chaque serviette. Et déjà, des étrangers attablés à la terrasse du vieux bar "Ribereta" goûtent ce que le gouvernement a appelé la "nouvelle normalité" en Espagne, deuxième destination touristique mondiale après la France. Pas de masque en terrasse, mais à l'intérieur la consigne reste de le porter, ainsi qu'à l'air libre quand il n'est pas possible de maintenir une distance de sécurité de 1,5 m.L'état d'alerte déclaré à la mi-mars vient d'être levé dans un des pays les plus frappés par la pandémie, qui y a fait plus de 28.300 morts. Après un confinement sévère de 14 semaines, le pays respire enfin, derrière ses masques. bienvenus."Pili" se découvre soudain "très émue de saluer de nouveau en français". "On vit du tourisme français ici. La pandémie n'avait même pas laissé le temps à certains commerces d'ouvrir et beaucoup disent qu'ils ne vont même pas ouvrir cet été", dit-elle, alors que de nombreux hôtels resteront fermés jusqu'au 3 juillet. Munis de gants bleus et de son masque noir, Pilar appelle cependant les clients "à prendre beaucoup de précautions, parce que tout ça n'est pas fini"..."Soleil, plage et tapas"Française à l'accent d'Avignon, Sylvia Faust, a passé la frontière dès samedi soir avec sa fille de 17 ans, bien avant minuit: "ils nous ont contrôlés et laissé entrer. On a dormi dans un appartement touristique. On avait envie d'être en Espagne pour le soleil, la plage, les tapas, et j'ai déjà mon maillot de bain sous mes vêtements", s'amuse cette gestionnaire de 43 ans, en short et sandalettes.Roses compte quelque 20.000 habitants, dont de nombreux étrangers, actifs ou retraités. Un chiffre qui peut être multiplié par plus de quatre l'été, quand "une marée de touristes" envahit les villes les plus prisées de la Costa brava.Dans la crique de Canyelles où elle vient de se baigner et où elle n'a "jamais vu autant de petits poissons dans les rochers", Marie-Hélène Laffont, ancienne secrétaire de 72 ans résidant à Roses toute l'année, dit avoir vécu une histoire de confinement particulièrement "chanceuse, heureuse, ensoleillée". L'état d'alerte l'avait surprise en Grèce avec son mari espagnol. "On a été rapatriés avec un convoi exceptionnel de 35 camping-cars sur un ferry le 1er mai, puis on a passé le reste du confinement ici". "Sur les 36 appartements de notre immeuble, seuls cinq ou six sont occupés. La plupart des Français viendront le week-end prochain", pense-t-elle.Pour les Espagnols eux mêmes, qui peuvent enfin se déplacer dans tout le pays, ce premier dimanche d'été marque aussi l'heure de retrouvailles en famille ou le début de vacances "au pays"."On ne m'a pas fait le test de dépistage du coronavirus que jeudi: négatif!", sourit Neus Jove, 43 ans, membre du personnel sanitaire qui a affronté la pandémie. "Alors aujourd'hui, j'ai pu prendre mes parents dans mes bras pour la première fois depuis le 12 mars", dit-elle, sur la digue de Roses où elle suit des yeux son fils qui plonge d'un ponton dans la Méditerranée.