Et cetera

© Cécile pirson

Les Baladins du Miroir seront à l’affiche du festival Villeneuve en Scène cet été. Emmenés par leur directeur artistique Gaspar Leclère, ils installeront leurs roulottes dans le jardin du Off d’Avignon. L’homme de voyage, metteur en scène et comédien répond à notre interview sur le vif.

La destination qui vous résiste?

La Flandre! La barrière linguistique reste difficile à franchir même si cela nous est arrivé, en engageant notamment un comédien narrateur néerlandophone et en ajoutant des projections de texte, de jouer là-bas. C’est un travail de longue haleine… Mais je ne désespère pas.

Ce qui ne pardonne pas quand on vit en roulotte?

Un mauvais rangement pour la route! Plus on est organisé, plus on peut improviser. Chez les Baladins, on essaye toujours au maximum d’anticiper. C’est indispensable pour rester ouvert à la rencontre.

Le moment d’itinérance à jamais gravé dans votre mémoire?

Nous étions en retour de tournée, à Alençon en France. Je suis tombé en panne avec mon vieux camion, c’était la boîte de vitesses. Il m’a fallu 76 heures pour le réparer. J’ai fêté mon trentième anniversaire couché sous le châssis.

Le paysage que vous rêvez d’avoir sous les yeux au réveil?

En tournée, on arrive souvent tard à destination. Quand on ouvre les rideaux le matin, on se demande souvent ce que l’on va trouver devant soi. J’ai toujours eu envie de me retrouver ainsi nez à nez avec le mont Blanc. Je me suis arrangé pour que cela soit le cas lors d’une de nos tournées.

La première chose à faire lorsque l’on arrive à destination?

Dire bonjour.

Le plat qui vous emmène loin?

Celui qui me permet d’improviser un repas où que je sois, à toute heure, sur la route ou sur le camp, j’ai nommé: le croque-monsieur! Lorsque nous sommes en répétitions, je mitonne aussi à l’avance un gratin de pâtes aux légumes qu’il nous suffit alors de mettre au four.

Le plus beau cadeau que peut vous faire le public?

Les applaudissements!

Votre dernière grande claque face à l’inconnu?

Il y a vingt-cinq ans, nous étions invités par Ariane Mnouchkine à jouer notre Songe d’une nuit d’été au Théâtre du Soleil. Le soir de la première, ma fille est née dans notre roulotte: à cause d’une grève des poids lourds, nous n’avons jamais pu nous rendre à l’hôpital. Les gestes qu’il faut vous viennent d’instinct, dans des moments pareils.

La bande-son qui ne vous quitte jamais?

Les chansons de CharlElie Couture. J’ai beau connaître ses textes par cœur, ils m’enseignent toujours quelque chose. C’est un poète rock, son univers métaphorique entre totalement en résonance avec ce que je vis.

Le rituel immuable de la compagnie après le spectacle?

Les artistes ont souvent tendance à se retrouver entre eux. Mais nous, nous allons toujours à la rencontre de notre public à la buvette.

Ce que l’itinérance vous a appris sur vous?

L’itinérance, nous, les Baladins, nous ne l’avons pas choisie. Elle s’est imposée à nous. C’est, à force, devenu un mode de vie pour moi depuis quarante ans. Je la maîtrise. Mais je ne serai jamais un enfant d’itinérant, à l’inverse des miens qui ont connu cette vie-là dès la naissance. J’ai toujours gardé des réflexes de sédentaire. Ce qui nous construit dans l’enfance est plus fort que tout.

L’endroit où vous aimeriez vous téléporter avec toute la troupe, là, tout de suite?

Emmener d’un claquement de doigts tous les camions, toutes les roulottes et le chapiteau sur la plaine de l’Abbaye, à Villeneuve-lès-Avignon. Sans devoir passer par la pompe, ni le stress de gérer tout le convoi.

Désir, Terre et Sang, d’après Federico García Lorca, du 9 au 21 juillet.festivalvilleneuveenscene.com

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