Anna Mouglalis: Chanel en héritage

04/01/10 à 15:50 - Mise à jour à 15:50

Source: Weekend

Egérie de la maison Chanel depuis 2002, Anna Mouglalis incarne la mythique Mademoiselle dans Coco Chanel & Igor Stravinski qui raconte la passion liant la créatrice et le compositeur.

Anna Mouglalis: Chanel en héritage

© RÉGINE ABADIA/OLIVIER BORDE/CHANEL

Egérie de la maison Chanel depuis 2002, Anna Mouglalis incarne la mythique Mademoiselle dans Coco Chanel & Igor Stravinski qui raconte la passion liant la créatrice et le compositeur. Le film événement de la rentrée.

D'abord, il y a sa voix, un peu rauque, qui donne des frissons. Et cette allure racée qui aurait à coup sûr fait se retourner Mademoiselle Chanel. "A priori, on n'a pas grand-chose en commun toutes les deux, surtout physiquement, sourit Anna Mouglalis. Mais je suis une de ses héritières, ça c'est sûr !" Pour le réalisateur Jan Kounen, la filiation est évidente. Assez en tout cas pour lui faire oublier ses premières réticences. "Le fait qu'elle soit l'égérie de Chanel, oui, cela m'ennuyait un peu, avoue le réalisateur. Vous savez, avant ce film, j'ai tourné 99 francs, je sais ce que c'est que le product placement. Mais dès que je l'ai vue dans la peau de Coco, je n'ai plus hésité un seul instant." A voir Anna, habitée par Chanel, on le comprend...

Comment se prépare-t-on pour donner vie à un tel mythe sans tomber dans la caricature ?
Ce qui est formidable quand on incarne quelqu'un qui a existé, c'est qu'on dispose d'énormément de matériel. J'ai beaucoup lu mais j'ai surtout pris la mesure de ce personnage très excitant qui n'a cessé de mystifier son passé, de l'inventer. A travers différentes biographies, on peut caresser de loin sa volonté, son imaginaire, la personne qu'elle aurait voulu être. Ce rôle était un vrai cadeau après toutes ces années passées chez Chanel. J'ai accumulé là-bas une quantité d'informations insensées et ce de façon très inconsciente.


Que représente Coco Chanel pour vous, aujourd'hui ? Ce qui la décrit le mieux, c'est le noir et le blanc. Cet antagonisme. Elle passe pour quelqu'un de très dur et en même temps il y a en elle tant de générosité. Je pense surtout à ses actions de mécénat qu'on ne découvre que quand on s'intéresse vraiment à sa vie car elle ne voulait pas que cela se sache.


Dans son histoire avec Igor Stravinski, elle aimait davantage l'artiste que l'homme, finalement ?
Ça c'est sûr et certain ! Lorsqu'elle rencontre Stravinski, elle découvre la musique. Et le goût du scandale. Car Igor était un vrai révolutionnaire sur le plan musical. Elle veut être reconnue par l'artiste, alors elle le possède en tant qu'homme. Mais il représente tout ce contre quoi elle se bat. Elle était bien trop libre, bien trop volontaire pour lui. Ils se sont un peu brûlés l'un à l'autre.

Dans le film de Kounen, elle a une relation très ambiguë avec la femme et les enfants de Stravinski...
Dans cette histoire, tous les rapports sont inversés, elle est la figure masculine, celle qui paie pour les médicaments de la femme de Stravinski, pour faire venir le piano. L'institution du mariage l'a toujours rejetée. Pourquoi aurait-elle respecté cette institution ? C'est aussi cette dimension égotique et monstrueuse que l'on retrouve chez elle qui m'a donné envie de l'incarner.


Stravinski a cette phrase terrible : "Je suis un artiste et vous n'êtes qu'une marchande de tissu". Elle avait déjà alors plus de succès que lui et cela le rendait malade ! Elle avait un charisme incroyable, elle s'est battue toute sa vie. Un film sur Stravinski aujourd'hui ne se serait sans doute jamais tourné.

Comment s'est passée la collaboration avec la maison Chanel ?
La relation privilégiée que j'ai avec Karl Lagerfeld m'a beaucoup aidée. Il a mis aussi à ma disposition sa collection de pièces d'époque. Et surtout, il m'a dessiné une robe que je porte dans le film. C'était adorable de sa part. Un vrai cadeau...

Isabelle Willot


Coco Chanel & Igor Stravinski en salles le 6 janvier.

En savoir plus sur:

Nos partenaires