Entre binge drinking et dégustation, les habitudes de consommation d'alcool à travers les pays

18/04/16 à 15:42 - Mise à jour à 19/04/16 à 08:51

Source: The Guardian

Les habitudes bibitives et la quantité d'alcool raisonnable à ingurgiter au quotidien par personne varient énormément à travers les pays selon cette étude de Stanford, rapporte le journal anglais The Guardian.

Entre binge drinking et dégustation, les habitudes de consommation d'alcool à travers les pays

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Aux USA, par exemple, il est accepté socialement de boire trois à quatre verres par jour alors qu'en Suède, cette quantité est bien supérieure à celle recommandée par les autorités sanitaires. Dans ce pays nordique, on préconise plutôt un peu plus d'une unité d'alcool au quotidien pour une femme et 2,5 unités pour un homme. Par ailleurs, en, Islande, on conseille pas plus d'une unité d'alcool et maximum 2,5 en Autriche.

Ces variations sont liées aux différences de culture, émet comme hypothèse The Guardian, qui a sondé ses lecteurs de par le monde sur leurs habitudes de consommation.

Afrique du Sud

"Cela varie, mais la plupart des personnes boivent dans un contexte social bien défini, sans excès. La consommation d'alcool est souvent responsable. On ne conduit pas quand on a bu par exemple" - Dickon, 40

Espagne

"En Espagne, les travailleurs s'arrêtent généralement pour bruncher sur le temps de midi dans de petits restaurants. Ils y boivent une bière suivie d'un grand digestif et reprennent ensuite leur voiture pour retourner au travail. C'est le fait de boire et de conduire que je n'aime pas." - Anonyme 45

Australie

"Le "binge drinking" est mis sur un pied d'estale en Australie et les gens ne boivent pas de façon modérée. Nous devrions introduire des jours sans alcool. Je ne suis peut-être pas le meilleur exemple de la culture bibitive australienne car je suis un buveur occasionnel, je bois peut-être une fois par mois." - Anonyme, 44

Nouvelle Zélande

"Il existe une grande culture du "binge drinking" parmi les jeunes Néo-Zélandais et une grande partie du budget de la santé et de la police est dévolu à la prévention routière contre l'alcool au volant, aux accidents et aux services d'urgence, ainsi qu'aux effets dévastateurs de l'alcool sur le plus long terme. L'industrie des alcools forts est très puissante. Les lobbys sont très influents pour contrer les taxes sur les ventes de spiritueux. " - Anonyme, 50

Japon

"Les Japonais se rendent régulièrement dans des pubs typiques (appelés Izakayas) après leur travail le vendredi ou pour fêter des occasions spéciales avec leurs collègues. On y boit de l'alcool quasi à chaque fois accompagné de snacks, très peu de personnes en ressortent vraiment saoûles. Certaines personnes ont des problèmes liés à l'alcool dans notre pays, mais les gens ne boivent pas pour être ivres, mais plutôt pour se relaxer. Les règles concernant la consommation d'alcool au Japon semblent quasiment les mêmes qu'en Grande-Bretagne, mais il faut avoir 20 ans pour acheter de l'alcool dans le pays, mais la carte d'identité n'est pas souvent demandée et encore moins à des étrangers." - Anonyme, 23

Belgique

"On vend quasiment de la bière à chaque coin de rue, dans chaque friterie, et même les supermarchés proposent des dégustations de vin, mais être saoûl en public n'est pas vraiment toléré. Les Belges décrètent généralement deux jours pendant la semaine où ils ne boivent pas." - Elspeth Morlin, 46

France

"En France, les gens boivent beaucoup et régulièrement, mais en faible quantité. J'ai déjà rencontré pas mal de gens ivres, mais sans qu'ils soient violents. Lors d'un diner, on commencera par un apéro, suivi de trois verres de vin différents et un digestif, mais tout cela en faible quantité. Il y a aussi toujours de l'eau à table. Les Français aiment surtout boire pour savourer les arômes et pour accompagner leur plat." - Peter, 62

Italie

"En Italie, la consommation d'alcool est étroitement liée à la nourriture. On y boit généralement pour accompagner un met (du vin sera toujours disponible à table). Des encas seront aussi disponibles gratuitement lorsqu'on sirote un verre dans un bar. L'idée est de commander un verre à un prix standard et de picorer des petits snacks ou de se servir au buffet. Le problème avec ce genre d'apéritif c'est qu'on le prend avant de manger et que boire sur un estomac vide provoque des incidents. D'où la nourriture gratuite. Cette tradition a créé une sorte de sous-culture : une formule hybride entre l'apéritif et le dîner. Les Italiens, au lieu d'aller boire un verre et puis d'aller au restaurant se rendent dans le bar qui propose le meilleur buffet, commandent une boisson (environ 12 euros) et s'empiffrent avec le buffet, pour un diner relativement peu cher au final." - Benedetta, 31

Philippines

"Une fois qu'une bouteille est ouverte, il faut qu'elle soit vidée. Ce n'est jamais terminé tant qu'elle est pleine. Je pense que deux verres d'alcool par jour pour une femme est raisonnable mais 3 unités par jour pour un homme me semblent un peu exagéré. Mais je n'ai jamais vu ces indications publiées ou discutées dans le pays." - Richard Hartland, 39

Grande-Bretagne

"En Grande-Bretagne, s'amuser le soir sans boire un verre est tellement peu habituel qu'on peut rapidement passer pour un asocial si l'on ne suit pas le mouvement. Par contre, boire jusqu'à perdre la raison est cool. Malheureusement (et je suis un buveur), tous les conseils semblent être donnés de manière arbitraire et bien que les médecins disent que l'alcool est mauvais pour la santé, les limites imposées restent assez vagues et il n'y a pas de vraies statistiques."

"La plupart des Britanniques sont d'accord que le binge drinking est déplorable et transforment nos villes en endroits lugubres et menaçants la nuit, mais la réaction du gouvernement qui nous dit que boire de l'alcool donne le cancer ne me semble pas satisfaisante. Dans le reste de l'Europe, les gens boivent pour accompagner leur repas pas comme une fin en soi. Nous avons beaucoup à apprendre, mais notre histoire a une autre relation à l'alcool." Fergus, 68

US

"Nous aurions bien moins de problèmes avec l'alcool si nous rabaissions l'âge légal de consommation à 18 ans au lieu de 21. Les jeunes adultes sont pris à parti lors de soirées et d'évènements à l'université où la police est au courant que l'alcool coulera à flot et que les personnes présentes ont moins de 21 ans. Il y a aussi une puissante culture du binge drinking aux States." - Karina, 23

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