La chronique de Grégoire Polet: Kadhafoot

18/03/11 à 10:16 - Mise à jour à 10:16

Source: Weekend

Toutes les deux semaines, l'écrivain Grégoire Polet nous dévoile ses coups de coeur et coups de griffe.

La chronique de Grégoire Polet: Kadhafoot

Qui s'en souvient ? Les passionnés de foot, les archivistes de la Champions League ? Al-Saadi Kadhafi, le fils du dictateur libyen, a couru sur les terrains de foot européens en maillot de couleur... Pour être plus juste, il faut dire que, hors Libye, il a moins couru sur les pelouses vertes qu'il n'a chauffé les banquettes de remplaçants...

D'abord, il évolue dans un club tripolitain où il est interdit de le tacler et obligatoire de lui faire des passes et où l'entraîneur a mission officielle de lui obéir. Puis, le brillant avant-centre a le caprice de jouer dans un grand championnat européen. Il choisit le Calcio, sans doute pour des raisons de facilités diplomatiques (la Libye est l'ancienne colonie de l'Italie et Kadhafi était leur Mobutu). Naturellement : il offre des millions à un club de première division... pour se faire acheter.

Cela dit, il faut une sacrée bonne mémoire pour se souvenir d'Al-Saadi, de son dribble légendaire, de sa course élégante, de son sens du but... puisqu'au total de ses années dans le Calcio, l'avant-centre a joué 30 minutes environ. 15 avec Pérouse, 15 avec Udinese, 0 avec la Sampdoria, son dernier port européen.

Et encore ! Détail digne d'un film des Nuls : avant son tout premier match à Pérouse, avant même de fouler le gazon, Al-Saadi Kadhafi se faisait choper positif au contrôle antidopage... Suspendu pour trois mois... Franchement pas doué, même à la triche, l'enfant gâté. La suite de son itinéraire : capitaine de l'équipe nationale de Libye, président de la Fédération lybienne de Football, actionnaire à 7 % de la Juventus de Turin... et peut-être un jour, qui sait, banquette à La Haye... (Pas contre le PSV, devant le TPI)

Grégoire Polet

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