Paris tient-elle encore son rang de capitale de la mode ?

30/05/17 à 11:00 - Mise à jour à 11:03
Du LeVif Weekend du 19/05/17

La Ville lumière mérite-t-elle toujours son titre de capitale de mode numéro un ? La concurrence est rude, mais elle a de sérieux atouts pour elle. Inventaire.

Et soudain, il y eut comme un petit tremblement dans l'air, couleur désenchantée. La Fashion Week battait pourtant son plein, c'était le 3 mars dernier, mais voilà que le label Vetements annonçait sans façons que " Paris tue la créativité ", que son atmosphère " bling-bling " a un effet " destructeur " et qu'il est grand temps d'aller voir ailleurs, à Zurich, pourquoi pas ? Ainsi l'une des marques les plus " hype " du moment se riait de la vénérable capitale de la mode. Fondé en 2013, ce collectif très vite sorti du nous et de l'anonymat, désormais incarné essentiellement par Demna Gvasalia, par ailleurs directeur artistique de la maison Balenciaga, disait ainsi tout son mépris, seul un déménagement en Suisse pouvait le préserver de la " forfanterie des stars de la mode " et du " glamour à vocation superficielle ". En sous-texte, on comprendra que les raisons fiscales ne sont pas étrangères à cette installation dans la cité alémanique où les échanges verbaux se font de préférence en Züritüütsch. Mais pas seulement, dit-on chez Vetements, " sinon nous aurions choisi Zoug ", lire Trou-en-Cambrousse. A cette annonce avec effet de manche s'ajouta ensuite un chiffre qui ne pouvait mentir : 92,232 millions contre 141 millions, Paris derrière New York, la Ville lumière a perdu sa première place dans la course au nombre de posts sur Instagram liés aux défilés, le réseau social ayant mesuré l'impact des quatre Fashion Weeks qui occupent le haut du pavé dans le calendrier. Elle en a pourtant vu d'autres. Et l'histoire est là pour lui donner raison, elle a toujours été dans le vent. " Cela date de Marie-Antoinette, défriche Serge Carreira, maître de conférences à Sciences-Po, spécialiste du luxe et de la mode. Elle dictait alors le goût. Dès le xviiie siècle, les marchands de mode parisiens étaient suivis dans le monde entier, à travers les gravures notamment. " Et si c'est à Paris que naît la haute couture, en 1868, grâce au Britannique Charles Frederick Worth, c'est parce qu'il y a fondé sa maison rue de la Paix (lire par ailleurs), après avoir travaillé comme vendeur chez Gagelin, célèbre " magasin de nouveautés ". " Il a ainsi pu bénéficier de cet héritage, de cette tradition : c'est parce qu'il y avait des tailleurs, des marchands de tissus, de dentelles, de colifichets, que cela a pu apparaître. Le système existait déjà mais il l'a effectivement révolutionné en créant la figure du couturier. "
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