La course ou la vie

Il y a celles et ceux qui ont préparé du banana bread ou attendu patiemment que leur levure prenne, et puis les autres, qui ont décidé de mettre les (re)confinements à profit pour se (re)mettre au sport. De préférence, avec l'assistance d'applications et objets connectés en tout genre, histoire de cultiver la motivation et tracer les progrès. Avec parfois le risque de se retrouver prisonnier malgré soi d'une course à la performance.

Une étude espagnole publiée au printemps (*) a révélé que la pandémie avait augmenté le risque de bigorexie, soit l'addiction au sport, chez les personnes qui en avaient une pratique régulière. Les hommes sont deux fois plus prédisposés que les femmes, le risque augmentant avec le niveau d'études et le statut, les célibataires risquant davantage l'addiction que les couples. A la clé, un marché juteux pour le secteur: rien qu'aux Etats-Unis, les téléchargements d'applis dédiées au sport ont augmenté de 47% au deuxième trimestre de 2020, tandis qu'entre mars et octobre de la même année, le budget dédié à l'équipement a doublé jusqu'à atteindre 2,3 milliards de dollars de revenus. Le fondateur du vélo stationnaire Peloton a quant à lui vu ses rentrées tripler, le rendant milliardaire en pleine pandémie. Et le bilan 2021 devrait être assez similaire au vu des bonnes habitudes prises...

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(*) " International Journal of Environmental Research and Public Health ", mars 2021

Hors normes

Au fond, c'est quoi un corps, un épiderme ou un cuir chevelu " normal "? Poser la question, c'est ne pas pouvoir y répondre, raison pour laquelle Unilever a décidé de supprimer le terme de son vocabulaire. Une reformulation qui s'inscrit dans une volonté du géant néerlandais des cosmétiques, qui possède notamment Axe et Dove, d'avoir une communication " plus juste et plus inclusive ".

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Et ça fait pop!

Même le journal Le Monde y a consacré une chronique. Ce joujou en silicone, souvent made in china and co, a déferlé dans les cours de récré et sur les stands de marché en quelques jours. La faute à une flopée d'influenceurs arborant l'antistress sur les réseaux. Le concept? Il suffit d'écraser les dômes, seuls ou à plusieurs, et de profiter du petit "pop" que cela fait. Pourquoi? parce que "c'est satisfaisant!", répondent-ils en choeur. Cela dit, certains orthophonistes utiliseraient aussi l'engin pour aider leurs patients à détacher les syllables, en enfonçant une cloche à chacune d'elles. Ouf, une utilité!

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Fast make-up

En lançant d'emblée plus d'une centaine de références, Zara entend bien s'imposer, comme H&M avant elle, mais aussi un nombre impressionnant de célébrités, sur le marché lucratif du maquillage. La bonne idée? S'être associée avec Diane Kendal, make-up artist reconnue et gage de crédibilité. Ses points forts? Un packaging moderne et rechargeable, une gamme étendue de couleurs et une formule végane. Le tout à des prix comparables à ceux de marques vendues en supermarché.

SDP/ ZARA
© SDP/ ZARA

No gender

La Gen Z ne se reconnaît plus dans la distinction binaire des genres, forçant l'industrie cosmétique à revoir sa copie. Le boom du skincare "mixte" - incarné cette année par la marque de l'influenceur Hyram Yarbro (photo) ou une ligne neutre chez Caudalie - arrange bien un marché qui n'est jamais parvenu à faire décoller les soins "pour homme". Du côté maquillage, le message est le même - nos produits conviennent à tous - ce qui se voit dans les emballages et la diversité parmi les égéries.

SDP
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Tics & TOC

"TikTok, l'application qui donne des tics et des TOC"? S'il est fort peu probable que la plate-forme favorite de la Gen Z utilise ce slogan pour sa prochaine campagne, une étude réalisée cette année par des chercheurs canadiens a pourtant mis en avant le lien entre une utilisation intensive du réseau social vidéocentrique et l'apparition du syndrome de Gilles de la Tourette. Une corrélation dangereuse à laquelle les jeunes utilisatrices seraient particulièrement sensibles et qui s'expliquerait non pas par le rythme soutenu auquel les vidéos s'enchaînent sur l'appli, mais bien plutôt par l'exposition à pléthore de TikTokeurs présentant eux-mêmes des symptômes de la maladie, qui se caractérise par des tics moteurs ou verbaux soudains et intermittents. Et les neurologues en charge de l'étude de qualifier le phénomène de "maladie sociogénique de masse", soit la propagation spontanée de comportements au sein d'un groupe donné. Quant à savoir pourquoi les filles sont plus concernées, le mystère reste entier.

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Cernés comme jamais

Si vous abordez cette fin d'année au bord de l'épuisement, sachez que les commentaires pseudo-bienveillants sur votre mine fatiguée, au réveillon, sont susceptibles, cet hiver, de faire place à de l'admiration, voire même à de l'envie. C'est que contre toute attente, les cernes sont désormais plus hype que jamais, et s'affichent soit parés de strass, comme sous les yeux d'Ella Emhoff, belle-fille de Kamala Harris, au MET Gala, soit carrément foncés artificiellement, pléthore de tutos expliquant comment accentuer les poches sous les yeux ayant pris le Web d'assaut. De là à dire qu'on est cerné par cette tendance surprenante, il n'y a qu'un pas qu'on ose franchir. Bon pied bon oeil, même.

La top Ella Emhoff a adopté la tendance "poches sous les yeux"., GETTY IMAGES
La top Ella Emhoff a adopté la tendance "poches sous les yeux". © GETTY IMAGES

Assurance complémentaire

Crise Covid oblige, le Belge n'a sans doute jamais consommé autant de compléments alimentaires, souvent dans l'espoir de booster son système immunitaire. Une étude menée par la marque Incara Solutions révèle ainsi que ce sont surtout les femmes (près de 75%) qui sont les plus friandes de ces produits. Si deux Belges sur trois optent pour une cure (35% tous les mois, 40% tous les trimestres), près d'une personne sur deux ne la termine pas. Un chiffre qui grimpe même à plus de trois sur quatre pour la tranche d'âge des 18-34. L'offre, qui ne se limite plus aux gélules vendues en pharmacie, ne cesse de se diversifier. Après le succès retentissant des "gummies", on a vu apparaître cette année des solutions concentrées en gel, réputées quatre fois plus assimilables par l'organisme.

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Il y a celles et ceux qui ont préparé du banana bread ou attendu patiemment que leur levure prenne, et puis les autres, qui ont décidé de mettre les (re)confinements à profit pour se (re)mettre au sport. De préférence, avec l'assistance d'applications et objets connectés en tout genre, histoire de cultiver la motivation et tracer les progrès. Avec parfois le risque de se retrouver prisonnier malgré soi d'une course à la performance. Une étude espagnole publiée au printemps (*) a révélé que la pandémie avait augmenté le risque de bigorexie, soit l'addiction au sport, chez les personnes qui en avaient une pratique régulière. Les hommes sont deux fois plus prédisposés que les femmes, le risque augmentant avec le niveau d'études et le statut, les célibataires risquant davantage l'addiction que les couples. A la clé, un marché juteux pour le secteur: rien qu'aux Etats-Unis, les téléchargements d'applis dédiées au sport ont augmenté de 47% au deuxième trimestre de 2020, tandis qu'entre mars et octobre de la même année, le budget dédié à l'équipement a doublé jusqu'à atteindre 2,3 milliards de dollars de revenus. Le fondateur du vélo stationnaire Peloton a quant à lui vu ses rentrées tripler, le rendant milliardaire en pleine pandémie. Et le bilan 2021 devrait être assez similaire au vu des bonnes habitudes prises... Au fond, c'est quoi un corps, un épiderme ou un cuir chevelu " normal "? Poser la question, c'est ne pas pouvoir y répondre, raison pour laquelle Unilever a décidé de supprimer le terme de son vocabulaire. Une reformulation qui s'inscrit dans une volonté du géant néerlandais des cosmétiques, qui possède notamment Axe et Dove, d'avoir une communication " plus juste et plus inclusive ". Même le journal Le Monde y a consacré une chronique. Ce joujou en silicone, souvent made in china and co, a déferlé dans les cours de récré et sur les stands de marché en quelques jours. La faute à une flopée d'influenceurs arborant l'antistress sur les réseaux. Le concept? Il suffit d'écraser les dômes, seuls ou à plusieurs, et de profiter du petit "pop" que cela fait. Pourquoi? parce que "c'est satisfaisant!", répondent-ils en choeur. Cela dit, certains orthophonistes utiliseraient aussi l'engin pour aider leurs patients à détacher les syllables, en enfonçant une cloche à chacune d'elles. Ouf, une utilité! En lançant d'emblée plus d'une centaine de références, Zara entend bien s'imposer, comme H&M avant elle, mais aussi un nombre impressionnant de célébrités, sur le marché lucratif du maquillage. La bonne idée? S'être associée avec Diane Kendal, make-up artist reconnue et gage de crédibilité. Ses points forts? Un packaging moderne et rechargeable, une gamme étendue de couleurs et une formule végane. Le tout à des prix comparables à ceux de marques vendues en supermarché. La Gen Z ne se reconnaît plus dans la distinction binaire des genres, forçant l'industrie cosmétique à revoir sa copie. Le boom du skincare "mixte" - incarné cette année par la marque de l'influenceur Hyram Yarbro (photo) ou une ligne neutre chez Caudalie - arrange bien un marché qui n'est jamais parvenu à faire décoller les soins "pour homme". Du côté maquillage, le message est le même - nos produits conviennent à tous - ce qui se voit dans les emballages et la diversité parmi les égéries. "TikTok, l'application qui donne des tics et des TOC"? S'il est fort peu probable que la plate-forme favorite de la Gen Z utilise ce slogan pour sa prochaine campagne, une étude réalisée cette année par des chercheurs canadiens a pourtant mis en avant le lien entre une utilisation intensive du réseau social vidéocentrique et l'apparition du syndrome de Gilles de la Tourette. Une corrélation dangereuse à laquelle les jeunes utilisatrices seraient particulièrement sensibles et qui s'expliquerait non pas par le rythme soutenu auquel les vidéos s'enchaînent sur l'appli, mais bien plutôt par l'exposition à pléthore de TikTokeurs présentant eux-mêmes des symptômes de la maladie, qui se caractérise par des tics moteurs ou verbaux soudains et intermittents. Et les neurologues en charge de l'étude de qualifier le phénomène de "maladie sociogénique de masse", soit la propagation spontanée de comportements au sein d'un groupe donné. Quant à savoir pourquoi les filles sont plus concernées, le mystère reste entier. Si vous abordez cette fin d'année au bord de l'épuisement, sachez que les commentaires pseudo-bienveillants sur votre mine fatiguée, au réveillon, sont susceptibles, cet hiver, de faire place à de l'admiration, voire même à de l'envie. C'est que contre toute attente, les cernes sont désormais plus hype que jamais, et s'affichent soit parés de strass, comme sous les yeux d'Ella Emhoff, belle-fille de Kamala Harris, au MET Gala, soit carrément foncés artificiellement, pléthore de tutos expliquant comment accentuer les poches sous les yeux ayant pris le Web d'assaut. De là à dire qu'on est cerné par cette tendance surprenante, il n'y a qu'un pas qu'on ose franchir. Bon pied bon oeil, même.Crise Covid oblige, le Belge n'a sans doute jamais consommé autant de compléments alimentaires, souvent dans l'espoir de booster son système immunitaire. Une étude menée par la marque Incara Solutions révèle ainsi que ce sont surtout les femmes (près de 75%) qui sont les plus friandes de ces produits. Si deux Belges sur trois optent pour une cure (35% tous les mois, 40% tous les trimestres), près d'une personne sur deux ne la termine pas. Un chiffre qui grimpe même à plus de trois sur quatre pour la tranche d'âge des 18-34. L'offre, qui ne se limite plus aux gélules vendues en pharmacie, ne cesse de se diversifier. Après le succès retentissant des "gummies", on a vu apparaître cette année des solutions concentrées en gel, réputées quatre fois plus assimilables par l'organisme.