Le Coorie, à prononcer KU-RI, est un mot écossais qui signifie "se baisser, se pencher, s'accroupir pour se protéger", une autre traduction lui donne la notion de "se blottir, se nicher". Il plonge ses racines dans le gaélique còsagach. Dans son Livre du Coorie (éditions First), l'autrice Gabriella Bennett définit ce mouvement comme "le chic qu'ont les Ecossais pour trouver confort, énergie et bien-être dans des paysages à couper le souffle et des intérieurs chaleureux".
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Le Coorie, à prononcer KU-RI, est un mot écossais qui signifie "se baisser, se pencher, s'accroupir pour se protéger", une autre traduction lui donne la notion de "se blottir, se nicher". Il plonge ses racines dans le gaélique còsagach. Dans son Livre du Coorie (éditions First), l'autrice Gabriella Bennett définit ce mouvement comme "le chic qu'ont les Ecossais pour trouver confort, énergie et bien-être dans des paysages à couper le souffle et des intérieurs chaleureux". Pour faire plus simple, le Coorie, c'est le bonheur "made in Scotland" qui trouve son équilibre entre la nature sauvage de ses terres et l'envie de ses habitants de se réfugier dans leurs habitations cosy. Entre solitude et moments partagés. C'est la délicate balance entre dehors et dedans. Le Coorie parfait? Imaginez-vous rentrer après une matinée de randonnée, un feu brûle dans la cheminée, l'air frais et piquant charrie avec lui les parfums de la lande et de la bruyère humide. Un bon bol de soupe vous attend dans cette atmosphère chaleureuse aux odeurs entêtantes de cannelle et de lanoline. Vous passez votre album préféré en vous pelotonnant auprès de l'âtre, un verre de whisky entre les mains. Cliché? Un peu.Mais au fait, d'où vient cette énième technique qui s'inscrit dans la parfois oppressante injonction au bien-être qui plane sur notre société en quête de perfection? Après le buzz du Hygge danois et du Lagom suédois, le filon des "méthodes de bonheur à la nordique" arrive doucement à saturation. C'est là qu'intervient ce nouveau mode de vie initié outre-Manche, peut-être pas si innocemment que ça... La popularisation du Coorie est en effet survenue après une initiative marketing lancée en 2018 par VisitScotland, l'organe chargé de la promotion du tourisme là-bas, et qui encourageait les visiteurs des Highlands à se mettre à l'aise devant un feu qui crépite, un bon livre à la main, un grog chaud non loin et de bons amis. Une vision (trop) simpliste et édulcorée d'un art de vivre plus profond, Gabriella Bennett évoquant une dimension plus symbolique: "Il s'agit d'un mode de vie où le calme provient d'un engagement avec notre héritage, que cela se fasse à petite ou grande échelle." Situé à la croisée des chemins entre patrimoine, slow-living et respect de la nature et de l'environnement, le bonheur à l'écossaise semblerait donc offrir une recette magique de la plénitude. On s'y met comment? Bon, il faut bien concéder que nos régions sont moins sauvages que celles des Highlands écossais, et encore, les amateurs des Fagnes pourraient riposter. Mais l'idée reste la même. Et comme on ne peut pas (encore) se téléporter sur la West Highland Way ni grimper un munro (comprendre un sommet écossais ne dépassant pas les 900 m), il faut bien faire contre mauvaise fortune bon coeur. Le dress code pour arpenter bois et parcs: un manteau chaud, un pull, de grosses chaussettes, des bottes, un bonnet en laine et une écharpe (en tartan de préférence). Si l'Ecosse est plus connue pour son traditionnel whisky, elle représente malgré tout près de 40% des exportations de gin du Royaume-Uni. Plus aisé à réaliser que son cousin malté, le gin est également très facile à faire chez soi! On peut y ajouter à peu près tout, des aiguilles de pin pour une saveur boisée, de la lavande pour une note plus florale ou du piment pour un petit coup de chaud. Quand votre gin est prêt, une soirée dégustation s'impose pour une masterclass de cocktails Coorie. Et pour accompagner son verre, on prépare des shortbreads, biscuits emblématiques de l'Alba, à la fois croquants et fondants en bouche. Il serait, en revanche, dommage de reléguer le Coorie à quelques balades en forêt et une recette de gâteau. Car celui-ci recouvre un mode de vie bien plus vaste qui vise aussi à explorer ces contrées et toutes ses richesses. Que ce soit l'usage de tartan réinventé - qui se décline sous des formes des plus variées, du traditionnel kilt au textile d'intérieur -, la connaissance de l'histoire écossaise, ou encore la célébration de ses fêtes - comme le Hogmanay, une version survitaminée du Nouvel An pour célébrer le solstice d'hiver -, cet art de vivre met en lumière une culture peu connue. Cependant, le Coorie n'a pas pour but de renforcer les stéréotypes. Comme le mentionne l'autrice Gabriella Bennett dans son livre, "plutôt que de perpétuer les rituels écossais jusqu'à la corde, le mouvement Coorie fait progresser les plus vieux rituels". De plus, il ne faut pas être un natif pour être Coorie. Comme le prouve la créatrice britannique Viviane Westwood qui a fait des kilts sa marque de fabrique à ses débuts, traduisant ainsi son hostilité ouverte contre les normes sociétales. Il suffit en fait à chacun de prendre le pouls culturel de cette contrée à son rythme... Pour les plus littéraires, les poèmes de Robert Burns, pionnier du romantisme, sont un bon point de départ. On peut aussi parcourir la lande sauvage et romantique aux côtés des soeurs Brontë et de leurs romans avec une mention spéciale pour les Hauts de Hurlevent d'Emily. Ou visiter l'île de Skye avec la famille Ramsay dans la Promenade au phare de Virginia Woolf. Et s'immerger dans les paysages typiques au fil des séries Outlander ou encore Shetland. Sur fond de musique celtique, vous voilà prêt pour vous détendre, comme un Ecossais...