Comme un parfum de vacances au rayon fragrances

© SARAH COMEAU
Isabelle Willot

Qu’elles soient marines, fruitées ou hespéridées, les notes aériennes sont les stars de l’été. Ces éditions saisonnières qui s’invitent chaque année dans nos vanity-cases nous plaisent un temps… et puis s’en vont.

Sur la peau, dès qu’on le vaporise, apparaissent des notes d’écorce d’orange et de petit grain, rattrapées par la rondeur d’un duo de jasmin et de néroli, embaumé de benjoin et de bois de santal. Avec ce jus, nouveau venu éphémère de la famille des Eaux de Chanel, sous-titré Paris-Riviera, Olivier Polge, le nez de la maison, voulait faire revivre à sa manière « l’esprit joyeux et ensoleillé de la Côte d’Azur des années 20 ». Ce sillage, floral et lumineux, évoque déjà le farniente; c’est un peu l’ADN de ces fragrances fraîches et légères qui (re)fleurissent chaque année dans les parfumeries, annonçant le retour des beaux jours. A la manière d’un amour de vacances, on s’en éprend passionnément – quitte à abandonner son flacon préféré – pour mieux l’oublier à la rentrée.

Escada Miami Blossom, à partir de 41 euros les 30 ml. / Azzaro Sea, Shine & Fun, 60 euros les 100 ml. / Les Sorbets, Nina Ricci, 75 euros les 50 ml. / Angel Eau Croisière, Thierry Mugler, 68 euros les 50 ml.
Escada Miami Blossom, à partir de 41 euros les 30 ml. / Azzaro Sea, Shine & Fun, 60 euros les 100 ml. / Les Sorbets, Nina Ricci, 75 euros les 50 ml. / Angel Eau Croisière, Thierry Mugler, 68 euros les 50 ml.© SDP

« L’engouement pour celles que l’on appelle aujourd’hui les eaux d’été coïncide avec l’apparition des premiers « flankers » dans le secteur, au cours des années 90, rappelle Eugénie Briot, responsable des programmes de l’école de parfumerie Givaudan. Déjà alors, avec le lancement de Tendre Poison, de Fleur d’Interdit de Givenchy ou d’Amazone Eau de Fraîcheur, il y avait l’idée d’alléger le jus fondateur, d’en proposer une version plus accessible qui garde un air de famille avec l’original. » Pionnière de l’exercice de style, L’Eau d’Issey sort pour la première fois en édition summer en 1995, soit quatre ans à peine après sa création. Depuis lors, la marque propose une version chaque année, véritable rendez-vous pour les fans de la fragrance qui peuvent ainsi la redécouvrir à loisir. Une pratique commerciale, adoptée aussi par Kenzo, Davidoff, CK One ou encore Dolce & Gabbana, qui permet à la fois de créer la surprise tout en jouant à fond la carte de la ritualisation.

Les Eaux de Chanel Paris-Riviera, 116 euros les 125 ml (disponible pendant un an à partir du 3 juin prochain dans les boutiques Chanel et chez Galeria Inno). / Light di Gioia, Giorgio Armani, 80 euros les 50 ml. / Dolce & Gabbana Light Blue Sun, 99 euros les 100 ml. / Estée Lauder Bronze Goddess Eau Fraîche Skinscent, 76 euros les 100 ml.
Les Eaux de Chanel Paris-Riviera, 116 euros les 125 ml (disponible pendant un an à partir du 3 juin prochain dans les boutiques Chanel et chez Galeria Inno). / Light di Gioia, Giorgio Armani, 80 euros les 50 ml. / Dolce & Gabbana Light Blue Sun, 99 euros les 100 ml. / Estée Lauder Bronze Goddess Eau Fraîche Skinscent, 76 euros les 100 ml.© SDP

Le rendez-vous est pris, annuellement, avec un produit d’autant plus désirable que l’on sait par avance qu’il ne durera pas. Escada choisit même, pour chaque version, de repartir d’une page blanche. Seul point commun entre les déclinaisons soeurs? Toutes évoquent par leur nom et leurs accents une destination enchanteresse. « L’avantage incontestable de ces lancements périodiques, c’est qu’ils permettent d’animer les gammes avec des enjeux bien moins lourds, poursuit Eugénie Briot. On fait vivre la saga sans encombrer les rayons de façon pérenne. L’histoire se termine en principe à la fin de la saison – même s’il peut arriver que certaines eaux estivales entrent finalement dans les collections permanentes. C’est un moyen moins risqué de tester le marché, de proposer quelque chose de différent, généralement moins gourmand, sans grande prise de risque. Le fait de retirer le parfum des rayons n’est pas dans ce cas-ci un aveu d’échec. »

L'Eau Kenzo Neo, 61,50 euros les 50 ml (en exclusivité chez Ici Paris XL). / Davidoff Cool Water Woman Summer Edition 2019, 40,62 euros les 100 ml. / Berdoues Azur Riviera, 85 euros les 100 ml. / Aqua Allegoria Coconut Fizz, Guerlain, à partir de 75 euros les 75 ml. / CK One Summer, 44,50 euros les 100 ml.
L’Eau Kenzo Neo, 61,50 euros les 50 ml (en exclusivité chez Ici Paris XL). / Davidoff Cool Water Woman Summer Edition 2019, 40,62 euros les 100 ml. / Berdoues Azur Riviera, 85 euros les 100 ml. / Aqua Allegoria Coconut Fizz, Guerlain, à partir de 75 euros les 75 ml. / CK One Summer, 44,50 euros les 100 ml.© SDP

Si une audace olfactive peut donc être acceptée, le jeu impose toutefois de respecter certaines codes, dans le choix des notes notamment. Les agrumes omniprésents, de la bergamote au yuzu, donnent à ces sillages le coup de frais recherché lorsque les températures montent. Il n’est pas rare qu’un parfumage plus généreux soit d’ailleurs encouragé par un design de spray favorisant la dispersion en fines gouttelettes. Les accords plus solaires font appel à des matières premières exotiques – la coco, le monoï, la fleur de frangipanier – qui ne sont pas sans rappeler les odeurs régressives des crèmes solaires complices des grands chassés-croisés de juillet-août. On les retrouve notamment cette année dans Coconut Fizz, l’une des versions 2019 de l’Aqua Allegoria de Guerlain – le parfumeur Thierry Wasser renouvelle trois membres de la collection chaque année – mais aussi chez Dolce & Gabbana. Les fruits tropicaux comme l’ananas ou la mangue se pressent aussi chez Mugler ou chez Escada. Quant à la mer et ses embruns, incarnés par la molécule de calone et la note juteuse du melon, elle est évoquée jusque dans la couleur azurée des articles. Comme une invitation à plonger dans l’été.

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