87, rue du Doyenné, à 1180 Bruxelles. Tél.: 02 343 45 23. www.caffealdente.com
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Osteria plutôt chic nappée de blanc, cette adresse déroule l'Italie comme on l'aime, c'est-à-dire franche du collier et intraitable sur le produit. Le bon plan consiste ici à s'inviter au comptoir le temps d'un repas qui permet de regarder le chef dans les yeux et de ne rien rater de la magie des casseroles. La carte plutôt courte respecte la structure transalpine des repas: antipasti, primi, secondi... On retient la moelleuse stracciatella, le vitello revisité et bien sûr les pâtes toujours juteuses. Le sommet? La carte des vins qui recèle des pures merveilles comme le Roero Arneis de l'azienda agricola Brovia. A nos yeux, ce comptoir s'affirme comme le plus beau de la capitale. S'y arrêter pour un repas sur le pouce (ou pas) est un temps fort de la vie d'un épicurien. Entre autres détails, on savoure le contact du bel étain avec le coude, voire du manche d'un couteau Perceval (modèle 9.47) épousant le creux de la main. On aime aussi les propositions qui vont du snacking à déguster à la hâte - saucisse sèche, boquerones, saumon fumé au bois de hêtre, brillat-savarin de chez Julien Hazard... - à de petites merveilles comme les artichauts en barigoule ou la souris d'agneau cuite à basse température. La carte des vins ravit les naturistes (les perles du Celler Partida Creus!) tout en soignant les sensibilités plus traditionnelles.On s'assied au comptoir du Old Boy comme on mettrait les pieds sur un ring (c'est-à-dire avec la même certitude d'en prendre "plein la poire"). Derrière la cuisine ouverte, le chef enrubanné manie l'aigre et le doux, le frit et le mou, le chaud et le froid. Inflexible, il s'agite tel un ninja des saveurs suspendu quelque part entre Bangkok et Taipei. Wontons de boudin noir, bao de canard à la pékinoise, entrecôte grillée à la sauce satay... c'est à la fois brutal comme de la street food et délicat comme de la gastronomie de haut vol - l'ombre de Yoth Ondara (Crab Club) plane sur la carte. Et le vin? Il est nature et il déménage. C'est la petite bande de food-entrepreneurs à suivre à Bruxelles. Qui donc? La team à qui l'on doit Franz et Chez Richard. Ces petits malins-là ont tout compris à un goût du jour squatté par les quilles naturelles et les préparations simples mais avec pedigree. Leur dernier coup d'éclat? Tortue, un "club des hydropathes", comme le dit la carte de visite. Cette cave à manger de la taille d'un mouchoir de poche se déguste à la faveur d'un comptoir en bois qui égrène le bon et le savoureux sous forme de petites portions variant au gré des humeurs d'un patron adorable: ricotta de bufflonne au four et courgettes basilic citron; magret de canard, mousserons et confiture d'orange; filets de sardine d'Andalousie... Il ne reste plus qu'à croiser les doigts pour que vous trouviez une place. On ne va pas forcément rendre service à Stefan Marson en renseignant son adresse en ces pages, lui dont le lieu est déjà pris d'assaut par les amateurs. Désolé donc... mais c'est trop bon pour être gardé pour soi. La trame est celle d'un petit snack du zoning commercial du Bultia - ce qui, on l'avouera, n'a rien a priori de très excitant - dont les pâtes fraîches réalisées sur place mettent à genoux. On déjeune face à un alléchant comptoir alignant lardo di colonnata et autres guanciale pendant que d'aucuns viennent acheter leur sandwich. Quand on voit ce que Marson réussit à exprimer comme saveurs avec de simples tomates cerises, du basilic et quelques pignons de pin, on se dit qu'il en faut vraiment peu pour être heureux (à condition d'avoir son talent). C'est sur le principe d'une seconde adresse façon bistrot décontracté qu'Anne et Pierre Résimont ont imaginé ce Comptoir. Ceci, après plus de vingt années de gastro et loyaux services dans le cadre de leur enseigne-mère, L'Eau Vive. Pour ce lieu désamidonné du col, le couple cultive le lien avec les fournisseurs d'exception: fromages de chez Pascal Fauville, farine du Moulin de Hollange ou saumon de chez Vincent Dawagne. Parmi les suggestions, on retient les formidables asperges blanches cuites à la plancha servies avec des arachides et une vinaigrette à l'orange. A tomber. Dans un décor manucuré jusque dans les moindres détails, qui s'articule autour d'un comptoir en bois salué par des chaises hautes, cette succursale du Café Maris montre l'exemple en dépoussiérant l'esprit brasserie. Plutôt que d'envoyer une cuisine invertébrée au kilo, l'enseigne calibre la moindre assiette au millimètre près: os à moelle en croûte de sel, croquettes aux crevettes dignes de ce nom ou encore moules au pastis et fenouil qui caressent le palais. Même les frites, croquantes et dorées, tiennent la route. A cela, il faut ajouter un service d'une rigueur totale et, ce que l'on n'osait même pas espérer d'une adresse waterlootoise au propos consensuel, des étiquettes enthousiasmantes ouvertes sur le vin nature (Bret Brothers, Philippe Tessier, les Vignerons d'Estézargues). L'homme qui a inventé le comptoir devrait être canonisé: c'est un remède efficace contre la solitude. Face aux chefs ou aux garçons qui officient, on retrouve sa dignité, exonéré que l'on est de siroter sa solitude à côté de ceux qui sont accompagnés. Cette trattoria qui agite Liège depuis sept ans fait place à un très beau comptoir en bois. La carte est courte et en prise avec les saisons. On y déniche par exemple de mémorables "maccheroni à la Gricia", soit des macaronis dans un esprit d'"amatriciana blanche", un vrai plat de berger mélangeant joue de porc (guanciale) et pecorino. Bien vu, un "altro Maccheroni", parfait pour l'aperitivo, s'est ouvert, qui vaut tout autant le détour. Si, pour vous, le vin est un produit vivant qui doit s'expérimenter autrement qu'à travers un rituel au formol, vous allez serrer cette adresse dans vos bras. Saka 20 est bien plus qu'un bar à vins, il s'agit d'un dispositif que n'aurait pas renié le réalisateur Jean Eustache. Au centre de celui-ci, Philippe Genion, MC marchiennois et auteur prolifique - réputé pour son Encyclopédie du Baraki (éditions Points) - qui a dédié sa vie et sa maison au raisin et à la bonne bouffe. On s'installe derrière un comptoir, réduit à sa plus simple expression, face à cet hôte charmant et étonnant qui sort des quilles fabuleuses issues de tous les continents: Ichigo de Ludovic Chanson, chinon de Nicolas Grosbois, grenache australien du Derelict Vineyard, mais également des tapas à foison façon sardines José Peña, croquettes variées, charcuteries ibériques, ventrèche... Le vin est une fête. Installé dans l'ombre de l'imposante maison de district de Borgerhout, sur la Moorkensplein, le chef Michael Roelants propose ici une version contemporaine d'indémodables classiques tandis que son épouse assure le service en salle. Leur maison accorde une importance de premier plan à la fraîcheur, à l'intégrité et au respect des produits; on y revient volontiers pour la solide noix d'entrecôte, les croquettes aux crevettes onctueuses ou le vol-au-vent revisité. La petite salle chaleureuse et conviviale peut accueillir environ 25 couverts, le must étant de s'installer au bar qui jouxte la cuisine ouverte. Forte de son concept populaire authentique, l'adresse s'est rapidement taillé une réputation dans le quartier... et bien plus loin. Valeur sûre réputée au-delà de son fief gantois pendant près de quarante ans, le bar-restaurant De Lieve a été repris en 2017 par une nouvelle équipe qui a donné un coup de jeune au cadre... tout en préservant son charme authentique, son grand comptoir central, ses tables conviviales et ses banquettes. La carte hebdomadaire aussi continue à privilégier une cuisine simple qui fait la part belle aux classiques d'autrefois (rillettes de canard, tendres joues de boeuf en ragoût, blanquette aux ris de veau...), préparés dans les règles de l'art et servis dans de charmantes assiettes en porcelaine bordées de rouge. Le goût du bonheur! Le chef Gert De Mangeleer et le sommelier Joachim Boudens proposent ici des produits de qualité supérieure dans un cadre de type bistrot urbain, avec possibilité de manger au bar qui entoure la cuisine ouverte. Avec son large éventail de plats qui trouvent leur inspiration aux quatre coins du monde, la carte fait tourner la tête: laissez-vous dériver sur une mer de saveurs asiatiques ou réveillez le carnivore qui sommeille en vous avec une savoureuse viande grillée accompagnée de frites et de salade! Le turbot grillé entier, servi avec une sauce sucrée d'inspiration japonaise et abondance de gingembre, d'oignons de printemps et de coriandre, laisse un souvenir impérissable... pour ne rien dire encore des inoubliables coques au combava, d'une fraîcheur parfaite. En sus, la maison affiche également une formule menu au rapport qualité-prix intéressant.