De la friture sur la ligne? A n'en pas douter. "Aujourd'hui, consommateurs et agriculteurs ne parlent plus la même langue, ils ne se comprennent plus. Des initiatives sont nécessaires pour rétablir le contact. C'est d'autant plus vrai qu'il est possible de faire converger les intérêts respectifs. Une production artisanale et locale pour les premiers, des prix de vente moins volatils pour les seconds." Tel est le constat au départ des Chips de Lucien, un projet qui réunit trois jeunes mousquetaires namurois: Stany Obin (28 ans), Antoine Van den Abeele (27 ans) et Thomas Cnockaert (34 ans). Dès 2016, ce trio d'agriculteurs - qui travaillent aussi les céréales, les betteraves et le lin - réfléchit à une façon de rétablir le dialogue entre ce...

De la friture sur la ligne? A n'en pas douter. "Aujourd'hui, consommateurs et agriculteurs ne parlent plus la même langue, ils ne se comprennent plus. Des initiatives sont nécessaires pour rétablir le contact. C'est d'autant plus vrai qu'il est possible de faire converger les intérêts respectifs. Une production artisanale et locale pour les premiers, des prix de vente moins volatils pour les seconds." Tel est le constat au départ des Chips de Lucien, un projet qui réunit trois jeunes mousquetaires namurois: Stany Obin (28 ans), Antoine Van den Abeele (27 ans) et Thomas Cnockaert (34 ans). Dès 2016, ce trio d'agriculteurs - qui travaillent aussi les céréales, les betteraves et le lin - réfléchit à une façon de rétablir le dialogue entre ces deux maillons situés de part et d'autre de la chaîne alimentaire à travers un produit fini permettant d'évacuer les intermédiaires. Egalement unis par les liens du sang - ils sont cousins -, les intéressés cultivent tous les trois la pomme de terre... Ce n'est donc pas un hasard si l'idée de produire des chips artisanales et locales arrive rapidement sur la table. Le circuit imaginé est imparable. Entre le lieu choisi pour le processus de transformation et leurs champs? Une distance maximale de 5 km. Difficile de faire mieux en termes de réduction des émissions de CO2. Le nom? Il rend hommage à un grand-père commun: Lucien Van den Abeele. Né en 1926 à Kruishoutem, l'homme s'est installé en 1958 en Wallonie, dans la ferme de Bure, point central de cette histoire familiale. Parti trop vite, il a laissé derrière lui trois enfants et six petits-enfants. Pour Les Chips de Lucien, pas question de recopier les standards de l'industrie: "Nous refusons d'utiliser des exhausteurs de goût ou des colorants, nous ne voulons pas de chimie dans nos paquets", explique Thomas Cnockaert, qui rappelle qu'épices et aromates ne constituent que 1 à 2% du produit total. La gamme consiste en quatre références: sel (une variété terrestre allemande débarrassée des microparticules de plastique), poivre et sel, paprika (à base de piments doux d'Espagne) et "épices". Un élargissement est prévu avec des goûts tels que pesto, fromage, oignons et fines herbes, tomate-basilic... "Les pommes de terre sont cultivées sur nos champs et par nous-mêmes, d'avril à octobre, explique Stany Obin. Nous disposons de bâtiments de stockage ventilés dans lesquels nous puisons au fur et à mesure de nos besoins. Nous pouvons conserver les pommes de terre assez longtemps, environ jusqu'au 15 août de l'année qui suit la récolte. Sur un an, nous produisons environ 25.000 tonnes dont, en 2019 et 2020, nous avons transformé 400 tonnes en chips. L'idée est de grandir au fil du temps." En ce qui concerne la variété, ce sont les Lady Claire et les Lady Rosetta qui ont été sélectionnées par le trio constitué en coopérative. La raison? Elles contiennent moins d'eau (75%) que les autres. Côté qualité, on notera que ces chips fabriquées à Mettet sont produites par "batch", un système discontinu dans la lignée des Kettle ou des Tyrrells, ce qui leur garantit un vrai croquant. Le tout à travers une coupe plus épaisse qui assure une texture intéressante, très croustillante. Il faut également pointer une méthode qui limite le taux de matière grasse à la surface de la chips.