6, galerie du Roi
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Ce concept prenant place au Wolf et dans les galeries Saint-Hubert (réouverture en octobre) montre une voie à suivre: revisiter la street food nationale. C'est d'autant meilleur que c'est un chef doublement étoilé qui s'y colle, Yves Mattagne. Sur une base de pâte croquante neutre de gaufre de Bruxelles, les recettes évoluent en fonction des saisons. L'été, il faut goûter la Stracciatella & Tomates soulignée d'un sorbet aux poivrons doux rappelant le goût du Tabasco. L'hiver, on opte pour la Beef Tartare qui rejoue un autre classique belge, le filet américain, à coups de câpres, cornichons, oignons et cresson. Pour les curieux, les variations sont nombreuses: vitello tonnato, asperges à la flamande, crevettes nobashi... Bruxelles a le levain en poupe, c'est une évidence. Dans la catégorie "pizza", c'est chez Marcella qu'il faut se rendre pour savourer cette montée en puissance. Dans un décor brutal et bruyant ponctué de colonnes en béton, cette enseigne arbore mobilier en bois, banquettes en cuir, plafond noir et luminaires en osier. La cuisine aligne de savoureuses pizzas, selon le goût napolitain - une pâte résistante sur les bords et molle en son centre. Ne pas passer à côté de la Bottarga, qui panache tomates jaunes de variété Giallo, stracciatella crémeuse et bottarga (des oeufs de poisson séchés) conférant un goût iodé à l'ensemble. Carte de vins nature italiens à l'étendue inédite dans la capitale. Avec ses bintjes glanées en circuit court (à Genappe), Patatak fait figure d'élève modèle en matière de frites. A cela, il faut ajouter une offre végane, qu'il s'agisse des patates douces cuites dans l'huile végétale, de sauces maison (notamment le ketchup à base de betterave et de vinaigre balsamique) ou de préparations comme Les Pleurotes du chef, soit des fricassées de champignons venues en droite ligne des Caves de Cureghem et servies en sauce avec différents légumes (céleri, butternut...). On aime aussi le fait que cette enseigne innove sans cesse, comme le prouvent les nouvelles fricandelles réalisées à partir de la bière Wesh'Groseille des micro-brasseurs saint-gillois de Beerstorming. Ce "fast good" moyen-oriental s'ouvre sur un petit comptoir en Mortex. En guise de déco, d'éloquents bocaux prouvent que la jeune équipe croit à la fermentation et au fait maison. Les temps forts de ces propositions levantines qui sollicitent les doigts et invitent au partage? Le muhamarra, préparation syrienne associant poivrons et noix que tempèrent de la mélasse de grenade, de l'huile et un peu de citron. Remarquables aussi sont le Berloumi grillé (un halloumi fabriqué à Berlare) et les feuilles de vigne citronnées comme il faut. Le bonheur ne serait pas complet sans des boissons dignes de ce nom, dont la sélection de bières (Zinnebir, Curieuse Neuse...) et les vins de l'une des coopératives les plus intéressantes de France (Les Vignerons d'Estézargues). Longtemps, c'est la version la plus triste de la cuisine mexicaine que l'on nous a mise sous le chicot. Du tex-mex de bas-étage. En peu de temps, on a vu sortir de terre plusieurs taquerias qui valent le coup. A Waterloo, Ancho mise sur une approche "cali-mex", soit des plats mexicains revisités par la plaque tournante gastronomique que constitue la Californie. Le principe: "build your own", comprendre réaliser sa propre préparation en faisant son choix entre burrito, nachos, bowl et tacos. On a testé ces derniers en trio. C'est ludique, décomplexé, gentiment régressif et garni d'une foule d'ingrédients malin - chou blanc et rouge, poulet mariné, cornichons, piments doux, porc, boeuf, riz au curcuma... Cette micro-cantine populo, dans laquelle on peut à peine manger sur place, encorne sans façon l'Espagne qui grignote dans un décor nu où les tapas du moment s'écrivent noir sur carrelages blancs. Cette arène de poche fait poser les genoux dans le sable en raison de ses bocadillos, des sandwichs hésitant entre la foccacia et la pitta (un pain exemplaire signé par la boulangerie Lefranc à Bois-de-Villers), servis chauds et envoyés par Cindy Denale, cheffe-torero. Fourrés de joue de cochon mijotée avec du piment, de pluma cuit minute, de chair de chorizo, de crème de manchego, voire de sauce tomate, ces délices de rue réchauffent le coeur. On boit quoi? D'office la sangria faite maison et vendue en grande bouteille. Le décor de snack 2.0 est celui d'une maison de famille datant de 1904. Aux pierres mosanes de la façade, répond le carrelage d'origine en carreaux de ciment ainsi qu'un joli bardage en bois clair. Home Made entend redorer le blason du burger. Pour ce faire, il a fait appel à l'équipe des producteurs locaux. En vrac: viandes de la toute proche boucherie Dochain, fromages de La Voie Lactée à Profondeville ou pain de la maison Demoulin. Du coup, les buns fourrés en question se découvrent tendres et juteux. La bonne nouvelle, c'est qu'ils sont servis par des frites imparables cuites à la graisse de boeuf (filtrée tous les jours et régulièrement renouvelée comme il se doit). Mention pour les bières signées Epik, une microbrasserie qui cultive ses propres houblons. Avec La Manufacture Urbaine, Charleroi a compris que demain commençait aujourd'hui. On raffole du scénario avisé déclinant une "plate-forme engagée dans la production et la valorisation d'une alimentation de qualité" qui propose pains et bières réalisés sur place. A ce volet hyper-local, le lieu ajoute un décor de cuves et de bois propice à des repas pris sur le pouce. Outre les bons burgers, la carte défrise en défiant un grand classique belge de la faim de nuit, à savoir la mitraillette. Rebaptisée Mu-traillette pour l'occasion, cette régression s'écrit avantageusement en version pain maison, filet pur de boeuf mariné, roquette, sauce relevée et frites fraîches cuites à la graisse de boeuf. Soif? Ne pas passer à côté de la Charleroy 350, une blonde caractérielle brassée entre les murs. Il était plus que temps que la vague des néo-pizzerias napolitaines débarque dans la Cité ardente (pour ne pas dire en Wallonie où elles font cruellement défaut). C'est désormais chose faite, depuis juillet dernier, à la faveur de Marghè. On doit cette enseigne qui en jette - somptueux four en mosaïque Visciano, comptoir de marbre blanc, belle étagère rétroéclairée, terrasse extérieure au décor tagué... - à Antonio Piccone, déjà connu pour Maccione, une pizzeria inspirée à Tongres. L'homme ne néglige aucun détail pour que ses pizzas renouent avec la magie du sud de l'Italie -farine importée en direct de Naples et temps de repos allongé pour la pâte. De la Marinara (5 euros) à l'Umbria (17 euros) avec de la fior di latte et de la porchetta D.O.P., on se régale. Ne pas manquer le pairing réjouissant avec les bières artisanales des Piémontais de Baladin.Quand Sergio Herman commence à cuire ses frites, on sait tout de suite que ce Zélandais s'est parfaitement intégré à son pays d'accueil. Atelier Frites prend l'art de les préparer très au sérieux. Les pommes de terre viennent du sol néerlandais et ont été choisies par le chef lui-même après une procédure de sélection longue de plusieurs mois. Leur sel est extrait de salicornes et leur donne un petit goût sucré-salé tout à fait unique. Les frites sont cuites avec leur peau, pour plus de goût, et s'accompagnent de garnitures gastronomiques. On peut opter pour le porc effiloché au pickles, basilic et parmesan, des carbonnades aux graines de moutarde ou de la sauce aux cacahuètes indonésienne au citron kaffir et des oignons frits croustillants. Tout ce qui passe à la friteuse a été upgradé: les croquettes de crevettes sont garnies de crustacés de Zélande et celles à la viande, de queue de boeuf mijotée. Baracca est la nouvelle Mecque de la pizza artisanale à Louvain. Les rondelles y sont légères et faciles à digérer grâce à l'utilisation d'une "pasta madre", c'est-à-dire un levain naturel nourri chaque jour avec beaucoup de soin. Elles sont cuites dans un four à bois, ce qui leur donne une croûte croustillante et fumée, aux bulles noircies. Le style est napolitain, ne vous attendez donc pas à des pizzas fines et croquantes, mais à des versions épaisses et moelleuses dont on peut plier les morceaux en deux, soit la seule manière acceptable de les manger à Naples. Bon à noter: on peut aussi venir chez Baracca pour des petits plats à partager ou pour un de leurs cocktails signature. L'histoire de Camino a commencé dans une petite salle sur le Vrijdagmarkt d'Anvers. Leur rice bowl est vite devenu leur signature: les bols royaux composés de riz, de poitrine de porc ou de tofu, de légumes frais, d'un oeuf sur le plat et d'une généreuse portion de quojuang (pâte de piments coréenne) sont une interprétation libre du bibimpap coréen. Lorsqu'il s'est retrouvé à l'étroit, Camino a déménagé sur la verdoyante Munthof, tandis que le "bol" s'est accompagné de nouveaux classiques comme les aubergines grillées à la pâte de sésame, de poulet frit, de brocollinis au kimchimayo et de nouilles. Les cocktails rafraîchissants et les vins naturels rincent la bouche après ces plats relevés. Un service rapide et pro ainsi qu'une grande terrasse achèvent de faire du lieu un must. Pendant le confinement, Pieter Clement, le chef-star du restaurant Lunapark, a décidé de faire sauter des burgers... de luxe. Ceux-ci sont préparés avec des petits pains briochés maison, des patties juteux - maison eux aussi - et du fromage fondu. Pour accompagner sa viande, on boit un verre de vin naturel, une bière artisanale ou un cocktail. Pour le moment, tout est encore préparé à l'extérieur, sur la terrasse du restaurant, mais vu son succès, Pickle Pickle s'installera dans un lieu fixe dès octobre. Attention: l'endroit ouvre uniquement par ciel clément, donc il faut vérifier la page Instagram avant de faire la route pour rien.