Pour cette douzième édition, c'est la "créativité sans limites" qui doit servir de fil rouge au long des semaines. Une invitation qui ne devrait pas poser de problème au candidat belge, dont on décrit la cuisine comme impulsive et créative, prompte à "bouleverser les codes de la cuisine classiques à travers des associations de goûts inattendues". Lui, qualifie son style de franc, sa cuisine sans filtre, autant visuellement que gustativement, même si elle n'est pas forcément ce qu'elle donne à voir de prime abord. Une béchamel qui en aurait le goût, mais la texture aérienne d'un espuma, cette écume goûtue mise au point par Ferran Adria. Son patron lui, David Martin (La Paix**) souligne le caractère fougueux de son sous-chef.

Sur la photo du dossier de presse, quand certains de ses comparses posent bras croisés, lui se présente frontalement sourire aux lèvres et oeil vif, se frottant les mains, comme signifiant son impatience à rentrer dans la danse. À participer. Prêt à se la donner. Et à succéder à Mallory Gabsi, celui que d'aucun qualifiaient de "pépite" la saison 11 et qui avait déjà atteint les demi-finales.

Une consécration, déjà

Il faut dire que pour le jeune chef, participer à l'aventure Top Chef est plus qu'un défi, une étape dans sa carrière ou une fierté. C'est une véritable consécration et la confirmation que son univers culinaire porte en lui le potentiel de plaire au plus grand nombre. Il y a de quoi partager son sentiment quand on pense au chemin qu'il a fallu parcourir pour en arriver là.

En échec scolaire dans le système académique, Mathieu intègre l'école hôtelière de Namur. Il passe ensuite par les cuisines du Comme chez soi, avant d'intégrer l'équipe de La Paix**, de David Martin, où il officie actuellement comme sous-chef (enfin quand la situation sanitaire le permet). Contacté en juillet par la production de Top Chef, il fait partie des 8000 candidats belges à passer les épreuves, semaine après semaine. Sans se rencontrer, jamais. Pour accéder finalement au Graal : une place parmi les 15 candidats qui auront la chance d'être coaché par quatre chefs français de renom, mais aussi les chefs invités. De vivre cette aventure gastro-télévisuelle, et surtout de profiter de cette formation accélérée auprès de sommités.

D'ailleurs, quand on lui demande quelle est l'épreuve qu'il redoutait le plus, sans une once d'hésitation il évoque la première: se retrouver devant ce jury d'exception de la gastronomie française (Philippe Etchebest, Hélène Darroze, Michel Sarran et Paul Pairet, NDLR.) "Ce sont pour moi de véritables stars. Et même si dans le petit écran, Etchebest est celui dont le charisme semble le plus fort, croyez-moi, ils sont tous les quatre très impressionnants."

"Le seul adversaire, c'est moi-même"

Cette épreuve inaugurale était surtout pour lui le moment fatidique où son univers culinaire allait être jugé. Le "ça passe ou ça casse ultime", validant ou non sa légitimité à se retrouver ici, mais au-delà de ça, à être un jeune chef ambitieux. À entendre l'enthousiasme dans la voix du jeune homme, il semble que sa vocation ait sa raison d'être? Comment ne pas prendre la grosse tête quand on est l'"élu" belge ? A cette question, il évoque la famille, les amis, les scouts. Tout ce qui nous insuffle des valeurs dans la vraie vie, hors caméra. Mathieu ne voit pas les autres candidats comme des adversaires, mais plus des copains. "Le seul adversaire, c'est moi-même ", dit-il.

Confinés à l'hôtel

Crise du Covid oblige, cette saison 12 de Top Chef a fait l'objet de procédures sanitaires très strictes sous la surveillance drastique des autorités de santé, et ce pour éviter tout cluster, dans les équipes techniques, mais aussi chez les candidats et le jury. Locaux de tournage vastes, plus spacieux, mieux aérés aussi... Mais aussi tests tous les trois jours pour les équipes techniques et la production.

Quiconque s'avèrerait positif à ce test régulier était immédiatement écarté. Même traitement pour les chefs.

Et en ce qui concerne les candidats, être positif aurait été éliminatoire. Il a donc été décidé qu'ils seraient tous les 15 confinés ensemble à l'hôtel, et "chaperonnés" par deux "nounous" de la production.

Les 15 candidats de Top Chef saison 12, SDP
Les 15 candidats de Top Chef saison 12 © SDP

Alors qu'au cours des éditons précédentes, les candidats pouvaient quitter le navire et rentrer chez eux quand il n'y avait pas de tournage, cette saison placée sous le signe du covid avait des airs de colonies de vacances pour des candidats, vivant quasiment h24 et 7 jours sur 7 ensemble. Soit près de 50 jours pour ceux qui sont allés jusqu'au bout. Des telles conditions créent forcément des liens, des amitiés, une grande complicité au sein d'une même brigade. L'émulsion née de cette bulle hors du temps, hors de tout, s'en ressentira-t-elle à l'écran ? On ne le sait pas encore. Mais ça intrigue forcément.

Une saison 12 à l'ambiance colonie de vacances

Quand on évoque avec lui la situation actuelle de l'horeca, le jeune sous-chef estime qu'il n'a pas à se plaindre. Etant salarié, il est peu impacté financièrement comparé à certains de ses proches qui subissent pleinement cette situation d'arrêt forcé. Lui qui a passé le premier confinement à la campagne dans sa famille, a vécu le deuxième au rythme de cette émission.

D'abord son tournage, de septembre à décembre, puis le service après-vente depuis fin décembre, entre interviews et tournage d' "A la sauce belge". Pour coller à l'actualité et les conditions de travail du secteur, la compétition a d'ailleurs adapté cette année sa formule. Elle a enjoint les chefs candidats à imaginer une formule adaptée au click & collect, en lieu et place de l'épreuve de "La guerre des restos" où les candidats doivent habituellement créer de bout en bout un établissement à leur image.

Le futur

Même si son objectif est d'ouvrir un jour son propre établissement et de décrocher les étoiles, le jeune homme est tempéré : "Bien sûr, c'est clairement mon objectif, mais je veux prendre le temps de le faire bien, quand le moment sera venu, sans précipitation". Il reconnait toutefois à Mory Sacko - candidat de Top Chef 11 qui a ouvert son adresse dans la foulée et s'est vu attribuer rapidement une étoile Michelin - un talent incontestable. Rappelons que Mathieu n'a que 22 ans, ce qui fait de lui le plus jeune candidat de cette promotion, après Charline Stengel, 19 ans, candidate qualifiée via le concours Objectif Top Chef. Le 13 autres s'approchent de la trentaine ou en sont les représentants épanouis.

En attendant, lundi soir, pour la première diffusion, il sera chez lui avec un ami, impatient de découvrir sa prestation, avec en Facetime sa famille au grand complet. "Je sais ce que j'ai donné sur place pendant les tournages, mais je suis vraiment curieux de voir ce que ça donne à la télé. C'est une grande première". Et sans doute le début d''une grande aventure, pour lui qui chaque semaine partage la vedette de l'émission "À la sauce belge" avec Sophie Pendeville, et durant laquelle il prend un plaisir non dissimulé. Mathieu se verrait bien plus tard en une sorte de Cyril Lignac belge ?, "Y a pire comme réussite, non". C'est tout le bien qu'on lui souhaite.

Candidats, jury, phénomène... retrouvez tous nos articles sur Top Chef ici

Pour cette douzième édition, c'est la "créativité sans limites" qui doit servir de fil rouge au long des semaines. Une invitation qui ne devrait pas poser de problème au candidat belge, dont on décrit la cuisine comme impulsive et créative, prompte à "bouleverser les codes de la cuisine classiques à travers des associations de goûts inattendues". Lui, qualifie son style de franc, sa cuisine sans filtre, autant visuellement que gustativement, même si elle n'est pas forcément ce qu'elle donne à voir de prime abord. Une béchamel qui en aurait le goût, mais la texture aérienne d'un espuma, cette écume goûtue mise au point par Ferran Adria. Son patron lui, David Martin (La Paix**) souligne le caractère fougueux de son sous-chef.Sur la photo du dossier de presse, quand certains de ses comparses posent bras croisés, lui se présente frontalement sourire aux lèvres et oeil vif, se frottant les mains, comme signifiant son impatience à rentrer dans la danse. À participer. Prêt à se la donner. Et à succéder à Mallory Gabsi, celui que d'aucun qualifiaient de "pépite" la saison 11 et qui avait déjà atteint les demi-finales. Il faut dire que pour le jeune chef, participer à l'aventure Top Chef est plus qu'un défi, une étape dans sa carrière ou une fierté. C'est une véritable consécration et la confirmation que son univers culinaire porte en lui le potentiel de plaire au plus grand nombre. Il y a de quoi partager son sentiment quand on pense au chemin qu'il a fallu parcourir pour en arriver là. En échec scolaire dans le système académique, Mathieu intègre l'école hôtelière de Namur. Il passe ensuite par les cuisines du Comme chez soi, avant d'intégrer l'équipe de La Paix**, de David Martin, où il officie actuellement comme sous-chef (enfin quand la situation sanitaire le permet). Contacté en juillet par la production de Top Chef, il fait partie des 8000 candidats belges à passer les épreuves, semaine après semaine. Sans se rencontrer, jamais. Pour accéder finalement au Graal : une place parmi les 15 candidats qui auront la chance d'être coaché par quatre chefs français de renom, mais aussi les chefs invités. De vivre cette aventure gastro-télévisuelle, et surtout de profiter de cette formation accélérée auprès de sommités. D'ailleurs, quand on lui demande quelle est l'épreuve qu'il redoutait le plus, sans une once d'hésitation il évoque la première: se retrouver devant ce jury d'exception de la gastronomie française (Philippe Etchebest, Hélène Darroze, Michel Sarran et Paul Pairet, NDLR.) "Ce sont pour moi de véritables stars. Et même si dans le petit écran, Etchebest est celui dont le charisme semble le plus fort, croyez-moi, ils sont tous les quatre très impressionnants." Cette épreuve inaugurale était surtout pour lui le moment fatidique où son univers culinaire allait être jugé. Le "ça passe ou ça casse ultime", validant ou non sa légitimité à se retrouver ici, mais au-delà de ça, à être un jeune chef ambitieux. À entendre l'enthousiasme dans la voix du jeune homme, il semble que sa vocation ait sa raison d'être? Comment ne pas prendre la grosse tête quand on est l'"élu" belge ? A cette question, il évoque la famille, les amis, les scouts. Tout ce qui nous insuffle des valeurs dans la vraie vie, hors caméra. Mathieu ne voit pas les autres candidats comme des adversaires, mais plus des copains. "Le seul adversaire, c'est moi-même ", dit-il.Crise du Covid oblige, cette saison 12 de Top Chef a fait l'objet de procédures sanitaires très strictes sous la surveillance drastique des autorités de santé, et ce pour éviter tout cluster, dans les équipes techniques, mais aussi chez les candidats et le jury. Locaux de tournage vastes, plus spacieux, mieux aérés aussi... Mais aussi tests tous les trois jours pour les équipes techniques et la production. Quiconque s'avèrerait positif à ce test régulier était immédiatement écarté. Même traitement pour les chefs. Et en ce qui concerne les candidats, être positif aurait été éliminatoire. Il a donc été décidé qu'ils seraient tous les 15 confinés ensemble à l'hôtel, et "chaperonnés" par deux "nounous" de la production. Alors qu'au cours des éditons précédentes, les candidats pouvaient quitter le navire et rentrer chez eux quand il n'y avait pas de tournage, cette saison placée sous le signe du covid avait des airs de colonies de vacances pour des candidats, vivant quasiment h24 et 7 jours sur 7 ensemble. Soit près de 50 jours pour ceux qui sont allés jusqu'au bout. Des telles conditions créent forcément des liens, des amitiés, une grande complicité au sein d'une même brigade. L'émulsion née de cette bulle hors du temps, hors de tout, s'en ressentira-t-elle à l'écran ? On ne le sait pas encore. Mais ça intrigue forcément. Quand on évoque avec lui la situation actuelle de l'horeca, le jeune sous-chef estime qu'il n'a pas à se plaindre. Etant salarié, il est peu impacté financièrement comparé à certains de ses proches qui subissent pleinement cette situation d'arrêt forcé. Lui qui a passé le premier confinement à la campagne dans sa famille, a vécu le deuxième au rythme de cette émission. D'abord son tournage, de septembre à décembre, puis le service après-vente depuis fin décembre, entre interviews et tournage d' "A la sauce belge". Pour coller à l'actualité et les conditions de travail du secteur, la compétition a d'ailleurs adapté cette année sa formule. Elle a enjoint les chefs candidats à imaginer une formule adaptée au click & collect, en lieu et place de l'épreuve de "La guerre des restos" où les candidats doivent habituellement créer de bout en bout un établissement à leur image. Même si son objectif est d'ouvrir un jour son propre établissement et de décrocher les étoiles, le jeune homme est tempéré : "Bien sûr, c'est clairement mon objectif, mais je veux prendre le temps de le faire bien, quand le moment sera venu, sans précipitation". Il reconnait toutefois à Mory Sacko - candidat de Top Chef 11 qui a ouvert son adresse dans la foulée et s'est vu attribuer rapidement une étoile Michelin - un talent incontestable. Rappelons que Mathieu n'a que 22 ans, ce qui fait de lui le plus jeune candidat de cette promotion, après Charline Stengel, 19 ans, candidate qualifiée via le concours Objectif Top Chef. Le 13 autres s'approchent de la trentaine ou en sont les représentants épanouis. En attendant, lundi soir, pour la première diffusion, il sera chez lui avec un ami, impatient de découvrir sa prestation, avec en Facetime sa famille au grand complet. "Je sais ce que j'ai donné sur place pendant les tournages, mais je suis vraiment curieux de voir ce que ça donne à la télé. C'est une grande première". Et sans doute le début d''une grande aventure, pour lui qui chaque semaine partage la vedette de l'émission "À la sauce belge" avec Sophie Pendeville, et durant laquelle il prend un plaisir non dissimulé. Mathieu se verrait bien plus tard en une sorte de Cyril Lignac belge ?, "Y a pire comme réussite, non". C'est tout le bien qu'on lui souhaite.