Visite de la maison d’Isabelle Vermeersch, où la déco cultive l’esprit vacances toute l’année

© Jonah Samyn

Isabelle et Maxime ont déménagé au moment où la crise du Covid a éclaté. Comme il était compliqué de voyager, ils ont amené le Sud chez eux. De plus, ils ont offert une bonne dose de durabilité à la maison clé sur porte qu’ils ont achetée et rénovée à petit prix.

L’annexe a été ajoutée alors que la famille vivait déjà dans la maison. Le placard abrite principalement des souvenirs de vacances du père d’Isabelle. Le canapé est de Fest Amsterdam, les coussins de By Molle et le tapis de HK Living.
L’annexe a été ajoutée alors que la famille vivait déjà dans la maison. Le placard abrite principalement des souvenirs
de vacances du père d’Isabelle. Le canapé est de Fest Amsterdam, les coussins de By Molle et le tapis de HK Living. © JONAH SAMYN

Lorsque nous rencontrons la photographe et styliste d’intérieurs Isabelle Vermeersch chez elle, le temps est au beau fixe et le living est baigné de soleil. La terrasse, elle, invite à la détente. La maîtresse de maison apporte les dernières touches à l’aménagement de son intérieur. Sous son apparente jovialité, elle évoque le décès de son père survenu il y a à peine un mois. Avoir sous les yeux les objets qui lui ont appartenu accentue sa douleur.

Elle parle de l’influence qu’il a eue sur son logis, sur son mode de vie et sa manière de voir le monde. Peter Vermeersch était un des plus grands antiquaires d’Anvers. Il a liquidé son dernier magasin, situé au centre-ville, pour pouvoir parcourir la planète, seul à bord d’un van. «Pendant toute cette période, il n’a pas cessé de chercher et de vendre de belles choses en ligne», ajoute sa fille en riant.

© JONAH SAMYN

Dreamhouse

Lorsque ses sœurs et elle étaient enfants, il leur offrait déjà des petits tableaux anciens pour leur anniversaire et ne manquait pas d’indiquer leurs âges derrière. «Cela nous faisait très plaisir. Notre papa détestait la production de masse, il disait que c’était du gaspillage d’argent et, dès notre plus tendre enfance, il nous a appris la valeur des objets anciens, authentiques et artisanaux.» Pourtant, il y a trois ans, Isabelle et son mari Maxime ont acheté une maison de rangée clé sur porte qui était tout sauf authentique: meubles de cuisine et de salle de bains standard, revêtement de sol en laminé de qualité moyenne, poignées de portes à bas prix…

Un entrepreneur avait rénové la maison à moindre coût et l’avait remise en vente. Heureusement, le couple a finalement obtenu ce bien à moindres frais. «Au départ, mon mari n’était pas convaincu, mais je savais que, moyennant quelques adaptations, on pourrait en faire quelque chose d’unique. Je lui ai fait découvrir Pinterest et maintenant, il en est tout aussi fan que moi. Notre dossier partagé s’intitulait «Dreamhouse». Nous ne faisons pas de copiés-collés, mais nous apportons notre propre touche authentique.»

L’arc entre la maison principale et l’annexe a été ajouté par Isabelle et Maxime eux-mêmes. Leur ancienne maison en avait un également. La table de bistro du XVIIIe siècle est un cadeau offert par le père d’Isabelle.
L’arc entre la maison principale et l’annexe a été ajouté par Isabelle et Maxime eux-mêmes. Leur ancienne maison en avait un également.
La table de bistro du XVIIIe siècle est un cadeau offert par le père d’Isabelle. © JONAH SAMYN

Isabelle et Maxime se sont retroussé les manches: ils ont éliminé tous les éléments qu’ils trouvaient inesthétiques, les ont revendus et remplacés par des composants durables et anciens. Ainsi, ils ont pu façonner peu à peu l’habitation de leurs rêves. La première pièce qu’ils ont prise en main est celle qui se trouve dans les combles, là où leur fils Victor a installé son coin skate. Ils ont retiré les panneaux OSB posés aux murs et le vinyle du sol, de manière à mettre le plancher d’origine en évidence. «Nous avons vécu là à quatre pendant que des ouvriers s’occupaient de l’annexe au rez-de-chaussée. Déménager pendant le premier confinement était une chance inouïe: il est toujours palpitant de changer d’environnement, et nous avons pu passer beaucoup de temps chez nous.»

A l’aide de tutos sur YouTube, Maxime a construit une piscine de deux mètres sur trois. Il a eu recours à des blocs de béton, un revêtement étanche et de la peinture pour piscine. La terrasse est protégée du soleil grâce à un auvent en acier et bambou.
A l’aide de tutos sur YouTube, Maxime a construit une piscine de deux mètres sur trois. Il a eu recours à des blocs de béton, un revêtement étanche et de la peinture pour piscine. La terrasse est protégée du soleil grâce à un auvent en acier et bambou. © JONAH SAMYN

Envie d’évasion

La cuisine se compose essentiellement de matériaux de récup’ comme du bois ancien, un évier vintage et des lampes rétro en opaline. La structure maçonnée est l’œuvre de Maxime.
La cuisine se compose essentiellement de matériaux de récup’ comme du bois ancien, un évier vintage et des lampes rétro en opaline. La structure maçonnée est l’œuvre de Maxime. © JONAH SAMYN

Grâce à son moodboard en ligne, le couple savait très bien ce qu’il voulait: une atmosphère méditerranéenne. «Nous aspirions à une sensation de vacances dans notre propre maison, car lors des premiers mois de Covid, il nous arrivait de nous demander si ce serait comme ça pour toujours. Nous adorons voyager: chaque été, nous faisons des road trips dans toute l’Europe à bord d’un combi VW», explique Isabelle. Leur attrait pour le Sud transparaît notamment dans la cuisine, où les armoires blanches Ikea ont été troquées contre une construction à partir de matériaux de récup.

«Maxime est un bricoleur hors pair: il arrive à réaliser tout ce que je lui demande. C’est lui qui a créé le plan de travail en béton ciré ainsi que sa structure maçonnée», se réjouit la propriétaire. Le paternel d’Isabelle a chiné trois des cinq lampes en opaline. Les portes des armoires se composent de planches en chêne qu’il a dénichées dans une vieille maison. «Certes, un lave-vaisselle ou un évier moderne nous feraient gagner beaucoup de temps, mais nous préférons faire les choses à notre aise. A nos yeux, l’aspect esthétique a plus de poids que le pratique», poursuit notre hôte.

La chambre de Maxime et Isabelle est conçue comme à l’hôtel, avec baignoire intégrée de X20. Les murs sont peints à la chaux.
La chambre de Maxime et Isabelle est conçue comme à l’hôtel, avec baignoire intégrée de X20. Les murs sont peints à la chaux. © JONAH SAMYN

L’étage supérieur donne, lui aussi, l’envie de s’évader. Ainsi, la chambre des parents se présente comme une chambre d’hôtel, avec baignoire îlot. Comme dans toutes les autres pièces, ici, les habitants ont opté pour une peinture écologique à la chaux «meilleure pour l’environnement et le résultat est beaucoup plus joli qu’avec un produit classique».

Une porte intérieure sépare la chambre à coucher de la salle de bains, qu’Isabelle et Maxime ont peaufinée en ajoutant des murs arrondis et des matériaux chauds. Le jardin a également été aménagé dans cet esprit: Maxime a réalisé lui-même une piscine de deux mètres sur trois. Les murs blancs reflètent la lumière naturelle, et un auvent en bambou complète le tout.

Pour la chambre de leur fille, Maxime a fabriqué un lit- cabane. Le cheval est vintage, le luminaire au plafond vient de Georges Store et les trophées-animaux en peluche de Wild & Soft.
Pour la chambre de leur fille, Maxime a fabriqué un lit- cabane. Le cheval est vintage, le luminaire au plafond vient de Georges Store et les trophées-animaux en peluche de Wild & Soft. © JONAH SAMYN

La maison est par ailleurs parsemée de souvenirs de voyage dont beaucoup appartenaient au père d’Isabelle. «Ils sont les témoins de son sens du détail et de sa passion pour le beau, dit-elle. Lorsqu’il était malade, contempler ses «objets trouvés» l’apaisait.» Il a passé les quatre derniers mois de sa vie auprès d’elle à temps plein, ce qui accentue probablement le manque. «Je ne suis pas quelqu’un de très matérialiste ni de casanier, mais je ne nous vois pas quitter ce lieu de sitôt.»

Katrien Depoorter

Le jardin de ville de 100 m2 est, à l’image de la maison, conçu de telle sorte à se sentir en vacances.
Le jardin de ville de 100 m2 est, à l’image de la maison, conçu de telle sorte à se sentir en vacances. © JONAH SAMYN

En bref

Isabelle Vermeersch (36 ans)

Elle est la fille de l’antiquaire Peter Vermeersch et a été initiée très tôt à l’amour des antiquités et de la déco d’intérieur.

Sa passion pour la photographie découle des nombreux voyages qu’elle a faits lorsqu’elle était enfant et plus tard avec sa petite famille.

Elle a une formation de créatrice de bijoux et d’intérieurs. Elle a parcouru le monde pour le label intérieur Pomax et a décidé, en 2021, de fonder son propre studio de création, Tatd Studio (These Are The Days). Elle y combine sa passion pour le stylisme d’intérieurs et la photographie dans des projets variés pour des labels créatifs, et ce, en mettant l’accent sur l’authenticité et la durabilité.

@these_arethe_days et tatd.studio

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