La nature en ville: le défi pour 2019?

Peas & Love © DR
Fanny Bouvry

Il apparaît aujourd’hui indispensable de ramener la nature en ville. Et quand on tire le bilan de 2018, on peut dire que nos cités semblent avancer dans la bonne direction. Les prises de conscience se multiplient et les actions fleurissent. Reste à transformer ces essais.

Début décembre à Mantoue, s’achevait le premier World Forum on Urban Forests, initié par la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. But de la rencontre : lancer une campagne de reforestation urbaine d’envergure planétaire, et donc fédérer les initiatives pour reverdir nos métropoles. Une nécessité quand on sait que d’ici 2030, 60 % des Terriens seront citadins et que nos villes génèrent déjà 70 % des gaz à effet de serre.  » Ces forêts peuvent aider à absorber le CO2, réduire la pollution et augmenter la biodiversité « , commente Stefano Boeri, coprésident de l’événement. L’architecte sait de quoi il parle : en 2014, il signait, à Milan, le Bosco Verticale, un gratte-ciel prototype aux larges balcons ornés de… 20 000 spécimens végétaux. Depuis, le modèle a fait des petits dans d’autres contrées et une étude a été parachevée par l’architecte pour ériger un tel bâtiment à Anvers. Dans une même optique, le Belge Vincent Callebaut achève en cette fin 2018, à Taipei, un immeuble équipé de 23 000 arbres et le Français Edouard François a terminé, au printemps, à Casablanca, la première tour végétale d’Afrique et du Moyen-Orient.

La nature en ville, à Bruxelles aussi

Ces projets grandioses ne sont toutefois que les symboles ostentatoires d’un mouvement de végétalisation plus vaste qui percole lentement, avec pour objectif de rendre nos cités si pas auto-suffisantes, du moins capables de couvrir une partie de leurs besoins en nourriture. A l’échelle de notre capitale, la manoeuvre est d’ailleurs déjà entamée : la Région bruxelloise envisage, dans son plan stratégique GoodFood, d' » atteindre une autonomie de 30 % en fruits et légumes à l’horizon de 2035  » et s’est dotée récemment d’un Facilitateur en Agriculture urbaine, soit un service qui épaule les apprentis cultivateurs. Côté privé, cela bouge également. La société Peas & Love dispose ainsi de 300 lopins ensemencés, à louer par les particuliers, sur la toiture du magasin Caméléon, à Woluwe-Saint-Lambert. Et cette année a vu se concrétiser le projet Bigh de l’architecte Steven Beckers, soit 4000 m² de potagers, serres et bassins de pisciculture sur les toits du Food Met, le marché des anciens abattoirs d’Anderlecht.

Autant d’initiatives allant dans la bonne direction. Mais si les investisseurs de cette  » plus grande ferme suspendue d’Europe  » ont levé 2,7 millions de fonds, les jardiniers urbains restent pour la plupart bénévoles et la survie de leurs parcelles soumise à la pression foncière. Tout doit encore être inventé pour rendre cet élan vert viable et rentable à terme. Un challenge pour 2019 ?

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