1. KENSINGTON SURFER SUR LA VAGUE DU DESIGN À LA SERPENTINE

Zaha Hadid, qui avait notamment dessiné la piscine olympique de Londres pour les J.O. de 2012, inaugurait il y a un an l'extension permanente de la Serpentine Sackler Gallery, au coeur de Kensington Gardens, à quelques pas de la statue de Peter Pan. Nouvel espace d'exposition, le lieu est composé d'un immense auvent blanc et ondulant qui fait l'effet d'une raie manta. Et, comme à son habitude, l'architecte irako-britannique confronte Histoire et modernité. Cette structure prend appui sur le restaurant The Magazine, un bâtiment néoclassique construit en 1805 qui, à l'origine, faisait office de poudrière.
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Zaha Hadid, qui avait notamment dessiné la piscine olympique de Londres pour les J.O. de 2012, inaugurait il y a un an l'extension permanente de la Serpentine Sackler Gallery, au coeur de Kensington Gardens, à quelques pas de la statue de Peter Pan. Nouvel espace d'exposition, le lieu est composé d'un immense auvent blanc et ondulant qui fait l'effet d'une raie manta. Et, comme à son habitude, l'architecte irako-britannique confronte Histoire et modernité. Cette structure prend appui sur le restaurant The Magazine, un bâtiment néoclassique construit en 1805 qui, à l'origine, faisait office de poudrière. Kensington Gardens, W2. Des saules romantiques, des barques qui glissent le long de cottages blottis sous les roses : difficile d'imaginer que 15 kilomètres seulement vous séparent du palais de Westminster. Au pied du pont de Richmond, on embarque pour une demi-heure de croisière, jusqu'à l'écluse de Teddington. Quand le ciel le veut bien, après le barbecue sur la terrasse de The Angler's, pub vintage à souhait, suivre à pied la Thames Path, qui remonte la Tamise sur près de 300 kilomètres, jusqu'à Windsor et aux collines des Cotswolds. Richmond est à neuf minutes en train de la gare de Waterloo (environ 10 euros l'A/R). Un traditionnel afternoon tea sous la merveilleuse verrière de la Royal Opera House, à siroter un Earl Grey en grignotant scones, confitures maison, sticky chocolate and marmalade cakes et autres délices à choisir sur la pléthorique desserte à douceurs confectionnées par l'excellente pâtissière Claire Clarke... C'est le genre de plaisir typiquement anglais qui vaut à lui seul le voyage. Et, pour ceux que la cup of tea ennuie, les flûtes à champagne sont à portée de main. Royal Opera House, W2. www.roh.org.uk A l'oreille, Mouki a une consonance japonaise. C'est pourtant un prénom d'origine grecque, assure la propriétaire, Maria Lemos. Dans la famille, il se transmet de mère en fille, comme le goût des belles choses. Après une carrière dans la mode, cette globe-trotteuse a ouvert sa propre enseigne il y a quelques mois, alliant luxe et artisanat. Avec une idée en tête : le beau doit être durable. On trouve là des produits de soin de la forêt de Bregenz, en Autriche, des bijoux ornés de pierre de lune, des vêtements qui se bonifient avec le temps et de la papeterie brodée. Ici, une seule règle : pour apprécier, il faut ralentir. 29, Chiltern Street, W1.4. www.moukimou.com Les chambres du premier pied-à-terre européen de l'hôtelier vedette américain André Balazs, propriétaire du Château Marmont à Los Angeles et des hôtels Standard, viennent d'ouvrir leurs portes. Le Tout-Londres des foodies afflue chez Nuno Mendes - qui nous avait par le passé fait voyager chez Viajante, et épaté au Corner Room, son annexe. Voilà que le chef portugais met le feu à cette ancienne caserne rhabillée néovictorien par le studio parisien KO. Préparés dans l'immense cuisine ouverte, la Firehouse Caesar, déconstruction de la classique salade, fait des étincelles, tandis que le short rib de boeuf grillé à la moelle vous embrase le palais ! Compter 70-80 euros par personne. One Chiltern Street, W1. www.chilternfirehouse.com Drôle d'endroit : imaginez un bar à opium du Shanghai des années 30, mais dans sa version club anglais, peuplé de boiseries, loupiotes tamisées et clique pure Brit habillée de noeuds pap', bretelles et cheveux brillantinés. La musique live est bien d'aujourd'hui, mais les cocktails (à partir de 8 euros) tapent comme au temps de la prohibition. Il faut goûter absolument au French Concession : gin, sirop de thé vert, melon frais et basilic. Amusant et hors du temps. Les soirées habillées du samedi sont très courues. 8, Holyrood Street, SE1. Des murs vierges, vingt-cinq tabourets bordant un comptoir de bois face à cinq marmitons : ce repaire d'amateurs de pâtes de blé japonaises est la version fast-food du fameux restaurant voisin, le Koya. A la carte et sur l'ardoise du jour, l'udon s'y cuisine de vingt façons, avec des produits locaux - jusqu'aux algues récoltées sur les côtes du pays de Galles. Il faut goûter la version " kakiage ", croustillante tempura de pétales de bacon, brocolis et fèves, qui sombre en crépitant dans un bouillon fumé tenant au chaud de grosses nouilles al dente. Un pur bonheur à arroser d'une larme de saké. Compter 24 euros le repas. 49, Frith Street, W1. www.koya.co.uk Cette adresse, qui a à peine douze mois, semble s'être figée dans l'Inde des années 40. Du percolateur en cuivre aux ventilateurs, en passant par les couverts ciselés, tout respire l'atmosphère feutrée d'un club de gentlemans. Karam Sethi, chef étoilé du restaurant Trishna, mêle avec tact produits du terroir et parfums indiens. Ainsi l'onctueux biryani de cerf du Berkshire, confit au safran et à la cardamome sous un dôme de pâte feuilletée. Ou un lassi au yaourt brassé près de Londres, fouetté avec gingembre, coriandre et piment. Autant de mets qu'on distingue à peine tant l'éclairage est tamisé, mais qui se savourent les yeux fermés. Compter 48 euros. 42, Albemarle Street, W1. www.gymkhanalondon.com Quand il n'est pas en backstage du défilé de Victoria Beckham, Kenna se réfugie dans son dernier salon de coiffure, discret deux-pièces à l'entresol. La surprise est de taille : six antiques fauteuils de barbier face à des planches de coffrage et des miroirs tenus par des échafaudages, quelques lucarnes ovoïdes, des ciseaux hors d'âge... Qui y miserait sa tête ? C'est pourtant là que s'engouffre en douce le Who's Who. Pour confier ses précieuses mèches à la coloriste Sophia, pour s'offrir la coupe qui va forcément bien. Une adresse en or pour ceux qui détestent s'exhiber en vitrine. 47, Martello Street, E8. www.kennaland.com Le designer Ian Schrager, inventeur du concept de boutique-hôtel, a transformé une riche demeure de 1835 en un palace plein de vie et de contrastes. Entre lobby bar, salon à cocktails et salle à manger, on se presse chaque soir, indifférent aux hauts plafonds moulurés et à la profusion de marbre, mais séduit par moult détails cosy - cheminées, murs couverts d'oeuvres encadrées, fauteuils enveloppants -, reflétés dans une immense sphère d'argent signée Ingo Maurer. Côté chambres, place au zen : parois et sol de bois noble, sièges fifties et lit nuageux. Chambre double à partir de 354 euros. 10, Berners Street, W1. edition-hotels.marriott.com/london PAR E. MASSON, R. BENHAMOU, M.-A. BIZALION, N. CHAHINE, F.-R. GAUDRY ET L. PEREZ